Terra 01 avril 2015 à 08h00 | Par E.Le Corre

"Ne pas avoir peur de la fin des quotas"

Avec la fin des quotas, la FDSEA 22 prévient : "on veut que les éleveurs tiennent le stylo et ne se laissent pas dicter les orientations de filières, ni les conditions des contrats".

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Délégation costarmoricaine de la section lait FDSEA au congrès FNPL à Albi: Yves Bazy,  Jeltsje Algera, Hervé Moël, Audrey Papon (animatrice) et Ronan Le Denmat.
Délégation costarmoricaine de la section lait FDSEA au congrès FNPL à Albi: Yves Bazy, Jeltsje Algera, Hervé Moël, Audrey Papon (animatrice) et Ronan Le Denmat. - © terra

Faites-vous partie des laitiers septiques ou des laitiers optimistes ? A priori les avis divergent parmi les éleveurs. De retour du congrès FNPL à Albi, les responsables syndicaux FDSEA se disent relativement "optimistes". "Ce n'est plus l'administration avec la fin des quotas, qui décidera des volumes à produire sur les exploitations. A chacun de décider du projet qu'il veut mener en lien avec son entreprise, sans oublier les contraintes environnementales", explique Hervé Moël, président de la section lait. "Les producteurs de lait sont bien décidés à être acteurs dans un monde sans quota".

 

Une contractualisation collective, et non individuelle

A Albi ont été discutées les grandes orientations syndicales de l'après-quota avec comme base les échanges entre les fédérations régionales. La défense du prix est un point essentiel de l'année 2015. "Nous ne voulons plus de contrats individuels", martèle Hervé Moël. Pour le syndicat, la contractualisation ne doit plus être individuelle mais collective. "Nous sommes arrivés au bout du système [...] qui positionne le producteur dépendant de l'entreprise", exprime Luc Garnier pour la Mayenne dans son discours. Consolider les OP locales en convainquant les éleveurs d'y adhérer, construire en parallèle une AOP territoriale dans le Grand Ouest qui permet la mobilité des producteurs et des volumes. Quant à la coopération, il lui est demandé un devoir d'exemplarité sur le prix, et non une attitude du "moins-disant". Thierry Roquefeuil, président de la FNPL en fait même une priorité pour 2015 : "La coopération je veux y croire à condition que les sociétaires soient acteurs de la stratégie de leur coopérative. Les sociétaires doivent s’investir et être écoutés aux assemblées de sections. Les éleveurs doivent accéder à toute l’information économique et industrielle", a -t-il réclamé dans son discours.

Créer un environnement favorable

Comment expliquer qu'avec un prix du lait record en 2014, le revenu des éleveurs ne se soit pas amélioré pour autant ? La faute aux charges pointe le syndicat, qui souhaite travailler sur l'efficacité des structures qui entourent les agriculteurs, qui souhaite une diminution des contraintes environnementales et administratives, qui veut tout simplement construire un environnement favorable aux producteurs de lait.

Un environnement qui devra également composer avec la volatilité des prix. "Elle est déjà là. Il va falloir vivre avec. A nous responsables de trouver des mesures pour sécuriser le revenu des éleveurs par des mesures fiscales, sociales...", partage Hervé Moël.

En fait, plus que la fin des quotas, ce sont les incertitudes autour de la nouvelle Pac qui inquiètent. Dans le grand ouest, les inquiétudes sont grandes avec une baisse qui pourrait aller de 10 à 15 €/1000 litres, annonce les syndicalistes régionaux.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui