Terra 29 septembre 2016 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Maraîchage : robot contre pénibilité

Reflets des dernières évolutions en maraîchage, les professionnels ont découvert les essais menés à la station expérimentale d'Auray (56). Pour transporter ou désherber, le robot fait son entrée y compris pour lutter contre la pénibilité. Une évaluation par opération culturale est en cours avec la MSA, une première en France.

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Thierry Robic, conseiller prévention à la MSA présentant les fiches réalisées avec la chambre régionale d'agriculture pour caractériser la pénibilité en maraîchage et l’apport du robot.
Thierry Robic, conseiller prévention à la MSA présentant les fiches réalisées avec la chambre régionale d'agriculture pour caractériser la pénibilité en maraîchage et l’apport du robot. - © Terra

Côté maraîchage, il y a les essais "classiques", toujours innovants. Ils vont de la lutte contre le mildiou terrestre, en passant par les associations culturales comme remède, ou non, à l'invasion du puceron noir ou ceux menés sur la réelle "biodégradabilité" des matériaux plastiques et autres ficelles (lire encadré), ou encore le broyat de luzerne enfoui comme substitut à l'azote minéral... Douze essais menés sur quatre hectares dont deux en bio, ont été présentés aux 80 professionnels venus à cette rencontre organisée à la station d'Auray, le 20 septembre dernier, par la chambre régionale d'agriculture de Bretagne (Crab).

Évaluer la pénibilité

Plus original est l'essai mené sur l'utilisation du robot Oz de la société toulousaine Naïo. Transporteur, désherbeur, bineur, il réduirait aussi la pénibilité de ces tâches en améliorant les conditions de travail des opérateurs en maraîchage. Oui mais de beaucoup ? Encore fallait-il l'évaluer ainsi que la pénibilité du travail de maraîcher en matière de plantation, de binage, de récolte, de palissage, d'égourmandage et d’effeuillage. C'est tout l'objet de cette première étude en France. Un travail mené en collaboration avec la Crab et la MSA.

"Il y a trois ans, à l'occasion d'une porte-ouverte sur les légumes de maraîchage en circuit long, les productrices ont crevé l'abcès en parlant des cageots de courgettes ou de tomates qu'elles transportaient, un travail difficile, répétitif. 20 kg à chaque fois à bout de bras !", détaille la responsable de la station expérimentale, Maët Le Lan. Et ces difficultés se traduisent par des troubles musculo-squelettiques subis. "Ce sont des douleurs aux épaules, dans le dos, sur les poignets, aux genoux", inventorie Thierry Robic, conseiller prévention à la MSA des Portes de Bretagne. Derrière, c'est une cohorte de traitements et d'arrêts maladie, aussi préjudiciables à la santé humaine qu'aux comptes de l'assurance maladie agricole.

Bien pour les bras, le dos et le port des charges

"Réduire la pénibilité a été donc été fixé comme priorité", cadre Maët Le Lan. "D'autant qu'il va falloir travailler plus et plus longtemps et avec moins de produits phytosanitaires. Mieux vaut le faire dans de bonnes conditions", pointe le préventeur pour ce métier réputé difficile. Le robot est donc tombé à pic il y a quatre ans, d'une part pour caractériser ses performances purement techniques, et les améliorer avec le constructeur. "Il est devenu plus sûr et plus autonome", résume Marie Cordonnier, en charge de l'essai mené sur des rotations à quatre cultures. D'autre part pour caractériser la pénibilité, "et c'est plus difficile qu'il n'y paraît", de six tâches clé en maraîchage. Pour chacune a été comparé l'apport, ou non, du robot. Une première fiche récapitulative, sur la culture de la tomate et l'opération culturale de plantation, vient de paraître. Elle détaille, suivant la modalité "témoin" ou "robot", les observations et caractérise la pénibilité grâce à un graphique récapitulatif. Bientôt disponibles, "les autres fiches sont en cours d’achèvement", préviennent les partenaires.

Ainsi l'utilisation du robot pour planter "améliore les postures des membres supérieurs, du dos et limite le port des charges". Reste à chacun de se situer grâce aux grilles car, "il y a autant de pratiques que de producteurs" et estimer ce que le robot peut apporter avant de concrétiser l'achat d'un matériel dont le coût varie, suivant les batteries choisies, de 21 000 à 25 000 euros.

100 % française, biodégradable et biocompostable, c'est la ficelle papier "Fil rouge" mise au point par la société TCS.
100 % française, biodégradable et biocompostable, c'est la ficelle papier "Fil rouge" mise au point par la société TCS. - © Terra

TCS ramène sa bobine, biodégradable

100 % française, biodégradable et biocompostable, c'est la ficelle papier "Fil rouge" mise au point par la société TCS (Textilose Curtas Technologies) basée à Entre-Deux-Guiers en Isère (38). Une innovation qui fait l'objet d'un brevet et est en cours de labellisation. La station d'Auray la teste avec d'autres matériaux pour attacher, cliper, tuteurer car s'il y a beaucoup d’appelés à revendiquer leur autodégradation, restent peu d'élus à se volatiliser vraiment. "Beaucoup de matériaux, y compris en plastiques sont utilisés en maraîchage et se présentent comme biodégradables mais en réalité, rares le sont. Nous avons testé cette ficelle qui a une bonne capacité de dégradation et n'a pas besoin d'être composté à 60°C pour se dégrader", apprécie Jean-Philippe Calmet, conseiller spécialisé en maraîchage. En 50 jours, cette cordelette 100 % cellulose, faite de kraft en pur pin des Landes, disparaît dans le compost et "sur les framboises, les concombres, les poivrons ou les tomates, ça tient. Elle résiste à l'humidité. C'est une solution nouvelle, locale contrairement aux fibres de chanvre, sisal ou jute, qui viennent de loin", défend Pascal Servais, gérant de la société TCS.

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