Terra 13 octobre 2016 à 08h00 | Par Hélène Bonneau

Manger français : aller au delà des intentions

Agriculteurs, entreprises agroalimentaires et rédacteurs des cahiers des charges en restauration collective se sont rencontrés à l'occasion de deux visites d'exploitations organisées par la chambre d'agriculture de Bretagne le 10 octobre. L'objectif : favoriser l'approvisionnement français dans les marchés publics.

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Jean-René Menier, agriculteur passionné, a pris le temps d'expliquer ses méthodes de production et la qualité exigée pour la commercialisation de ses légumes.
Jean-René Menier, agriculteur passionné, a pris le temps d'expliquer ses méthodes de production et la qualité exigée pour la commercialisation de ses légumes. - © Terra

"Rapprocher la production locale et la consommation locale, c’est répondre à l’objectif d’un projet alimentaire territorial, mais plus encore, c’est répondre à l’enjeu d’ancrage territorial de l’alimentation". C'est avec cette conviction chevillée au corps que Jean-René Menier, producteur de légumes et de cérales à Mauron (56) a ouvert les portes de son exploitation. Autour de la table, une partie des décideurs des achats de la restauration collective qui "souhaitent favoriser l'approvisionnement français" mais qui se disent "contraints par le cadre réglementaire européen dans la construction du cahier des charges". Des freins qui peuvent être levés par "des précisions sur les méthodes de production, de préparation ou de conditionnement", précise François Valy, responsable du "manger français" pour la FRSEA Bretagne.

Un Projet Alimentaire Territorial Régional

La chambre régionale d’agriculture de Bretagne, le conseil régional et l’État engagent une démarche concertée en faveur d’un projet alimentaire territorial régional (PATR) dans l'objectif de favoriser le rapprochement de l’offre et de la demande. Un projet ambitieux qui suppose de sensibiliser les responsables des achats. Ainsi, les acheteurs "gros volumes" comme l'économat des armées, le coordinateur du groupe "achats santé Bretagne", la ville de Concarneau, et la cuisine centrale de Brest ont été invités à visiter une exploitation légumière et une usine de surgélation. Au programme, l'explication, par le menu, des techniques de productions : rotation et suivi des cultures, irrigation grâce aux retenues collinaires, traçabilité du produit... Outre la mise en avant de la qualité des produits bretons, ce sont avant tout les modes de production des légumes transformés qui ont été portés à la connaissance des responsables. Ainsi, lors de la rédaction des cahiers des charges pour les marchés publics, "il vous sera possible d'intégrer des critères techniques spécifiques à nos productions permettant de valoriser la production bretonne et française", explique Jean-René Menier. Appuyés par le groupe d'aucy, chef de file de la production française de légume de conserve et trés présent sur le marché des surgelés et plats cuisinés, les agriculteurs ont pu vanter les mérites d'une production locale, porteuse de qualité et d'emploi. Stéphanie Haute, chef de produits surgelés et plats cuisinés, estime que les ventes du groupe en marché public représentent "90 % des ventes globales. Lorsque la volonté de l'acheteur est de se fournir en produits français, c'est possible. Par exemple, il suffit de signaler dans le cahier des charges un temps réduit entre la récolte et la surgélation des légumes. Chez d'aucy, il y a moins de quatre heures d'attente entre la récolte et le conditionnement". Un exemple qui en fait germer d'autres. Ainsi, le responsable de la cuisine centrale de Brest a soumis la possibilité d'intégrer une rencontre avec des producteurs dans les écoles ou sur les exploitations. Jean-René Menier estime que "l'idée semble intéressante mais que cela nécessite une organisation conséquente pour les groupements et un investissement fort des producteurs". François Valy, engagé dans la démarche depuis plusieurs années, alerte cependant "sur la volonté des écoles à recevoir les agriculteurs sur les temps de classe". Entre volonté et réalité, le projet alimentaire territorial régional parviendra-t-il à changer la donne ?

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