Terra 27 septembre 2018 à 08h00 | Par Emmanuelle le Corre

Nouveau jeudi sous tension au MPB

Le marché du porc breton a connu un nouvel épisode de tension jeudi 20 septembre, et ce depuis plusieurs semaines. Pour ne pas risquer de couac, les séances de marché du MPB sont réalisées à distance jusqu'à nouvel ordre. Mais dans un marché européen baissier, renforcé par l'apparition de la fièvre porcine africaine en Belgique, le prix du porc entame un recul.

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Salle des cotations vide au Marché du porc breton jeudi 20 septembre. Le marché s'est fait à distance.
Salle des cotations vide au Marché du porc breton jeudi 20 septembre. Le marché s'est fait à distance. - © Terra

Par crainte d'un blocage, c'est à distance que le MPB a réalisé la cotation le jeudi 20 septembre. Depuis le 23 août, le marché du porc est la cible des bonnets roses chaque jeudi qui dénoncent le dysfonctionnement du marché et l'écart de prix récurrent entre les producteurs français et leurs homologues allemands et espagnols. Les CRP de Bretagne et des Pays de la Loire ont donc annoncé par voie de communiqué le lundi suivant que les séances du MPB "afin d'éviter toute dérive se dérouleront provisoirement, et jusqu’à nouvel ordre, en mode dématérialisé" et seront consultables en direct par internet pour les éleveurs apporteurs. Les CRP disent également condammer les menaces et attaques personnelles de ces dernières semaines. "Le MPB ne peut être utilisé comme une tribune politique, même en période préléctorale des élections de la chambre d'agriculture", recadrent-ils.

 

Un prix en chute

De plus depuis l'annonce de l'arrivée de la peste porcine à la frontière franco-belge, le cours du porc a amorcé une baisse de 6,4 ct en l'espace de trois séances tandis que les abattages se replient sur la zone Uniporc Ouest. Avec la PPA, "il y a une psychose des clients qui appellent les abatteurs", confirme Michel Bloc'h, président de l'Union des groupements. Plus que jamais, les professionnels estiment au contraire qu'il faut saisir cette opportunité pour mettre en avant l'excellence sanitaire de la viande de porc française indemne de PPA et faire pression sur la grande distribution pour qu'à son tour, elle interpelle les salaisonniers à ne pas recourir à de la viande étrangère. "La France est indemne, la seule porte de sortie est de mettre en avant Le Porc Français pour en faire une opportunité".


Mettre en place rapidement l'AOP

Dans un climat de fortes discussions, ce 20 septembre, Michel Bloc'h a restitué l'état d'avancement du projet d'associations d'organisation de producteurs, emmené par l'Union des groupements, afin de redonner du pouvoir aux éleveurs face aux abatteurs dans leurs relations commerciales (voir encadré). Lors du Space, Michel Bloc'h avait exprimé que "toutes les planètes étaient réunies pour mettre en place une AOP" , un projet que le ministre de l'agriculture lors de son passage au salon avait approuvé. "D'ici la fin du mois je pense avoir l'aval des conseils d'administration de tous les groupements", a-t-il annoncé aux éleveurs manifestants.

Favorables à l'AOP, ces derniers ont demandé que l'ensemble des porcs des groupements de l'Ouest excepté la Cooperl soient rapidement apportés dans une AOP. De même pour Didier Lucas, président de la FDSEA 22, qui dénonçant le problème de fonctionnement des groupements, a demandé que tous les porcs soient présentés au MPB "avec un seul cahier des charges pour le label, le conventionnel et le bio. Vous avez donné la segmentation aux abatteurs. Si on continue, cet hiver, des jeunes couleront, il faudra alors défendre un prix politique".

 

Sauver le MPB grâce à la constitution d'une AOP

35 000 porcs vendus par semaine, 10 % de l'abattage d'Uniporc Ouest, le marché du porc breton ne pèse pas lourd dans les relations commerciales, pour autant son prix sert de prix de base à toutes les transactions. Pour redonner du pouvoir de marché au éleveurs, il est proposé aux OP porcines de s'organiser en associations d'organisation de producteurs (AOP), favorisées par l'évolution récente du droit européen, portées aussi par les EGA. "Il s'agit de globaliser l'offre entre les groupements ce qui n'empêche pas la segmentation de continuer dans les groupements", remarque Michel Bloc'h. Un second niveau d'action serait d'accéder à des financements de la PAC (ex : station de lavage des camions).

François Valy, président de la section porcine de la FRSEA approuve : "Il faut retrouver du rapport de force avec les abattoirs. Il y a trop de ventes de porcs en direct avec un marché affaibli où certains viennent y faire un prix et non du commerce". Et les professionnels d'alerter : sans le MPB et sa convention, comment établir un prix juste, assurer l'enlèvement de tous les porcs. "Le prix public du MPB protège les plus petits", répète Philippe Bizien, patron du CRP.

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