Terra 10 avril 2019 à 14h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Les maires exposent leurs propositions au Président

Qu'ils soient élus de petites communes rurales ou de grandes villes, les maires bretons réunis en Assises ont relayé leurs propositions à Emmanuel Macron, invité à Saint-Brieuc à la veille des conclusions du débat national. Il lui a été demandé "un plan Marshall de la ruralité".

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Emmanuel Macron invité des 1res Assises des maires bretons.
Emmanuel Macron invité des 1res Assises des maires bretons. - © Terra

"Depuis dix ans, on sent le décrochage des territoires ruraux et des villes. Il ne faut pas d'un côté les grandes villes ouvertes sur l'Europe et le monde et de l'autre les territoires ruraux. Venez nous accompagner de façon simple et pragmatique. Ne nous oubliez pas !". À l'unisson 900 élus bretons ont déroulé un plaidoyer pour la Bretagne et son territoire rural mercredi 3 avril au sein du parc des expositions de St Brieuc.

Ils ont dénoncé le déséquilibre des dotations entre les petites communes et les métropoles, les déserts médicaux, les contraintes de la loi Littoral sur le développement des territoires, la suppression de la taxe d'habitation, "une fausse bonne idée", le carcan administratif et l'empilement des normes. "Toute l'énergie localement est mise à mal par des décisions administratives qui viennent de vos services", témoigne le maire de Plouaret, Annie Bras-Denis. Sans oublier la fracture numérique et ses répercussions sur la vie économique. Et en Centre Bretagne, le maire de Pontivy Christine Le Strat, de demander des routes et des trains. "Il n'y a pas de train. Le transport collectif n'existe plus".

"Laissez-nous expérimenter"

Si les difficultés ont été décrites très concrètement au chef de l'État, les élus locaux ont listé plusieurs enjeux et pour chacun ont adressé des propositions. Les maires ont martelé : "On est prêt à être une région expérimentale. Laissez-nous expérimenter !"

Parmi les propositions : le regroupement des services de l'État sous la responsabilité du préfet ; la lisibilité et des choix politiques stables dans le temps ; la répartition de la dotation de l'État assurée par la Bretagne elle-même pour une "meilleure équité" ; la simplification des démarches ou encore que la Bretagne devienne la première région "fibrée" de France. Et le maire de Saint-Pôtan (22) Arnaud Lecuyer, de résumer par ces mots : "proximité, simplification, différenciation et expérimentation".

Un long discours argumenté

Dans un long discours ininterrompu entre 13h et 14h15, avec quelques notes à portée de main, Emmanuel Macron a repris point par point les doléances. Il s'est montré par exemple favorable à "une déconcentration du pouvoir et des responsabilités", "on a fait très peu d'économies sur l'État central, trop sur l'État local", au rassemblement des services de l'État sous un commandement unique, "hormis la défense et la justice", mais a réaffirmé le maintien de la loi Littoral ou encore la suppression de la taxe d'habitation, "l'anti-impôt de la classe moyenne". "Il faut pouvoir la compenser sans un centime de charge fiscale en plus pour les habitants. J'attends des propositions des associations d'élus", a-t-il lancé.

Sur le volet agricole, on peut regretter que le sujet ait été effleuré lors de ces Assises. Toutefois, Yves Bleunven, maire de Grand-Champ (56) a décrit une agriculture/agroalimentaire, atout de la Bretagne, en souffrance, qui dévisse (référence à Gad et Doux), concurrencée à l'international, en proie aux attentes sociétales. "Il faut accompagner ces mutations", a-t-il défendu. Pierre Méhaignerie, maire de Vitré, de son côté a témoigné du "formidable effort des agriculteurs" et déploré l'agribashing. "Quand je vois l'agribashing, je souffre beaucoup pour les agriculteurs. Après le pain et l'eau, il y a le besoin de reconnaissance". Enfin le président de la République a évoqué la loi Egalim. "Nous sommes en train de redonner du pouvoir de négociation. Les filières doivent s'organiser. On accompagne filière par filière. On va continuer à avoir un agenda fort".

 

 

Maires et élus d'EPCI (Établissements publics de coopération intercommunale) réunis le 3 avril à St-Brieuc.
Maires et élus d'EPCI (Établissements publics de coopération intercommunale) réunis le 3 avril à St-Brieuc. - © Terra

Enquête auprès des maires

1 200 maires bretons ont été sollicités pour participer à une grande enquête. La synthèse de cette consultation a été présentée aux 1res assises des maires de Bretagne. Extrait.

37 heures de travail par semaine pour un maire en moyenne.

62 % des élus déplorent le mille-feuille administratif ; 86 % souhaiteraient pouvoir mutualiser les services entre collectivités, disposer d'un représentant unique de l'État dans les territoires.

65 % estiment que la suppression de la taxe d'habitation a eu un effet négatif sur leur territoire.

85 % des habitants sont satisfaits des activités associatives et 70 % des équipements sportifs.

52 % constatent une augmentation des difficultés de recrutement dans les entreprises du territoire.

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