Terra 04 août 2016 à 08h00 | Par Marie-Hélène Briand, Membre de la commission nationale des agricultrices

Lettre aux élus de la République

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Dans de nombreuses exploitations, et familles, la situation est en ce moment aussi difficile, voire plus, qu'il y a un an. Des actions ont été menées, de jour, de nuit, près de chez nous ou à Paris le 3 septembre. Nous avons alerté, crié, hurlé, nous avons débattu, expliqué, nous nous sommes mobilisées, déplacées... et nous nous sommes essoufflées, mais pour quels résultats ? Des points de cotisations en moins à la MSA nous permettent d’être à égalité avec nos voisins européens, et nous laissent un peu de revenu en plus. Certains ont bénéficié de ristournes sur cotisations, mais toutes nous avons des difficultés à bénéficier de la prime d’activité (qui remplace la prime pour l’emploi). Des dossiers ont bien été remplis, mais les agents de la MSA nous disent maintenant qu’ils sont noyés… Combien de demandeurs vont se décourager simplement à cause de la complexité administrative et de dysfonctionnements informatiques !

Combien de dossiers remplis pour rien ? Au niveau du FAC ou de l'année blanche, certains ont pu bénéficier d’une aide significative, mais elle ne compense pas la faiblesse des prix de vente. Le "dispositif état" n’est pas adapté aux besoins des exploitants. Pourtant, que de temps passé ne serait-ce que pour faire entendre aux banques la nécessité de proposer des solutions pour retrouver un peu de trésorerie… Impossible de gérer une exploitation quand les factures s’empilent et que nos partenaires ne veulent pas nous accompagner !

Les dossiers PAC ont aussi été remplis mais nous n’avons pas encore reçu le solde des aides 2015 alors que nous avons déposé les demandes 2016 ! On nous disait fin mars, puis mai ou juin… Maintenant on nous dit fin de l’été… Des avances de trésorerie sont disponibles mais comment feront les nouveaux Gaec qui n’ont touché qu’une infime part de ces aides !

Entre transformateurs, qu’ils soient coopératifs ou privés, abattoirs, GMS : chacun se renvoie la balle et les prix ne nous permettent pas de vivre ! Nous restons à la merci de marchés sans lien avec les prix de revient, et sans lien avec les normes que nous subissons. Notre action a permis de limiter la chute mais ces prix ne sont pas suffisants !

Enfin, la mise en avant du "Manger Français" demande beaucoup d’énergie de la part des responsables syndicaux ! Les GMS, l’industrie agroalimentaire, les entreprises de restauration ont tendance à traîner les pieds. Sans parler de la réglementation qu’il faut savoir apprivoiser.

Alors, certes, nous avons pu nous expliquer, dans les médias, auprès des élus, de nos concitoyens. Certains comprennent et nous soutiennent, mais pour combien de temps ? Dès que nous levons les barrages, ils ont tendance à croire que tout va bien ! Nous voulons malgré tout y croire, et continuer, parce que nous demandons une chose très simple : qu'on nous laisse vivre du métier que nous aimons.

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