Terra 30 avril 2014 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Portes ouvertes à la station de Kerplouz - Guillaume Le Blavec, Maraicher bio à Plumergat, témoigne

Parcours atypique que celui de Guillaume Le Blavec, installé en 2011 à Plumergat, sur une ferme maraîchère qu'il a créée sur 3,5 ha tout comme l'emploi du salarié qui l'épaule en saison. Dans l'itinéraire de ce jeune trentenaire, engagé pour l'agrobiologie, s'insèrent les cours du BPREA maraîchage bio dispensés par la chambre d'agriculture du Morbihan, à la station d’Auray.

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Guillaume Le Blavec
Guillaume Le Blavec - © Claire Le Clève

 

 

"Se former, oui, c'est nécessaire, bien sûr," , insiste le jeune maraîcher engagé pour la production biologique, notamment au sein du GAB. Et d'analyser les bénéfices qu'il aura pu trouver à suivre 9 mois durant, les cours, dispensés pour le passage du brevet professionnel en maraîchage bio.

 

Nouveau départ

En 2010, quand il entame son BPREA avec la Chambre d'agriculture, le futur maraîcher a travaillé pendant 4 ans dans le domaine de l'eau et possède déjà une solide formation après un BTS gestion et protection de la nature puis une licence protection de l'environnement. Mais ses expériences professionnelles se révèlent être "en décalage. Je n'y trouvais pas mon compte". Dont acte : pour être en cohérence avec ses aspirations, il rompt son contrat. "Depuis l’âge de 15 ans, j'ai toujours voulu m’installer. C'était l'occasion d'un nouveau départ." Éleveur ? "Non. Ce n'est pas tant la contrainte, parce qu’en maraîchage, il y en a aussi beaucoup, mais ce n'est pas aussi astreignant que la traite", reconnaît-il, volontiers. Et parce qu'il aime jardiner, ce sera vers le maraîchage qu'il décide de se tourner, en bio "évidemment". "Je jardinais un peu, j'aimais beaucoup. Je pensais que la formation allait me faire devenir maraîcher mais un BPREA, ne forme qu'un responsable d'exploitation agricole. Cela ne dure que 9 mois et le maraîchage bio, c'est juste une option", met en garde ce jeune trentenaire, non issu du milieu agricole, et pour qui l'accès au foncier s'est révélé être un vrai parcours du combattant.

 

L'accent sur le technique et le pratique

 

Alors oui, "le BPREA est intéressant" mais "un peu juste en temps", quand on se lance comme lui mais aussi comme bon nombre de jeunes installés dans ce domaine en Morbihan, sans beaucoup de pratique. Alors si Guillaume Le Blavec n'a aucun doute sur les bienfaits de toutes les acquisitions techniques et pratiques dispensées lors de cette formation, il dit être resté "sur ma faim car j'avais là un besoin et une attente très forte  sur les aspects pratiques. L'accompagnement et les cours de Maet Le an et Jean Philippe Calmet y ont répondu", reconnaît-il. Et puis il y a la construction du projet d'installation. "Comme la plupart, j'ai eu beaucoup de mal à trouver du foncier. C'est arrivé en milieu de formation. Ça m’a permis de décoller sur mon étude de projet, là, j'ai trouvé du soutien pour construire le projet", apprécie-il. Reste l’hétérogénéité des stagiaires recrutés, "Avant de se lancer, il est important d'aller chercher des témoignages, des stages et pourquoi pas du salariat. Cela permet de se rendre compte si le projet convient et perdure. Le risque derrière, ce sont les déconvenues personnelles et financières" , insiste cet administrateur du GAB. "Je milite pour la diffusion d'une bio accessible à tous et populaire. Il faut donc des producteurs. Je ne veux décourager personne mais avant d’entreprendre un BPREA, il faut déjà avoir mûri dans sa démarche. Le BPREA n'en sera que plus profitable", insiste, sans détour, Guillaume le Blavec .

 

Claire Le Clève

 

 

 

Pour plus de renseignements, ferme maraîchère de Lezegard Ihuel, 56400 Plumergat: www.ferme-legume-bio.fr
Pour plus de renseignements, ferme maraîchère de Lezegard Ihuel, 56400 Plumergat: www.ferme-legume-bio.fr - © claire le clève

Ferme maraîchère de Lezegard

 

Avec 2014, s'est entamée la quatrième année de mise en culture chez le jeune maraîcher qui a créé sa ferme à Plumergat, sur 3,5 ha dont 1500 m2 sous serre avec un emploi salarié à la clé pour l'accompagner. Là, à Lezegard, une trentaine de légumes sont cultivés à l'année et vendus sur les marchés de Pluneret et Sainte Anne d'Auray ou directement à la ferme, deux jours par semaine. Guillaume le Blavec songe, avec d'autres collègues, à d'autres systèmes de mise en culture et de commercialisation pour mutualiser le temps consacré. "Ici, c'est une création. C'est l'inconnu. C'est très différent de la reprise d'une ferme où l'on voit où l'on va en matière de clientèle". Et le parcours n'a rien d'un long fleuve tranquille. Autant s'y préparer, "mais le plus important, c'est de bien réfléchir à son projet. S'il l'est, le BPREA apportera des éléments intéressants et permettra de rencontrer des personnes ressources essentielles", résume Guillaume Le Blavec qui ouvrira sa ferme à l'occasion des petits déjeuners bio, le 1er juin, de 9h à 12 h.

 

 

 

 

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