Terra 14 mars 2019 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Porc : une aide d'urgence de 2,2 M€ débloquée par Le Gouessant

Face à la situation de crise en porc, la coopérative Le Gouessant basée à Lamballe mobilise l'équivalent de 2,2 millions d'euros pour soulager les trésoreries de ses adhérents.

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"On est sur une conjoncture qui dure et qui est dure, avec un prix au MPB entre 1,15 et 1,20", décrit Yann Renouvel, directeur du pôle animal et végétal de la coopérative Le Gouessant. Avec un aliment qui ne fait que grimper en raison de la hausse du coût des matières premières, le prix de marché et le prix de l'aliment produisent un effet ciseau qui prend en tenaille la trésorerie des producteurs de porcs. "On atteint un ratio historique de 4,4 au lieu de 5,7-6. Au fil des 18 mois, les trésoreries sont exsangues", poursuit le responsable. Accueillie par le président de la coopérative Thomas Couëpel sur l'élevage porcin de Pierre Morfouace à Plestan, la presse prend connaissance d'une situation peu relayée. "Avec le prix de l'aliment actuel, il faudrait un cours minimum à 1,40 en moyenne", précise Stéphane Jamet, responsable de l'équipe porcs. "Cela se passe sans que personne n'en parle". Changement d'époque ou découragement, aujourd'hui, les producteurs ne manifestent plus. "Les éleveurs ne descendent plus dans la rue : ils arrêtent, voire font des choses plus dramatiques encore", ajoute Fabrice L'Hôtellier, producteur de porcs et vice-président.

 

Une situation d'urgence

Dans un tel contexte, Le Gouessant mobilise la somme de 2,2 millions d'euros. Deux dispositions sont prises : une aide sous la forme d'une avance de trésorerie remboursable sans intérêts sous 12 mois, équivalente à 20 €/ tonne d'aliment consommée sur 3 mois. Soit un total de 1,1 million d'euros. Le second volet est un règlement anticipé d'une semaine des porcs charcutiers des éleveurs du groupement Syproporcs. Ces aides se cumulent donc pour les adhérents les plus engagés dans la structure. "Un geste de solidarité", "un juste retour des choses", "un coup de main", évoquent les représentants de la coopérative. Tous espèrent la remontée des cours au printemps, que cette période se termine au plus vite. "On n'est pas le banquier de substitution", prévient Pierre Morfouace, administrateur.

Mais dans un marché mondialisé, tout dépend des importations de la Chine en proie à une crise sanitaire (fièvre porcine africaine), capable de tirer ou non la valeur du porc européen. "Le revenu est lié à cela", constate Yann Renouvel, qui évoque un frémissement à la baisse de l'aliment.

Yann Renouvel, Pierre Morfouace, Thomas Couëpel, Fabrice L'Hôtellier et Stéphane Jamet.
Yann Renouvel, Pierre Morfouace, Thomas Couëpel, Fabrice L'Hôtellier et Stéphane Jamet. - © Terra

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