Terra 16 novembre 2018 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Néonicotinoïdes, comment faire sans

Arvalis-Institut du végétal, dévoilera ses résultats techniques annuels à destination des techniciens, le mardi 13 novembre au lycée la Touche de Ploërmel (56), puis de tout agriculteur, le mercredi 28 novembre. Clou de la journée, les céréales à paille et le maïs sur fond d’arrêt des néonicotinoïdes, sujet brûlant.

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La génétique, une des clés pour diminuer la pression phytosanitaire.
La génétique, une des clés pour diminuer la pression phytosanitaire. - © Terra

"C’est la grosse actualité du moment", ne cache pas Élodie Quemener, ingénieure régionale de l’institut de recherche et de développement du végétal, Arvalis. "Le Sonido ne sera plus disponible pour les semis de 2019 en maïs", rappelle la jeune femme quant à l’arrêt du traitement des semences par des néonicotinoïdes. Et 2019, c’est demain. Alors, au programme des deux premières journées techniques annuelles de présentation des résultats obtenus, notamment à la station expérimentale de Bignan (56), la protection des céréales à paille et du maïs seront au cœur des préoccupations. "Quelles alternatives ?", c’est toute la question. "Nous travaillons sur des solutions chimiques mais aussi de biocontrôle, sans éluder un travail sur la culture elle-même et sur les rotations". Face à "l’impasse technique" induite par l’interdiction d’utilisation de ces substances indésirables, il faudra puiser, "dans un panel de solutions". Car manque de disponibilité, absence d’homologation, indications de dosages efficients mais non rentables, empêchent l’accès à des solutions toutes faites.

 

Pyrale : broyer les restes de cannes

Côté lutte contre les ravageurs encore, la pression pyrale a été forte en 2018. "Quid des solutions et de leur efficacité", interroge la jeune ingénieure pointant l’objectif de ne cibler la solution chimique que sur les parcelles à risques. "En biocontrôle, les résultats sont aléatoires, il suffit d’un mauvais positionnement par rapport au vol des pyrales pour passer à côté", remarque-t-elle. Avec le changement climatique à l’œuvre, la pression de ce ravageur ne risque pas de décroître dans la région. "Il faut impérativement être attentifs aux solutions agronomiques après récolte", invite-t-elle à mettre en œuvre. Car si les larves de pyrale se plaisent à rester nichées au creux des cannes de maïs au champ, "en les broyant, on casse cette dynamique de la larve. Nous l’avons montré. C’est du temps, certes, mais si demain nous n’avons plus de solution chimique, cette méthode marche", assure Élodie Quemener.

 

Maladies foliaires : les variétés font de la résistance

Autre sujet phare du programme présenté, la lutte contre les maladies foliaires sur céréales à paille, blé tendre, orge. "Il faut valoriser la génétique et prendre conscience qu’il y a désormais une évolution de la tolérance des variétés. C’est une clé pour diminuer la pression phytosanitaire", affirme-t-elle. Ainsi, face à la septoriose sur blé tendre, les variétés régionales font de la résistance. "L’objectif est d’adapter au plus juste sa stratégie de traitement grâce à des outils d’aide à la décision. On rentre sa variété, sa date de semis, son code postal. C’est très précis et on s’aperçoit qu’on peut baisser voire supprimer un passage. Et c’est rentable", affirme l’ingénieure.

 

Chaulage : trop, c'est trop

En matière de fertilisation, les derniers acquis sur le chaulage ne seront pas oubliés dans une région où on y recourt beaucoup, met en garde Élodie Quemener : "Ça coûte cher et ça engendre des problèmes sur les parcelles". La remontée du pH induirait ainsi un blocage des oligo-éléments et des carences notamment en manganèse. "Nous avons fait également le lien entre cette pratique de chaulage et l’apparition du piétin échaudage après implantation de céréales à pailles", souligne-t-elle. "Prenez le réflexe d’analyser vos sols, et en fonction des besoins avérés, faites le choix de chauler ou pas".

Autant d’éléments à découvrir le 28 novembre prochain de 9h à 17h, à Ploërmel.

 

Informations et inscription au 02 97 46 59 16 ou mtrinquart@arvalis.fr

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