Terra 23 mars 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Les Jeunes agriculteurs défendent la mention d'origine

Installation, lait, porc, oeuf... : leur AG, le 17 mars dernier au Nivot, à Lopérec, a été l'occasion pour les Jeunes agriculteurs de rappeler leurs revendications. Mais aussi de souligner qu'ils seront particulièrement vigilants, le 1e avril prochain, quand rentrera enfin en vigueur le décret obligeant à mentionner l'indication d'origine sur les produits issus de l'agriculture et l'agroalimentaire.

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De gauche à droite : Fabien Cadiou, trésorier des Jeunes agriculteurs, Stéphane Cornec, président, et Florian Salaün, secrétaire général.
De gauche à droite : Fabien Cadiou, trésorier des Jeunes agriculteurs, Stéphane Cornec, président, et Florian Salaün, secrétaire général. - © Chantal Pape

 

"Tordons le cou à l'idée qu'il n'y a pas d'installation sans doublement du litrage". Alors que les quotas laitiers ont disparu, les jeunes producteurs de lait peuvent bénéficier, au moment de leur installation, d'un volume supplémentaire octoyé par leur laiterie. "Un volume qu'ils peuvent prendre, pas qu'ils doivent prendre", rappelle Yvon Le Clech, administrateur JA. Il leur faut tenir compte aussi de leurs surfaces fourragères, de leur capacité de remboursement... "Et surtout du volet travail, qu'on a souvent tendance à sous-estimer !" "Il faut remettre l'homme au coeur des projets", résume Stéphane Cornec, président des JA.

 

La fin des prêts bonifiés

 

Piliers de la politique d'installation des jeunes agriculteurs, les prêts bonifiés ont disparu, victimes collatérales de la baisse des taux d'intérêt. "A la place, nous avons obtenu une augmentation de la DJA de base, qui passe de 9 000 à 12 000 ¤, et la mise en place d'une quatrième modulation, octroyée pour des coûts de reprise et de modernisation supérieurs à 100 000 ¤", détaille Yvan Le Clech. L'occasion de rappeler, une fois encore, l'importance de l'estimation du coût de reprise, "qui doit se faire à la valeur économique et non à la valeur patrimoniale, complètement déconnectée de la rentabilité de nos structures. Aux jeunes d'être vigilants !"

Les JA ont aussi profité de leur assemblée générale pour dénoncer "le désengagement des pouvoirs publics sur le volet installation". Et de citer une enveloppe DJA en baisse de 7 millions d'euros au niveau national. "Et le Conseil régional n'est pas en reste, avec la non-reconduction de l'aide Papi, programme d'accompagnement des projets d'installation, dotée de 240 000 ¤ en 2016".

 

Payez la matière grasse

 

Si tout au long de l'année, les JA consacrent une bonne partie de leur énergie à défendre l'installation, ils ne s'en préoccupent pas moins des différentes productions. "Si on a atteint un prix moyen de 278 ¤/1 000 l de lait en 2016, c'est grâce à notre travail syndical, rappelle Sylvain Jaouen, en évoquant les actions menées auprès de Lactalis pour faire remonter le prix du lait. Mais le prix annoncé pour 2017 reste encore bien en-dessous de nos coûts de production". Et le responsable lait JA de dénoncer le comportement de certaines laiteries, "qui préfèrent aller chercher de la matière grasse dans les pays d'Europe du Sud que de nous la payer".

 

Mangez français

 

En production porcine, les JA exhortent éleveurs et groupements à présenter un maximum d'animaux au MPB, le marché du porc breton. "Et nous demandons une harmonisation des cahiers des charges", rajoute Mathieu Bourveau, responsable porc JA, qui souligne au passage "la grande victoire syndicale de 2016" que fut le dossier de la mention d'origine. "Industriels et grandes surfaces ont obtenu un trimestre pour la mettre en application. Dès le 1e avril, nous serons dans les magasins pour vérifier que le décret est bien appliqué".

"En 2025, la volaille sera la viande la plus consommée dans le monde". Résolument optimiste quant à l'avenir de la filière viande malgré "la situation préoccupante du poulet export", Anthony Taoc, responsable volaille JA attire l'attention sur la filière oeuf. "La majorité des éleveurs ont investi dans des cages au moment de la mise aux normes bien-être, entre 2009 et 2012. Et puisque les distributeurs annoncent ne plus vouloir de ces oeufs à partir de 2020-2025, il va leur falloir changer de stratégie alors que 7% seulement des cages ont été amorties".

 

 

 

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