Terra 20 avril 2018 à 10h00 | Par Chantal Pape

Portrait : Jean-Yves Kerhoas, Botaniste et photographe

Quand l'heure de la retraite a sonné, Jean-Yves Kerhoas, producteur de lait à Pleyben (29), a enfin pu laisser libre cours à ses passions pour la botanique et la photographie. Avec son complice Hervé Guirriec, il signe en ce mois d'avril un quatrième ouvrage, consacré cette fois aux fleurs du littoral. Portrait.

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La photographie ? Une passion ancienne pour Jean-Yves Kerhoas ! "J'ai effectué mon service militaire en Allemagne, raconte l'ancien producteur de lait. Mes parents m'avaient offert de l'argent pour que j'y achète mon premier appareil photo". Beaucoup d'autres suivront, dont un Polaroïd. Et c'est quand sa fille lui offre son premier compact numérique qu'il se met pour de bon à l'informatique.

Adorant se balader dans les Monts d'Arrée, "il y a de si beaux coins à découvrir", il commence à prendre des fleurs en photo. S'il en reconnaît quelques-unes, il achète des ouvrages et s'appuie sur Internet pour déterminer les autres. "Et c'est un voisin qui m'a parlé du forum de Brasparts, où j'ai commencé à poster quelques photos de fleurs des tourbières". Printemps, été, automne... : il se prend rapidement au jeu et c'est ainsi qu'il est contacté par Hervé Guirriec, lui aussi en retraite après une carrière de prof d'histoire-géo au lycée agricole du Nivot, sur la commune voisine de Lopérec. "Il voulait faire un livre recensant les fleurs des Monts d'Arrée".

Dans ce travail d'équipe, à chacun sa tâche : si Hervé épluche ouvrages de botanique et Internet à la recherche d'anecdotes, d'informations sur l'origine des noms des plantes, leurs usages, les légendes qui y sont attachées..., Jean-Yves se charge des photos. Une tâche pas aussi simple qu'il n'y paraît de prime abord, tant certaines fleurs sont discrètes ou... capricieuses ! "Certaines plantes ne fleurissent qu'entre 13 et 15 h, en juillet, quand il fait très beau", raconte le photographe. Pas facile d'être là au bon moment même si, avec le temps, il s'est fait un nom chez les botanistes et peut maintenant compter sur quelques "indics"...

Mais certaines fleurs ne se laissent pas facilement tirer le portrait ! "Les fleurs bleues ont tendance à être blanches en numérique". Et, pour son dernier ouvrage, le grémil lui a donné du fil à retordre. Il lui faut alors ruser, se placer devant pour faire de l'ombre... D'autres fleurs sont minuscules. S'équiper en macro ? "J'y ai songé mais le flou, en arrière-plan, serait trop important". Après avoir "noyé" un appareil l'an passé en tombant dans un ruisseau, il a acheté un Canon 70 D, équipé d'un zoom 18-135. "Et ça me suffit ! Je n'aime pas changer de zoom à tout bout de champ".

Avec plus de 5 000 exemplaires vendus, le premier ouvrage est un succès. "Nous avons voulu un prix attractif, à 12,90 €", indique leur maison d'édition, Locus Solus, à Châteaulin, qui les incite à poursuivre une aventure à laquelle ils ont pris goût. Féru lui aussi de botanique, Hervé Guirriec organise des randonnées à thèmes, participe à des salons du livre..., autant d'occasions de parler de leurs ouvrages et de les écouler auprès du grand public.

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Fleurs sauvages

Un livre et 65 fleurs par an... Depuis 2015, Jean-Yves Kerhoas et Hervé Guirriec tiennent le rythme ! Après les Fleurs sauvages en Bretagne, du printemps à l'été puis De l'été à l'automne et un ouvrage sur les plantes mellifères, place cette fois aux fleurs sauvages du littoral. Et déjà trotte dans la tête des deux auteurs une idée pour le printemps 2019...

 

 

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Tournage sur bois

La photographie n'est pas sa seule occupation, loin s'en faut ! Depuis son départ en retraite, Jean-Yves Kerhoas s'implique à la paroisse, dans un comité de chapelle, à l'université du temps libre... Et s'est découvert une passion pour le tournage du bois, fabriquant tour à tour bombarde en ébène, coupe en buis, crayon en if, en corne de bœuf et même en rafle de maïs !


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De nouvelles fleurs

Au fil de leurs pérégrinations, Jean-Yves Kerhoas et Hervé Guirriec ont pris l'habitude d'ouvrir l'œil... "Et on a fait des découvertes", s'amusent les deux hommes. Ainsi, pour leur dernier ouvrage, ils ont repéré des glaïeuls communs en presqu'île de Crozon quand les botanistes les croyaient cantonnés au Morbihan.

 

 

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