Terra 08 juin 2018 à 08h00 | Par Julien Piro

Porélia et la bataille du coût alimentaire

Depuis plusieurs années, le groupement de producteurs Porélia a fait du coût alimentaire sa priorité. C’est un rempart solide pour maintenir l’indépendance de ses producteurs.

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François Pot, président de Porélia ; Sylvie Brunel, géographe et intervenante lors de l’AG ; Rachel Richard, directrice ; Rémi Berthevas, responsable technique.
François Pot, président de Porélia ; Sylvie Brunel, géographe et intervenante lors de l’AG ; Rachel Richard, directrice ; Rémi Berthevas, responsable technique. - © Terra

En dépit d’une année 2017 au beau fixe en matière de prix du porc (1,37 euro en prix de base négocié au marché du porc breton), les dirigeants du groupement Porélia restent vigilants, ont-ils dit vendredi 1er juin à Morlaix, lors de l’assemblée générale de la coopérative lors de laquelle intervenait la géographe et économiste Sylvie Brunel. Si "le prix payé au producteur a permis de couvrir les prix de revient à 110 % pour la première fois depuis dix ans", dit le groupement, les éleveurs "restent une proie facile dans une production qui se contracte", souligne Rémi Berthevas, responsable technique.

Aussi, quel que soit le niveau de prix du cadran du MPB, le groupement finistérien aux 195 producteurs adhérents installés principalement dans le Finistère et les Côtes d’Armor -928 500 porcs charcutiers* commercialisés en 2017, soit à peu de choses près le même nombre que l’année précédente- ne déroge-t-il pas au sacro-saint coût alimentaire, sa boussole depuis plusieurs années, et au sens du collectif. Chez Porélia, la politique conduite depuis dix ans en faveur d’achats groupés d’aliments ou d’ingrédients pour fafeurs (60 % des adhérents du groupement fabriquent leur aliment à la ferme) a encore confirmé sa pertinence l’an passé, et ce malgré un contexte plutôt favorable sur le marché. "La marge sur coût alimentaire de nos adhérents s’est établie en 2017 à 72,18 euros pour 100  kilos de carcasse contre un peu plus de 77 euros pour 100 kilos pour la moyenne observée par les centres de gestion, explique la directrice du groupement, Rachel Richard. Ce qui donne une économie de 28 000 euros par an pour un élevage de 257 truies, taille moyenne des exploitations adhérentes". La performance des adhérents de Porélia s’explique aussi par le niveau d’intégration de leurs truies."Seulement 10 % des porcelets sont engraissés hors du site de naissage", précise Rachel Richard, directrice du groupement.

Dans ce groupement né de la fusion, en 2013, de Porfimad et CEB, il y a surtout un grand sens du collectif. Le groupement stimule ses adhérents en accompagnant la constitution de groupes thématiques pour qu’ils progressent ensemble (aliment minéraux, sanitaire, hyperprolificité, autorenouvellement, etc.). Par exemple "avec l’accord des éleveurs, nous publions tous les six mois le classement des coûts alimentaires pour que chacun se situe et trouve des marges de progrès", ajoute Rémi Berthevas. Il organise aussi de nombreuses journées de formation (89 en 2017).

Comme pour les autres groupements, Porélia considère le renouvellement des exploitants comme "le grand défi des années futures", dit François Pot, président du groupement, par ailleurs président du marché du porc breton (57 % des cochons de Porélia ont été présentés à la vente au MPB en 2017). "Nous avons installé trois jeunes en 2017, soit à peu près le même niveau que les années précédentes, poursuit François Pot. Il faut noter que les 25 installés de ces dix dernières années sont toujours adhérents du groupement. Mais il nous faut faire plus, car le renouvellement ne sera assuré qu’en installant cinq à six producteurs par an".

 

* Tous les porcs de Porélia sont commercialisés sous le cahier des charges Qualité Traçabilité et la majorité répond au cahier des charges Cochon de Bretagne.

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