Terra 05 avril 2019 à 08h00 | Par Chantal Pape

Les Maisons familiales, un formidable tremplin !

Ils ont quitté le réseau des Maisons familiales il y a 5, 10, 15 ou 20 ans. Mais Margaux, Gwendal, Michel et Laurent ont en commun d'en garder un excellent souvenir et de conseiller cette pédagogie particulière aux jeunes de leur entourage.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
(De gauche à droite) Laurent Thomin, producteur de lait à Plouider, Michel Autret, animateur à Tébéo, Margaux Sousset, formatrice à la Maison familiale de Landivisiau et Gwendal Paoli, chef de cultures en serre de tomates, ont pour point commun d'avoir réalisé leurs études dans le réseau des Maisons familiales.
(De gauche à droite) Laurent Thomin, producteur de lait à Plouider, Michel Autret, animateur à Tébéo, Margaux Sousset, formatrice à la Maison familiale de Landivisiau et Gwendal Paoli, chef de cultures en serre de tomates, ont pour point commun d'avoir réalisé leurs études dans le réseau des Maisons familiales. - © Terra

Avec leur pédagogie centrée sur l'alternance et les stages en milieu professionnel et leurs établissements à taille humaine gérés par une association où siègent les parents d'élèves, les Maisons familiales proposent une autre façon d'apprendre. "J'étais en échec scolaire, se souvient Margaux Sousset. La Maison familiale de Landivisiau a été la solution pour que je puisse me re-socialiser : pour une passionnée de chevaux comme moi, deux semaines par mois en centre équestre, quel rêve !". Une solution qui a tellement répondu à ses attentes que la jeune femme, 29 ans, y est aujourd'hui formatrice.

Rebondir

Avec un frère et une sœur qui y avaient été scolarisés, Gwendal Paoli rêvait depuis tout petit d'intégrer la Maison familiale de Morlaix ! "J'étais passionné d'agriculture. J'ai poussé jusqu'à redoubler ma 6e afin de pouvoir y entrer dès la 4e. Sinon, j'aurai été trop jeune".

Laurent Thomin, lui, y est venu par des chemins détournés. "J'ai été mal orienté à l'issue de la 3e : je voulais faire de la mécanique, je me suis retrouvé dans une classe avec beaucoup de dessin industriel". Ses parents, agriculteurs à Plouider, lui proposent alors de rejoindre l'Ireo de Lesneven, tout proche. "Mais les Maisons familiales avaient parfois une mauvaise image. Savoir que de nombreux responsables agricoles du département y avaient fait leurs études m'a rassuré". Un choix qu'il n'a jamais regretté. "J'ai bien aimé les stages. Et mordu de sport, j'ai pu continuer à m'entraîner à la course à pied, au vélo...".

"Après la 3e, je ne savais pas trop quoi faire, se souvient Michel Autret. Je voulais sortir du système scolaire, me frotter au monde de l'entreprise via des stages. La Maison familiale de Rumengol a été une belle découverte".

Une solide expérience

Des Maisons familiales, les uns et les autres gardent le souvenir de personnalités fortes parmi les formateurs. "C'est grâce à la ténacité de Jean-Paul, le directeur de l'époque, que j'ai obtenu mon BTS, affirme Laurent Thomin. Je voulais arrêter en cours d'année, il m'a poussé à continuer". Une expérience qu'a aussi vécue Gwendal Paoli. "Une fois le bac en poche, c'est ma prof qui m'a poussé à m'inscrire en BTS". Un choix qui lui permet, à 22 ans, de s'épanouir dans son poste de chef de cultures en serre de tomates. "Je me souviens de l'une de mes profs, renchérit Michel Autret. Elle m'a ouvert les yeux".

La pédagogie est aussi l'un des points forts des Maisons familiales. "Il n'y a pas de bon professionnel sans expérience sur le terrain", estime Gwendal Paoli qui met en avant les nombreux stages, réalisés tout au long de sa scolarité, d'abord à Morlaix, puis en BTS Acse à Montfort sur Meu, "toujours en Maison familiale".

"Je croise régulièrement les gens qui étaient en classe avec moi, indique Laurent Thomin, en mettant l'accent sur la qualité de l'enseignement dispensé. Ils ont réussi. Et pour ma part, je suis satisfait de mon parcours, qui me permet, à côté de mon métier, de me dégager du temps pour ma famille, mes loisirs..."

De bons souvenirs

L'internat, quasi systématique en Maison familiale, permet aussi de tisser des liens entre jeunes. "On a bien travaillé et on a bien profité", résume Michel Autret, aujourd'hui animateur à Tébéo, avant de détailler quelques "bêtises" réalisées durant ses études. Gwendal Paoli, lui, y a gagné en autonomie. "Pour financer notre voyage d'études, nous avons dû organiser différentes animations avec la classe". Et le cours de théâtre de Première lui a conféré une plus grande aisance à l'oral.

Se faire connaître sur les réseaux sociaux

Convaincu par le système des Maisons familiales, Laurent Thomin s'est engagé au sein du conseil d'administration et a présidé l'Ireo de Lesneven pendant quelques années. "Mais on ne sait pas faire savoir ce qu'on y fait". Et l'agriculteur de lancer un appel aux jeunes. "Vous êtes nos meilleurs vecteurs pour faire connaître cet enseignement, notamment via les réseaux sociaux". Effet boule de neige garanti ! "Quand un ou deux jeunes s'inscrivent, quatre ou cinq vont les suivre".

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui