Terra 31 août 2017 à 08h00 | Par Jean Dubé

Nicolas Hulot pèsera sur les États généraux

Le ministre de la transition écologique et solidaire était mardi à Rennes. Il précédait de quelques jours le ministre de l'agriculture qui devrait inaugurer le Space le 12 septembre. Nicolas Hulot avait choisi de se rendre sur une exploitation bio, productrice d'énergie, qui transforme et pratique la vente directe. Puis, il a assisté à l'étape de Rennes du FAT, "le premier tour de France de l'agro-écologie". Deux ministres d'un même gouvernement, agri-écolo-compatibles ou pas ? 

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Gilles Simonneau a accueilli Nicolas Hulot sur son exploitation.
Gilles Simonneau a accueilli Nicolas Hulot sur son exploitation. - © Terra

Gilles Simonneau acccueillait sur son exploitation de Chavagne le très médiatique ministre de l'écologie. Située à deux pas des étangs d'Apigné, son entreprise est -on peut le dire- une belle réussite. Elle produit du lait, du porc, des céréales, des légumes, de l'énergie, le tout sur une centaine d'hectares en bio. Gilles Simonneau a, dès son installation en 1996, fait ce choix par conviction, même si ce mode de production était peu aidé à ce moment là.

Mais au delà du mode de production, c'est du côté du mode de commercialisation que se situe l'originalité et probablement la force de cette exploitation. Vente de farine, de pain, de paniers de légumes, de lait, de fromages, valorisation des déchets des légumes et du lactoserum par les porcs, vente à la ferme, en Amap, sur internet, l'exploitation a poussé au maximum la logique de la qualité, du circuit court, de la proximité, et de la modernité.

Réconcilier agriculture et société

Gilles Simonneau parle de production mais il n'oublie pas de mentionner que le moteur pour lui est le sens qu'il donne à son acte de production. L'une de ses motivations est l'emploi, et l'aspect sociétal. Nicolas Hulot est "aux anges" et "souhaite montrer des exemples qui marchent et qui sont reproductibles". Il questionne sur les difficultés de vente en restauration collective, estimant qu'il existe là encore un levier fort, et sur les aides. Gilles Simonneau lui répond posément en rappelant que, pour lui, l'essentiel ne tient pas dans les aides, même si la question de l'équilibre et de l'équité est important. Pour l'agriculteur, "l'essentiel est de bien valoriser son produit pour en dégager un revenu".

Après une heure de visite, le ministre prend le chemin des "Fermes d'avenir tour", qui fait halte ce jour là à Rennes.  Pour Nicolas Hulot, la démonstration est faite du modèle agricole qu'il faudra privilégier, qui fonctionne et qui permettra de réconcilier agriculture et société. Il fait bien préciser que ce type d'exploitation est reproductible. Les débats des États généraux de l'alimentation ont commencé et l'on voit bien que, tout en parlant d'ouverture et d'écoute, tout en recommandant de ne pas stigmatiser les approches, chacun garde une image très exclusive de son modèle favori.

 

 

Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire.
Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire. - © Terra

"Je ne suis pas ministre de l'agriculture", mais...

Après la visite de l'exploitation de Gille Simmoneau à Chavagne, Nicolas Hulot se rendait à Rennes et était accueilli par les organisateurs des "Fermes d'avenir Tour", le premier "tour de France de l'agro-écologie". L'occasion pour lui de décliner ses priorités dans le cadre des États généraux de l'alimentation, des priorités très écologiques, durables et sociales. Des États généraux qu'il revendique totalement. En s'adressant aux organisateurs, il lance : "cette idée est venue de nous !"

Face à un public conquis, le Ministre de la transition écologique garde un discours très rassurant. "Il ne faut pas stigmatiser les différentes formes d'agriculture, les modes de production, mais au contraire les additionner". "Le monde agricole est dans la souffrance, il faut lui redonner de la dignité" et aussi "Les États généraux doivent être un moment d'intelligence collective et, parce que les circonstances sont favorables, un autre monde est possible".

Pour le ministre de la transition écologique et solidaire, "le verrou principal au changement est culturel". Pour lui, "il en va de l'agriculture comme de l'énergie, le moment est venu d'ouvrir un merveilleux chemin pour demain", un chemin différent évidemment, "construit autour d'un autre modèle agricole, porteur de solutions sur la transition énergétique, l'alimentation, l'emploi". Pour Nicolas Hulot, "l'agriculture peut être la solution". Il développe l'idée que les États généraux doivent favoriser d'un côté le consommateur en lui apportant prix, sécurité, qualité et, de l'autre, le producteur qui retrouvera revenu, durabilité, confiance. Il faut "passer d'une agriculture intensive énergétiquement à une agriculture intensive socialement".

Pour le ministre, les enjeux sont très importants, "il ne faut pas se tromper". Pour cela, il le répète, "il faut prendre son temps, d'autant que l'échéance de la révision de la PAC 2020 se profile" immédiatement après. Il conclut en rappelant "je ne suis pas ministre de l'agriculture" , précision sans doute importante, mais chacun aura bien compris qu'il pèsera de tout son poids dans les orientations de ces États généraux.

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