Terra 07 décembre 2016 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Montbé Breizh, la fusion

Fini le pré carré départemental pour la Montbéliarde. Les deux syndicats de race du Morbihan et des Côtes d'Armor ont fusionné, vendredi dernier à Guilliers. Place à Montbé Breizh. Un mariage de raison.

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Fini le pré carré départemental pour la Montbéliarde. Les deux syndicats de race du Morbihan et des Côtes d'Armor
Fini le pré carré départemental pour la Montbéliarde. Les deux syndicats de race du Morbihan et des Côtes d'Armor - © Claire le Clève

25 éleveurs côté Morbihan, guère plus côté Côtes d'Armor et un cheptel total de plus de 6 000 vaches au contrôle laitier. "Mieux vaut réunir nos forces, s'étoffer pour animer tout cela parce que la raison d'être d'un syndicat de race c'est bien se confronter pour se conforter", résume André Briend, nouveau président de Montbé Breizh, éleveur laitier à Lanouée. L'union a donc été scellée, vendredi dernier, en territoire limitrophe des deux syndicats avec un objectif identique "rassembler", voilà pour ce qui est de se conforter en convivialité. "C'est aussi se confronter, au sens noble, se comparer dans la compétition saine des concours. Il y a avait un interdépartemental aux Terralies, l'ambition est identique pour Ohhh la vache à Pontivy". Concours qui demeurent le socle d'activité du nouveau syndicat. "On n'a pas trouvé mieux pour rassembler et conjurer l'éloignement", notent ses membres bien décidés à rappeler leur existence autour d'une race "qui apporte une marge supplémentaire de 24 euros des 1 000 l et qui s'adapte à tous les systèmes".

"Je veux vivre à côté"

Démonstration chez Jean Paul Auquet qui avait ouvert les portes de son exploitation de 65 vaches sur 120 ha, avant le déroulement statutaire de la rencontre. En production laitière biologique depuis 1993, les premiers veaux montbéliards y ont fait leur entrée à cette date. "On est à une moyenne d'étable de 7 400 litres, j'aimerais atteindre 8 000 l en réduisant l'écart type entre mes vaches. Resserrer tout ça", ambitionne l'éleveur autour de sa référence laitière de 480 000 litres, non atteinte. Ses objectifs ? "Travailler parallèlement l’organisation du travail et le revenu. Je fais 100 000 euros d'EBE, 40 000 pour la banque, idem pour moi, le reste pour voir venir. Je veux vivre à côté". L'éleveur a donc recours à un salarié pour faire valoir avec lui sur 120 ha, dont 15 de maïs et cinq de céréales, le troupeau. Il vient de recruter un mi-temps supplémentaire via Solutis Emploi, groupement d'employeurs. "On organise le travail pour que ça ne soit pas trop chargé par rapport aux salariés". Ainsi, les vêlages groupés sont achevés avant juillet et le tarissement, effectif en décembre. Une même ration complète est distribuée en hiver. "Cette année, on a 30 % de moins d'herbe, c'est 30 ha de moins. J'ai du acheter du foin, bio bien sûr pour leur ration : 40 % d'ensilage d'herbe, 40 % de foin, un peu de maïs avec mes céréales. Les vaches sortent toute l'année". A la clé, des chemins empierrés sur un kilomètre pour l'accès aux parcelles et 4 km de tuyaux pour y distribuer l'eau. La Montbéliarde ? "J'ai toujours eu la volonté de regrouper les vêlages pour partir en vacances début juillet. En Prim'holstein ça se dispersait. J'ai cherché une autre race avec une courbe de lactation plus plate, qui maigrit moins. J'élève les génisses à l'économie, dehors, elles vêlent à trois ans, 20,en deux lots, pour 65 vaches". Une race adaptée à son système.

Jean Paul Auquet qui a ouvert les portes de son exploitation
Jean Paul Auquet qui a ouvert les portes de son exploitation - © Claire le Clève
90 % des Montbéliardes vêlent sans aide de l'éleveur.
90 % des Montbéliardes vêlent sans aide de l'éleveur. - © Claire Le Clève

Pointage prédictif ?

"Le pointage est-il prédictif de la carrière de la vache ?". Oui, répond sans détour Emmanuel Rollin, de organisme de sélection Montbéliarde venu présenter l'enquête nationale réalisée sur 200 000 vaches de la race en première lactation, "C'est une confirmation, sur les aptitudes au vêlage, les performances de reproduction et les qualités bouchères. Tout cela se retrouve bien. 90 % des animaux vêlent sans aide de l'éleveur. Les animaux proches de l'optimum du standard sont ceux qui ont les meilleures performances en qualité de vêlage, en repro, en viande... Cette mixité de la race qui existe, on a envie de la préserver".

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