Terra 15 décembre 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Mieux connaître les parasites des bovins pour savoir comment agir

"Un bon parasite est un parasite qui sait se faire oublier". C'est pour rappeler toute leur importance en élevage qu'après les mammites, les soins aux veaux, la reproduction ou les boiteries, les GTV, les groupements techniques vétérinaires de Bretagne, ont choisi de leur consacrer la septième édition de leur Breizh Vet'Tour.

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Comme tous les ans, les vétérinaires du GTV ont proposé une petite pièce de théâtre pour introduire 
de façon humoristique le thème de l'année, les parasites à l'herbe des bovins.
Comme tous les ans, les vétérinaires du GTV ont proposé une petite pièce de théâtre pour introduire de façon humoristique le thème de l'année, les parasites à l'herbe des bovins. - © Terra

"Un parasite est un organisme végétal ou animal qui subsiste aux dépens d'un autre organisme", commence par rappeler Frédéric Lars. Si certains sont bénins, comme les strongles cooperia, d'autres, comme la piroplasmose, peuvent provoquer des maladies graves. "Et d'autres, visuellement moins dangereux, comme la douve ou les strongles, ont un impact économique important", rajoute le vétérinaire.

58 kilos de plus

Protozoaires, champignons, arthropodes, vers plats ou ronds... Les parasites des bovins sont légion, qu'ils soient internes ou externes, qu'ils nécessitent un ou plusieurs hôtes pour mener à bien leur cycle. "Des parasites qu'il faut parvenir à gérer, prévient Frédéric Lars. Pour assurer une bonne santé des animaux. Mais aussi pour optimiser les performances, en termes d'efficacité alimentaire, de croissance des jeunes, de production laitière ou de reproduction". Sans oublier la réduction des coûts liés au traitement ou à la prévention.

"Une étude réalisée en Normandie sur 20 jeunes bovins en première saison de pâturage a montré une différence de poids de 58 kg à la rentrée à l'étable entre un lot vermifugé et un lot non traité, indique le GTV. De même, deux semaines après traitement, des primipares traitées contre les strongles digestifs ont produit 2,35 kg de lait de plus par jour et pâturé 50 mn de plus que le lot non traité".

Des tiques plus présentes

Et les exemples abondent ! Si les strongles digestifs peuvent amener un bovin jusqu'à la déshydratation et la mort en cas d'infestation massive, les signes sont le plus souvent sub-cliniques : diminution de l'ingestion, retard de croissance et de l'âge au premier vêlage, mauvaise qualité de colostrum, moindre production laitière, baisse de l'immunité induisant une plus grande sensibilité aux virus et microbes...

Faiblement pathogène en elle-même, la tique peut transmettre de nombreuses maladies : fièvre Q, piroplasmose, ehrlichiose, maladie de Lyme... "Le réchauffement climatique est en train de modifier l'aire de répartition des tiques, qui remontent vers le Nord, et leur période d'activité, qui s'étend. Le risque est accru pour les bovins bretons mais aussi pour les humains, qui doivent être vigilants lors de balades dans les sous-bois, débroussaillage...".

Une traite perturbée

Qu'elles soient lécheuses ou piqueuses, les mouches gênent les animaux et perturbent la traite. "Elles peuvent aussi transmettre la kératoconjonctivite, des mammites estivales, le charbon bactérien ou la besnoitiose", rappellent les vétérinaires. De leur côté, les culicoïdes, de petits moucherons piqueurs, sont vecteurs de FCO ou de maladie de Schmallenberg.

Ingérée dans des zones humides, réservoirs à limnées, la douve va d'abord traverser la paroi intestinale avant de migrer dans le foie et les canaux biliaires, causant au passage quelques dégâts. Et les symptômes ne tardent pas à apparaître : anorexie, manque d'état, baisse de la croissance et de la production laitière... pouvant même aller jusqu'à la mortalité, en cas de sévère anémie et amaigrissement marqué.

Des stratégies efficaces

Après avoir identifié les parasites et estimé leur impact sur les animaux, une stratégie de lutte peut se mettre en place, en duo avec le vétérinaire qui suit l'élevage. "Contre les strongles, mieux vaut miser sur l'acquisition d'une immunité", estime le GTV. À l'inverse, la lutte contre la grande douve passe par la suppression de l'accès aux zones humides, réservoirs à limnées, et le traitement des bovins. Contre les mouches, des moyens de lutte efficaces doivent être adoptés, sans attendre une infestation massive. "Et la lutte contre les tiques est difficile", rajoutent les vétérinaires, qui conseillent un acaricide pour protéger les animaux, l'immunisation du pré-troupeau et l'interdiction des zones à risques.

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