Terra 11 juillet 2019 à 08h00 | Par Hélène Bonneau

Maxi-couv' : du prototype à la démocratisation

Dans le cadre des marchés d’animation agricole des bassins versants, le syndicat mixte de l'Horn et les chambres d’agriculture ont accueillis une vingtaine d'agriculteurs à la démonstration de semis de phacélie avant la récolte de l’orge, à l’aide d’un prototype de semoir construit par les établissements Devrand (22).

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© HB

Impressionnant, le maxi-couv, engin de 24 mètres de long, fait la démonstration de sa capacité de semis à la volée, de couverts végétaux sur orge. Conseiller agronomique aux chambres d'agriculture de Bretagne, David Bouvier accompagne un groupe d'agriculteurs du bassin versant d’Arguenon (22) qui travaille pour "trouver un moyen de semer les couverts végétaux plus vite et plus tôt". Après de nombreux essais et en partenariat avec les établissement Devrand, ils développent le maxi-couv'. La machine est équipée d'une rampe sur laquelle deux semoirs à la volée - centrifuge - sont positionnés aux extrémités. Si les premiers résultats sont probants, les conditions de réussite qui ont été établies sont strictes. Le conseiller explique que "le semis doit être effectué lorsqu'il y a assez d'humidité au pied des céréales pour que la germination des graines puisse se faire". Une première condition à laquelle s'ajoute la capacité à semer le couvert dans les dix jours avant la moisson pour permettre aux plantes de capter la lumière dès leur levée. À ce stade, il est également recommandé de semer dans des parcelles relativement propres, exemptes de vivaces (liseron/laiteron) car aucun outil ne pourra passer pour freiner les adventices.

Des intérêts partagés

Initiée dans un bassin versant, cette technique de semis combine intérêt pour le bassin versant et intérêt pour l'agriculteur qui gagne en temps avec un passage d'engin de 24 mètres à 6 km/h, qui limite sa consommation de fuel et l'usure du matériel. Semé précocement, le couvert profite davantage des conditions estivales pour se développer et produit ainsi plus de biomasse. Il restituera donc plus de matière organique au sol, et surtout, il captera mieux l'azote du sol avant l'hiver, réduisant d'autant les risques de lessivage durant la période hivernale. La plupart des bassins versants regardent cette technique avec intérêt car elle propose une meilleure couverture du sol et donc un environnement préservé.

Après deux ans d'expérimentation, la machine présentée est encore au stade du prototype. Une nouvelle version est à l'étude pour proposer un engin plus simple à transporter sur route.
Après deux ans d'expérimentation, la machine présentée est encore au stade du prototype. Une nouvelle version est à l'étude pour proposer un engin plus simple à transporter sur route. - © Terra

Investir en groupe

"C'est indispensable de faire cet investissement en groupe que ce soit en Cuma ou en petit groupe de trois agriculteurs. Avec la multiplication des conditions de réussite du semis, ce n'est pas envisageable de faire 100 % de ses couverts végétaux avec le maxi-couv', explique David Bouvier. Ce nouvel outil est un plus, mais le semis avec travail du sol restera nécessaire sur certaines parcelles, comme pour les faux-semis ou la gestion des vivaces en inter-cultures". L'intérêt d'investir en groupe est d'autant plus fort que les surfaces concernées sont restreintes par exploitation. Et le débit de chantier assez important de la machine permet de couvrir beaucoup de surfaces en quelques jours.

Du prototype à une version plus aboutie

Après deux ans d'expérimentation, la machine présentée est encore au stade du prototype. Les établissements Devrand, en partenariat avec les chambres d'agriculture et les bassins versants, l'ont conçue pour 10 000 euros. Si la méthode se "démocratise", une version plus facile à transporter sur route est à l'étude. Son prix pourrait osciller entre 15 000 et 20 000 euros.

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