Terra 21 mars 2019 à 08h00 | Par Marie-Thérèse Le Gall

Les retraités ne peuvent pas être constamment les oubliés

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Marie-Thérèse Le Gall 
Section nationale des anciens exploitants de la FNSEA
Marie-Thérèse Le Gall Section nationale des anciens exploitants de la FNSEA - © Terra

Beaucoup de retraités de l'agriculture ont aujourd'hui le sentiment d'être constamment les oubliés de la nation. Il aura fallu des années de combats syndicaux pour qu'enfin les petites retraites soient portées au minimum à 75 % du Smic. Mais il n'aura fallu que quelques mois pour que la désindexation des retraites sur l'inflation ne recommence à rogner ce fragile "acquis". Les retraités ne demandent pas l'aumône, mais seulement de parvenir à une retraite à 85 % du Smic, même si ce chiffre reste encore inférieur au niveau du seuil de pauvreté en France.
Ils aimeraient aussi que les revalorisations éventuelles ne soient plus calculées en pourcentage des retraites mais forfaitisées, parce que 0,3 % sur 700 €, cela fera toujours moins que 0,3 % sur 2 000 € ou 2 500 €, et à ce niveau chaque euro compte !
Préserver le pouvoir d'achat des retraités, ce n'est pas seulement un slogan, cela doit redevenir une réalité. Ils n'ont pas oublié qu'on leur a supprimé la demi part fiscale des veufs, veuves. Ils - et surtout elles - ont aujourd'hui les niveaux de retraite les plus faibles de France malgré une vie de dur labeur. Beaucoup de retraités basculent aujourd'hui dans la précarité, et en particulier des femmes qui n'ont eu longtemps aucun statut, donc rien en terme de pension.
Au moment où l'on parle de la future réforme des retraites, les retraités ne veulent pas être les oubliés du pouvoir d'achat. Ils ont déjà le sentiment, en tant que résidents des zones rurales, d'être les oubliés de la France des territoires ruraux. Autour d'eux, les services publics se raréfient et s'éloignent au même rythme que les services de santé. Internet ne résoudra pas tout, surtout dans les zones encore blanches, encore bien trop nombreuses de nos départements. Le moindre service, le moindre achat, rend le déplacement en voiture quasi obligatoire.
Lors du congrès de la section des anciens exploitants la semaine passée à la FNSEA, des maires nous expliquaient que les dotations par habitant des zones rurales étaient inférieures à celles des zones urbaines. Pourquoi ? Les ruraux ne sont pas des citoyens de seconde zone. Ils sont confrontés à toutes ces questions. J'en ajoute une : celle de la dépendance. Ce sera très probablement l'un des enjeux majeurs des décennies à venir. Le maintien à domicile, le soulagement des aidants, le manque de places d'accueil, le reste à charge des familles, tous ces éléments sont devenus des questions de société au sens noble du terme, au moins autant que des questions financières.

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