Terra 27 avril 2017 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Les éleveurs de lapins demandent une revalorisation des prix

Jeudi 20 avril, une délégation d'une vingtaine d'éleveurs de lapins du grand ouest s'est rendue à l'Intermarché des Long Champs à Rennes, à l'appel de la FRSEA Ouest, de la Fenalap, et de la CFA* pour pousser un cri d'alarme. Sans revalorisation des prix, la filière est en péril.

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Une opération de stickage a été menée dans les rayons.
Une opération de stickage a été menée dans les rayons. - © Terra

"Depuis six mois, nous interpellons les GMS pour leur montrer les difficultés de notre filière qui est aujourd'hui à bout de souffle", explique Frédéric Blot, éleveur de lapins à Argentré du Plessis (35) et responsable de la section à la FRSEA Ouest. Et d'ajouter : "Nous avons rencontré il y a quelques mois les responsables d'achat nationaux et nous avions eu l'impression d'être écoutés. Finalement, on s'aperçoit avec nos clients abattoirs que les GMS refusent une revalorisation des prix ! Pire, c'est le grand silence depuis que nous essayons de reprendre contact et nous voulons donc dénoncer ce manque de considération." Concrètement, la filière demande une hausse de 20 centimes par kilo vif pour le producteur, soit 50 centimes payés en plus par le consommateur pour un lapin acheté entier. À titre d'information, le nombre d'éleveurs de lapins est aujourd'hui de 1 200 en France et de 120 en Bretagne, quand ce chiffre était de 250 dans la région il y a dix ans.

La crise est née de la conjonction de trois facteurs : les fortes augmentations qu’ont subies des matières premières spécifiques comme la luzerne depuis 2006, impactant le coût de l’aliment, une consommation des viandes morose et la perte de valorisation des peaux en 2014. À cela s’ajoutent les conséquences sanitaires de la canicule de l'été 2016 qui a fragilisé les cheptels.

Une vingtaine d'éleveurs se sont donc retrouvés jeudi 20 avril dans un Intermarché de Rennes, où ils ont été reçus par le directeur de la grande surface, à qui ils ont pu exprimer leur mécontentement et leurs difficultés. Outre la revalorisation des prix, la filière demande aussi aux GMS que la viande de lapin soit mieux valorisée dans les rayons. "Vous savez comme moi que la consommation de viande baisse en Bretagne et que le lapin reste un marché de niche", leur a répondu le directeur. En effet, sur les 80 kilos de viande consommée chaque année, le lapin ne représente que 800 grammes."C'est justement à la grande distribution de s’adapter aux attentes du client en proposant par exemple des filets ou des émincés comme pour les autres viandes", plaide une éleveuse. D'autres actions sont programmées dans le grand Ouest dans les semaines à venir.

 

* Fenalap : Fédération nationale. 
CFA : Confédération française de l'aviculture.

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