Terra 04 juillet 2014 à 08h00 | Par Lucie De Castro

Les semenciers, menace ou aubaine

Les avis partagés sur cette question ont permis d'élever le débat sur le thème des OGM lors du colloque régional du 27 juin. La FDSEA22 et l'AFBV, association française des biotechnologies végétales, ont réuni à Plérin des personnalités autour du sujet. Quatre intervenants ont participé à la table ronde animée par Gill Kressman, membre de l'académie d'agriculture de France.

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A Plérin, l'animateur Gill Kressman a écouté les arguments de chaque protagoniste sur le sujet des biotechnologies et des OGM lors du colloque régional organisé par la FDSEA22 et l'AFBV. © Terra  © Terra

La FAO préconise une augmentation de la production de 70% pour nourrir la population mondiale qui devrait atteindre 9,1 millards en 2050. La place des biotechnologies et des OGM dans ce "vrai défi de tous les agriculteurs" a été abordée lors des échanges. Le secteur étant dominé par de grands groupes industriels, une attention particulière a été accordée à la perception de ces entreprises et à leur rôle dans le challenge de l'agriculture de demain.

La place du vivant

Gérard le Cam, sénateur des Côtes d'Armor et membre du parti communiste, s'est dit favorable à la recherche fondamentale et appliquée mais réaffirme le principe de non-brevetabilité du vivant. Il va plus loin en affirmant que les "firmes prennent dans la nature ce qui ne leur appartiennent pas". Philippe Dumont, juriste américain de formation et ancien responsable du développement de biotechnologies végétales dans des entreprises privées, nuance en admettant que chaque nouveau brevet doit apporter une vraie innovation.  Gérard le Cam rebondi en parlant d'une "véritable guerre en matière de propriété intellectuelle". Son objectif est que "tous les pays aillent vers l'indépendance alimentaires sans lobbying de grands groupements". Xavier Beulin, président de la FNSEA et président de Sofiprotéol, recommande une connection entre les sciences dures et les sciences humaines et sociales. Il aimerait "faire cheminer les concitoyens vers le progrès" et que la France accepte l'innovation avec sa part de risques.

La place de l'argent

Philippe Dumont ajoute que "Monsanto a beaoucoup de brevets car il y met les moyens". Il rappelle que l'obtention d'un brevet est un investissement important. Selon ses dires, un brevet permet vingt ans d'exclusivité en sachant qu'il faut compter dix ans pour commercialiser. En France, 900 chercheurs travaillent sur les OGM. Gérard Le Cam avoue que l'hégémonie de Monsanto lui fait peur. Il évoque un "rouleau compresseur" qui empêche le soutien de nos propres entreprises. Jean Francois Sarreau, président de l'institut de l'agriculture durable et en faveur des biotechnologies, réplique que "si on fait tant de grief à Monsanto, c'est car on ne prend pas de responsabilités". Philippe Dumont rejoint ces propos et cite Owen Paterson, ministre de l'environnement au Royaume Uni et défenseur des mêmes idées qui pense que "l'Europe a raté le coche. Moins de 0,1% de la culture globale des PGM  (Plantes génétiquement modifiées)a lieu dans l'Union européenne. Tandis que le reste du monde va de l'avant et récolte les bénéfices des nouvelles technologies, l'Europe court le risque d'être laissée pour compte".

La place de la génétique

Xavier Beulin déplore un désinvestissement de la France dans le domaine de la génétique. Il estime que le pays a perdu son esprit critique et souffre de "schizophrénie" au vu des tonnes de soja importés en France pour l'alimentation animale. Il estime également que les biotechnologies permettent d'avancer en génétique mais qu'elles ne se résument pas à la transgénèse. Gérard le Cam a rappelé que des solutions alternatives existent via le plan écophyto par exemple. Il pense néanmois que la génétique peut constituer un levier au même titre que l'agronomie pure. Jean Francois Sarreau précise "qu'une réflexion fondamentale sur l'accès aux ressources est indispensable pour continuer à produire".  Xavier Beulin, de son côté, ne croit pas en une solution mais en la combinaison de plusieurs.

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