Terra 01 mars 2018 à 15h00 | Par Claire le Clève

Portrait au SIA : alliance de la génétique et de l’économique

À 26 ans, Olivia Jégouzo s’est installée le 1er juin dernier à Bubry (56), sur 62 ha avec 65 vaches et un atelier de veaux de boucherie. Deux belles Prim’Holstein brillent pour toujours dans les yeux de cette jeune maman. Il y a eu Radieuse, offerte pour ses 10 ans et Gitane, pour ses 20 ans. L'histoire continue avec la fille de cette dernière, puisque Lamoureuse a défilé à Paris avec cinq autres vaches issues d'autres élevages morbihannais. Rencontre.

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Olivia Jégouzo, 26 ans, s’est installée en juin dernier et gère l’élevage à Bubry. Sa vache Lamoureuse a défilé à Paris, présentée par Jonathan son époux.
Olivia Jégouzo, 26 ans, s’est installée en juin dernier et gère l’élevage à Bubry. Sa vache Lamoureuse a défilé à Paris, présentée par Jonathan son époux. - © Terra

"J’ai deux productions, deux filles et un mari", s’amuse à résumer de sa vie Olivia Jégouzo. L’agriculture est un domaine de prédilection pour cette jeune femme, vive et souriante, originaire de l’Orne, qui après un BTS Acse (analyse et conduite des systèmes d’exploitation), a enchaîné des expériences de salariat en porcherie, chez Prim’Holstein France et au contrôle laitier. De quoi forger quelques automatismes et un œil avisé chez elle, pour qui l’installation a toujours été un but.

 

La passion de l'élevage

"C’est génétique, depuis toute petite je ne voulais que ça ", raconte Olivia, dont les parents ont durant longtemps mené une exploitation laitière avant de la vendre pour suivre leur fille à Bubry. "Ma mère était passionnée par les vaches normandes, moi par les Prim’Holstein. Il y avait concurrence à la maison". Pour autant, "quand il y avait un comice, on emmenait les deux races. On y allait pour les vaches mais aussi pour déjeuner avec les voisins", insiste-t-elle. C'est avant tout cette dimension conviviale que le couple, qu’elle forme avec Jonathan, continue à rechercher dans les concours. "Jonathan part au salon avec quatre autres élevages. Cette année, le Morbihan sera présent avec six vaches au SIA". Reste qu’ "en 2001, pour mes dix ans, j’ai présenté ma première Prim’Holstein, Radieuse. Il n’y a eu qu’elle et Gitane. Mon père me l’avait dressée, on est allé au concours départemental avec elle, puis au régional" se souvient-elle, émue. "En 2007, mes parents n’avaient que sept Prim’Holstein sur leur exploitation, dont Radieuse. En 2011, elle est partie, j’étais malheureuse… Ma mère m’a dit : tu en auras une autre. C’était Gitane, je l’avais repérée, elle venait de naître. J’avais 20 ans et c’est sa fille Lamoureuse, une fille de Durbin, qui a été sélectionnée à Paris en Prim’Holstein". Une primipare de 24 mois qui a vêlé en décembre dernier, au top de sa forme.

 

Alliance de la génétique et de l'économique

Ce sont les Prim’Holstein qui ont fini par changer la couleur du troupeau des parents d'Olivia, dont beaucoup d’éléments ont suivi l’installation d’Olivia à Bubry. Son père aussi l'a suivie, "il est salarié, s’occupe des cultures, du matériel", tandis que la jeune femme gère la conduite du troupeau laitier et l’atelier veaux de boucherie sur paille. "Je suis le cerveau économique, mon mari c’est la génétique", dit-elle, avec le sens de la formule. Ainsi Jonathan, son époux trentenaire originaire de Bubry, salarié chez Semex, gère les accouplements du troupeau et assure les inséminations avec une génétique canadienne. "On a beaucoup de souches outre-Atlantique et de quoi travailler sur les lignées", assure Jonathan conscient que l'"on peut avoir la meilleure génétique mais derrière, si on n’est pas éleveur..." Olivia prévient :"Il a la folie des concours, un amour des belles vaches et la passion du dressage. On se complète. Moi c’est l’approche technique, la conduite, l’alimentation".

 

Un mariage de raison

Et si Jonathan et Olivia vivent tous deux leur passion, reste la raison et une ligne de conduite que s’est forgé le jeune couple. "Je ne veux pas vendre des vaches de concours mais monter un très bon troupeau et que Jonathan se fasse plaisir", ambitionne-t-elle ravie de voir aussi sa fille aînée, âgée de quatre ans, mordue par la passion des vaches. "J’aime traire des vaches qui font du lait !" tel est le leitmotiv de la jeune femme dont la moyenne d’étable à Kerboharne est de 9 500 kg pour réaliser les 600 000 l de référence laitière. "Ce sont les vaches de Clément et Nicole, mes prédécesseurs, qui remplissent mon tank à lait et me payent ma ferme" dit-elle rendant hommage au couple Evano qui a facilité la cession de la ferme "fonctionnelle, qui va me permettre de voir venir" (cf Terra du 8 décembre dernier).

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