Terra 14 juin 2018 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Normandes : une mixité qui rapporte

Un nouveau président pour le syndicat Normande qui a réuni ses éleveurs sur le thème des performances multiples de cette race mixte. Démonstration, le 6 juin dernier, au Gaec de Beringue à Plouhinec qui concilie haute production laitière par vache et atout viande, pour une meilleure plus-value.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Chantal et Jean-Pierre Hervé, installé depuis 1992 à Plouhinec (56), travaillent pour que leur troupeau normand exprime le maximum de son potentiel génétique.
Chantal et Jean-Pierre Hervé, installé depuis 1992 à Plouhinec (56), travaillent pour que leur troupeau normand exprime le maximum de son potentiel génétique. - © C.LeClève

"Chaque vache de cette exploitation a produit 5 000 kg de plus de lait (dans sa carrière) que la moyenne des Normandes. Ce sont 1 500 euros en plus pour chacune, ce n'est pas négligeable", pointe le technicien d'Évolution en charge de la présentation des performances. Elles seraient à mettre au crédit de l'expression génétique du cheptel normand de Chantal et Jean-Pierre Hervé. Des vaches qui, par leur production, ont affiché la meilleure moyenne de la race en France l'an passé, la deuxième cette année avec 8 600 kg de lait par vache, et des taux qui rémunèrent les 1 000 l à 363 euros, sans pénalité.

Augmenter la productivité

Installé depuis 1992 à Plouhinec, le couple, pour développer l'exploitation, a du déplacer son siège, trop enclavé dans son hameau d'origine. Pour autant seuls 10 ha avec route traversière, sont directement accessibles aux animaux autour de cette nouvelle implantation sur 170 ha de SAU (50 ha de maïs ; 45 de céréales, 10 de colza), dont 60 ha de prairies. Un facteur limitant le développement du pâturage. Autre élément déterminant du système, la salle de traite : "Une 2X5, c'est compliqué. Pour limiter le temps de traite qui nous prend 4 à 5 h par jour nous faisons le plus de lait possible par vache", justifie Jean-Pierre Hervé sur ce régime intensif. Et pas question, compte-tenu de la conjoncture laitière, d'envisager de nouveaux investissements sur ce poste prenant. Dès lors, les éleveurs ont mis en place une stratégie alimentaire avec ration semi-complète soutenue et une génétique rodée. "Tous les atouts sont mis pour réduire les temps improductifs".

 

Jeepsy, une des vaches " plus-value " du cheptel avec beaucoup de taux, TP 37,6, TB 45,9 une mamelle haute qui pourra faire du lait longtemps.
Jeepsy, une des vaches " plus-value " du cheptel avec beaucoup de taux, TP 37,6, TB 45,9 une mamelle haute qui pourra faire du lait longtemps. - © C.LeClève

Optimiser l'âge au vêlage

Ainsi, l'âge au vêlage est optimisé par une alimentation suivie avec un objectif "de 200 kg à 6 mois avec un gain moyen journalier de 900 g à 6 mois". A ces repères, s'ajoute "une mesure au sevrage à 80 j, avec un poids recherché de 90 kg". Idem avant IA où le poids attendu est de 450 kg. C'est donc une recherche de bonne croissance qui est visée pour favoriser des vêlages plus précoces. "Ici de 26 mois et demi à 28 mois, 27 mois ce serait bien", escompte Chantal Hervé qui pointe un taux de 72 % de réussite en première IA sur génisse.

Des vaches "plus-value"

Une stratégie alimentaire qui doit aussi permettre l'expression du capital génétique choisi pour le cheptel "pour nous aider à augmenter le volume de lait. On ne lâche pas le lait", pointe Jean-Pierre Hervé avec génotypage de toutes les femelles. Au bout du compte, des moyennes de production laitière de tête de classe avec des taux moyens de 36,3 de TP et 42 de TB et de grandes laitières dont six à plus de 10 000 kg. Avec une meilleure rémunération carcasse des 30 réformes annuelles (1150 euros de moyenne/vache), c'est aussi une valorisation supérieure qui est escomptée au final pour cette race mixte.

Jean-Yves Oge, nouveau président

 

Après son rôle de secrétaire du syndicat de la race Normande, Jean-Yves Oge, 40 ans, éleveur à Sérent, succède à Yvonnik Dando. "Nous sommes 25 sur les 60 qui élèvent la race dans le département. C'est un bon petit groupe convivial qui reste ouvert. Nous avons l'appui des jeunes de FAN du Morbihan. Nous participons aux concours grâce à eux", reconnaît le producteur laitier, installé en 2001. Cette jeune équipe présentera neuf génisses du Morbihan au prochain concours de Lessay (50) et ne sera pas oublié non plus lors du prochain salon Ohhh la vache de Pontivy pour encadrer le show génisse destiné au 10-15 ans et qui devrait réunir une trentaine de participants. Une assemblée générale vécue comme un moment convivial. "Les éleveurs ne prennent plus le temps de sortir de leurs exploitations", déplore le président. Sur cette ferme avec vaches productives, deux thèmes auront été mis en avant, l'âge au vêlage et le génotypage. "A chaque fois les thèmes abordés varient et le type d'exploitation aussi, c'est une ouverture. A chacun de faire son point de vue, il y a toujours des bonnes idées à prendre partout", suggère Jean-Yves Oge.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes