Terra 21 juin 2018 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Planète Positive : des technologies en réponse aux attentes sociétales

Tous les trois ans, Triskalia organise une plateforme dédiée aux innovations de l'agroécologie. Le 12 juin à Kergrist-Moëlou (22) sur l'exploitation de Yannick Le Goff, éleveur de porcs, des solutions de développement plus respectueux de l'environnement et du bien-être animal ont été présentées, avec pour thème "de la fourche à la fourchette".

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Ecorobotix cible le désherbage.
Ecorobotix cible le désherbage. - © Terra

Par chance le soleil était au rendez-vous de Planète Positive 2018. Un soleil généreux après une série de pluies d'orage qui aurait pu compromettre la journée des innovations de l'agroécologie de Triskalia. Sur une plateforme de 5 ha, près de 40 ateliers et stands répartis en quatre villages - agroalimentaire, productions animales, services d'accompagnement et cultures - ont présenté un large panorama de thématiques en lien avec les attentes sociétales. Moins de produits phytosanitaires avec le désherbage mécanique, le biocontrôle, les robots, les variétés ; moins d'antibiotiques ; plus de bien-être animal avec les équipements et les bâtiments ; les bioénergies avec la méthanisation ou encore le numérique, l'autonomie protéique, l'installation... La fusion avec le groupe d'Aucy est vue comme un renforcement des moyens pour avancer dans la recherche de solutions. "Nous sommes à l'écoute de la société pour adapter les productions", confirme Jean-François Appriou, agriculteur à Plabennec (29) et président de la commission Planète Positive. "Notre volonté est de montrer que la coopérative a une vision d'avenir, que nous croyons en la technologie même si ce n'est pas facile car le revenu n'est pas là pour les agriculteurs".


Des solutions de réduction des phytosanitaires

Beaucoup de démonstrations et de temps forts ont présenté l'autoguidage avec la technologie RTK, la bineuse guidée par caméra, l'écorobotix (robot ciblant le désherbage), le biocontrôle avec largage de trichogrammes par drone contre la pyrale du maïs, la modulation de dose... Travailler avec moins d'intrants, c'est travailler d'abord sur les vigueurs de semence dès le départ. "Choisir une variété vigoureuse avec un microgranulé au pied type Start Microfast à 20 kg/ha apporte moins de fertilisants qu'un starter 18-46. Il est efficient tout de suite pour les radicelles et aide à passer le sevrage quand le fumier est mal valorisé", remarque un technicien. Avec l'arrêt de traitement des semences (Gaucho), par exemple, il faut repenser la stratégie pour l'orge. La lutte contre la jaunisse nanisante de l'orge (JNO) transmise par le puceron induit "plusieurs stratégies selon qu'il est possible de semer tôt ou pas. Il y a aussi les gènes d'intérêts avec des variétés tolérantes JNO".

Du côté du désherbage à partir de méthodes alternatives, l'ETA d'Armor, partenaire de la coopérative, a présenté ses nouveaux outils : le semoir Monosem avec coupure de rang piloté avec la technologie RTK, la roto-étrilleuse et la bineuse gérée automatiquement par caméra. "Je bine tout ce qui est semé en ligne : maïs, légumes, féverole...", annonce Grégory Philippe, lors de la démonstration. La caméra de guidage dirige la bineuse avec une précision de 2 cm, avec un réglage de la configuration des rangs (inter-rangs, nombre de rangs, etc.) réalisé à partir du poste de conduite du tracteur. L'analyse de l'image de la caméra recentre la bineuse sur les rangs grâce à son châssis coulissant, en inter-rang de 75 et 50 cm. Ces investissements ont été possibles grâce au partenariat de l'ETA avec Triskalia en production de légumes. "J'ai aussi une grosse demande de la clientèle bio sur le secteur de Rostrenen", explique Grégory Philippe.

Parmi ces solutions faisant appel aux technologies, à noter l'expertise be Api en phase de démarrage depuis un an (650 ha) sur le volet "agriculture de précision". À partir de la réalisation d'une carte de potentiel et d'une carte de fertilité de ses sols, il est alors possible de créer un fichier de modulation des apports d'intrants intra-parcellaire (semence, engrais, phytosanitaires). Sans oublier l'essentiel : le conseil agronomique.

Une opposition inquiétante

L'affaire a choqué le secteur agricole. 500 scolaires du centre Bretagne devaient participer à Planète Positive le 14 juin. "La contestation de parents, à laquelle se sont jointes d’autres oppositions à l’agriculture conventionnelle, a conduit l’inspection à annuler cette visite scolaire. En 2015, les jeunes agriculteurs de la coopérative Triskalia avaient présenté leur métier à près de 400 enfants du secteur de Noyal-Pontivy", relate la coopérative.

Jean-François Appriou, président de la commission Planète Positive ajoute : "il est dommage qu'une minorité ne veuille pas croire que nous nous remettons en cause. On aurait aimer montrer Planète Positive aux enfants".

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