Terra 20 mars 2019 à 15h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Phytos. Une opération inédite testée sur le BV du Chiffrouet

Une action coordonnée entre vendeur, prescripteurs, agriculteurs est en cours sur le bassin versant du Chiffrouët afin de réduire les quantités de phytosanitaires dans l'eau sur le territoire de Lamballe -Terre et Mer. Des agriculteurs ont participé à une opération de sensibilisation consacrée au désherbage du maïs lundi et mardi dernier à St-Aaron.

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Agriculteurs et prescripteurs réunis à St Aaron lors d'un point d'information sur les bonnes pratiques de désherbage du maïs les 11 et 12 mars.
Agriculteurs et prescripteurs réunis à St Aaron lors d'un point d'information sur les bonnes pratiques de désherbage du maïs les 11 et 12 mars. - © terra

La démarche est suffisamment inédite pour être relayée : le groupe Syngenta, les coopératives et négoces, la chambre d'agriculture ont entamé une démarche commune sur le territoire du bassin versant du Chiffrouët, affluent du Gouessant, pour conseiller et sensibiliser les agriculteurs sur la pratique du désherbage du maïs. Une opération "test" avec pour maître d'ouvrage Lamballe Terre et Mer, pilotée par la chambre d'agriculture qui vise à réduire les quantités de phytos retrouvées dans les eaux superficielles sur le territoire. Des herbicides : métolachlore, mésotrione, clopyralide, foramsulfuron... ont été détectés en quantité dans les analyses réalisées en juin 2018 par la communauté de communes, dont la rivière du Chiffrouet.
Choisi pour sa taille restreinte, ce petit bassin versant d'une soixantaine d'agriculteurs cultivant du maïs teste une méthode d'approche à l'échelle du territoire où se mêlent des réunions collectives et du conseil individuel. En plus de l'enquête individuelle réalisée par téléphone auprès des agriculteurs, la chambre d'agriculture a mené en parallèle un travail de positionnement et de notation des parcelles à risque (en collaboration avec le Sage Baie de St Brieuc). Un nouvel axe est pris en compte, celui du niveau de risque de chacune des parcelles.
En février, s'en est suivie une restitution auprès des coopératives et négoces du territoire. "Au lieu d'agir de façon dispersée, nous nous rassemblons", décrit Cédric Jaffry de la chambre d'agriculture. Après la réunion collective d'information les 11 et 12 mars dernier, les agriculteurs seront conseillés individuellement par leur technicien habituel.

Précautions à prendre lors du rinçage de la cuve reproduites à plus petite échelle par Syngenta.
Précautions à prendre lors du rinçage de la cuve reproduites à plus petite échelle par Syngenta. - © terra

Adapter la stratégie
Lundi et mardi dernier à St Aaron, pendant une matinée, les partenaires tous présents, ont passé en revue un ensemble de préconisations et de conseils. Comment limiter les transferts vers le milieu (dérive et gestion du fonds de cuve) ? Comment limiter la quantité de matière active ? Sur ce point, la chambre d'agriculture préconise de débuter par la reconnaissance des adventices présentes puis d'actionner les leviers agronomiques en premier lieu - rotation, labour, déchaumage/faux-semis... - avant d'adopter une stratégie phyto et/ou mécanique en fonction du risque de transfert des parcelles (molécule de type 1, désherbage mécanique seul...). "On peut piocher dans tout ! On est sur un projet incitatif, sans objectif chiffré. Par contre nous sommes tous en lien. Si la grande majorité des agriculteurs est ouverte et bien informée, on peut montrer que l'on arrive à faire quelque chose", assure Cédric Jaffry.
Un bilan durant l'été (relevé de la flore et analyse d'eau) bouclera la phase de test.

A noter, ce 20 mars à St Aaron, une 3ème réunion d'information sur les pratiques de désherbage du maïs, ouverte cette fois à tous les agriculteurs intéressés.

Après l'eau, l'air.

"Une bonne pulvérisation est une pulvérisation qui ne se voit pas. Evitons de faire du brouillard", rappelle Philippe Garde, ingénieur conseil en sécurité de l'environnement chez Syngenta, après une série de tests sur des buses (eau et argile). Syngenta est intervenu sur la prévention des dérives et la gestion des fonds de cuve, insistant sur la responsabilité de chacun. "On a le bidon en main, il y a des choses à respecter. Une personne sur un bassin versant suffit, même si les 99 % font bien. Enlever un risque, c'est de l'anticipation et de l'organisation". Mais après la qualité de l'eau, vient celle de l'air. "On a maintenant les prémices pour l'air, il faut prendre les devants".

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