Terra 16 juin 2016 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Nitrates : les agriculteurs du BV de l'Ic communiquent sur leurs changements de pratiques depuis 20 ans

Les actions pour la qualité de l'eau sur le bassin versant de l'Ic ont débuté il y a vingt ans. Face aux résultats tangibles obtenus, les représentants du comité professionnel souhaitent mettre en avant les progrès important réalisés.

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Jean-Jacques René et Bertrand L'Hotelier du comité professionnel
et Jean-Pierre Giuntini, vice président du Smega (au centre).
Jean-Jacques René et Bertrand L'Hotelier du comité professionnel et Jean-Pierre Giuntini, vice président du Smega (au centre). - © terra

Les agriculteurs du bassin versant de l'Ic engagés depuis 20 ans dans la reconquête de la qualitédes eaux souhaitent que les efforts menés depuis toutes ces années soient reconnus. En 2015, la moyenne dans l'Ic était de 40 mg/l de nitrates, soit une baisse de 35 mg/l depuis 1998. "Il faut être fier du travail qui a été réalisé avec la volonté et le savoir-faire du monde agricole" , convient Jean-Jacques René, représentant professionneldu comité local. L'Ic était en 2011 numéro 1 des 50 bassins versants bretons sur l'indicateur"couvert". 200 exploitations agricoles occupent ce territoire.

Des changementsde pratiques

Dans les années 90, les rapportsentre les agriculteurs et les habitants étaient passablement tendus."Les relations avec les commerçantsà Binic étaient délicates, les producteurs de porcs étaient visés.Chaque dossier d'installation classée était très difficile. On avait la peur au ventre", raconte BertrandL'Hotelier, éleveur à Étables sur Mer, lui-même confronté à l'époque à un mouvement d'opposition. Depuis, l'eau a coulé sous les ponts. En 1996, les élus locaux décident d'accompagner les agriculteurs."Très vite sur l'Ic, les associations sont entrées dans le groupe de travail", relate Jean-Jacques René."Soulever les problèmes techniques ensemble est mieux. La confiance avec les gens est venue avec le temps". Au départ des actions simples sont mises en place : la vulgarisation du lisier sur céréales, les couverts végétaux en hiver, la valorisation des fumiers ou encore le classemen tdes parcelles à risque...Depuis 2012, le plan de lutte contre les marées vertes en baie de Saint-Brieuc propose des aides financières spécifiques pour financer par exemple les augmentations de surfaces de prairies, l'optimisation des épandages de fumier ou de lisier...(40 % de prise en charge par le planalgues vertes). "18 exploitations ont investi dans 31 équipements divers en 3 ans", note-t-on au Smega (syndicat mixte environnemental du Goëlo et de l'Argoat).

Comment rebondiraujourd'hui ?

Dans l'histoire du bassin versant del'Ic, le coup de massue est tombé en 2008 avec le contentieux européen."Alors que nous étions dansune dynamique d'actions volontaires,nous avons vu tomber la fermeture du captage et l'intervention réglementaire avec les mesures de fertilisation 140-160. C'était traumatisantet injuste. Et ça continue encore aujourd'hui", déplorent lesprofessionnels. Alors que l'Etat demande aux professionnels des propositions pour construire un nouveau plan algues vertes en 2017, les agriculteurs du bassin versant voudraient déjà unpremier premier bilan (2010-2015)et de la reconnaissance. "Il y a lacrise économique du secteur agricole..., les agriculteurs ont le moral au plus bas. Il est important d’avoir une image positive de l’agriculture. La suite du plan algues vertes sera possible avec un plan qui allie la double performance environnementale mais aussi économique", concluent les représentants du comité professionnel.

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