Terra 07 juillet 2016 à 08h00 | Par Jean Dubé

Les négociations transatlantiques peuvent-elles aboutir au cœur de l'été ?

Dans quelques jours, les négociations sur le projet d'accord transatlantique entre Europe et États-Unis (Tafta) vont reprendre lors d'un round qui risque d'être crucial. La campagne électorale bat son plein aux États-Unis. Dans plusieurs pays d'Europe, dont la France, les élections sont aussi à l'ordre du jour. De quoi probablement alimenter des discours plus protectionnistes qu'offensifs. Mais l'enjeu de ces négociations va bien au delà des petites affaires internes aux pays.

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Aux Etats-Unis, un magasin de fromages et autres produits alimentaires importés.
Aux Etats-Unis, un magasin de fromages et autres produits alimentaires importés. - © Terra

La sortie du Royaume uni de l'Europe pourrait venir (là aussi !) bousculer ces négociations. Le Brexit est aujourd'hui l'invité de dernière minute de ces négociations. La position libérale du Royaume-Uni influait la position européenne. Jusqu'où son absence fera-t-elle bouger le curseur ? Personne ne connaît aujourd'hui la réponse.

La Commission peut-elle signer seule ?

Le Brexit aura aussi rappelé la position de plus en plus eurosceptique de beaucoup d'Européens. Or, au Tafta (traité transatantique entre l'Europe et les Etats Unis), c'est justement l'Europe qui négocie. Jusqu'où peut-elle le faire ? Pourrait-elle signer un accord sans avoir l'aval formel des pays de l'Union ? Cette question majeure n'est pas vraiment tranchée. La Commission européenne estime par ailleurs que la ratification d'un autre accord économique global, le Ceta entre l'Europe et le Canada, ne doit pas passer par les Parlements des États membres. Un avis loin d'être partagé par l'essentiel des chefs d'États et de gouvernements, qui craignent à juste titre que cette procédure ne soit perçue comme une illustration de la mainmise de la Commission sur les décisions au détriment des politiques.

Mais dans ce genre de négociations, rien n'est définitivement terminé. Si l'on parle beaucoup de l'agriculture, cette dernière n'est qu'un des sujets abordés. Il est probablement l'un de ceux qui concentre le plus de difficultés, même s'il n'est peut être pas le plus important en termes d'enjeux économiques et sociaux.

Rien n'est joué

Que pèsera l'agriculture face aux possibles accords sur les services, l'industrie, le secteur pharmaceutique, la propriété intellectuelle ? Personne ne peut le dire aujourd'hui, mais comme dans chaque négociation la partie risque de se jouer dans la dernière ligne droite, dans les jours à venir.

Ce vendredi 8 juillet, l'assemblée générale de la FRSEA Bretagne a invité David Salmon, conseiller aux affaires agricoles de l'ambassade des États-Unis à Paris, et Thierry Pouch, chef du service des études économiques et de la prospective de l’Assemblée pemanente des chambres d’agriculture (APCA), pour échanger et débattre des négociations en cours.

Ces intervenants ont accepté la sollicitation de Terra et ont joué le jeu de répondre, à quelques heures d'intervalle, aux mêmes questions. Quelles sont les positions respectives de l'Europe et des Etats-Unis dans le cadre des négociations bilatérales en cours ? Quels sont les enjeux perçus de part et d'autre de l'Atlantique, comment chacun analyse-t-il les points difficiles ? Voilà quelques unes des questions posées. Dernière interrogation et pas la moindre... Peut-il y avoir un accord au cœur de l'été... ?

Le plus grand marché du monde

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a assuré, le 30 juin sur France Info, que le Brexit ne changeait rien aux négociations du traité de libre-échange entre l'UE et les Etats-Unis (TTIP/Tafta) et souligné que la France en avait approuvé la continuation. "Nous sommes déterminés à poursuivre ces négociations. Elles sont importantes pour l'Europe, pour notre économie, pour nos emplois, pour nos entrepreneurs, pour nos consommateurs, et ça a beaucoup de sens de le faire, même à 27", a affirmé la commissaire. "L'Europe est le plus grand marché du monde. Nous le resterons, même sans le Royaume-Uni", a-t-elle insisté, précisant qu'elle rentrait des Etats-Unis où elle avait participé à une réunion sur le Tafta prévue de longue date. "Les Américains sont déterminés à continuer les négociations avec nous", a assuré la commissaire. La décision des électeurs britanniques de quitter l'Union Européenne "ne change rien dans les négociations", soulignant que les deux parties travaillaient "très intensément pour faire avancer les négociations" afin de trouver un accord avant la fin du mandat du président Barack Obama en janvier.

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