Terra 11 avril 2019 à 08h00 | Par Chantal Pape

Pour assurer son développement, Even mise sur l'innovation et l'export

25 millions d'euros pour la fromagerie, 22 millions pour la nutrition santé... : pour coller à la demande, Even investit. Et mise sur l'innovation et l'export sur pays tiers pour trouver de nouveaux débouchés. Une politique qui porte ses fruits : depuis la fin des quotas, le litrage collecté par Laïta a progressé de 20 %.

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De gauche à droite : Christian Couilleau, directeur général du groupe Even, et Guy Le Bars, président.
De gauche à droite : Christian Couilleau, directeur général du groupe Even, et Guy Le Bars, président. - © Terra

342 €/1 000 l
Alors que ses assemblées territoriales viennent tout juste de s'achever, Even fait le bilan de l'année laitière écoulée. "Le prix moyen payé à nos adhérents est de 330,49 €/1 000 l, auxquels se rajoutera un retour sur résultats de 11,33 €/1 000 l, permis pour moitié par l'activité lait pour moitié par le reste des activités du groupe, indique Guy Le Bars son président. Et si le Brexit ne fait pas trop de dégâts, on peut espérer 10 à 15 € de plus sur 2019, maintenant que les stocks de poudre ont disparu".
Autre motif de satisfaction de la coopérative, "une centaine de jeunes nous ont rejoint depuis 2015". Installés en moyenne à 31 ans, après une première expérience professionnelle, ces nouveaux producteurs sont à 85 % des hommes, qui préfèrent une installation en société, avec un volume moyen approchant le million de litres de lait par exploitation. "Le renouvellement des générations est un défi pour la coopérative : 35 à 40 % de nos producteurs sont âgés de plus de 50 ans".

Laïta, 10 ans déjà
"En dix ans, nous avons investi 400 millions d'euros sur le territoire et créé 1 000 emplois nets, dont une bonne moitié sur la Bretagne historique", affirme Christian Couilleau. Si le directeur général d'Even profite des 10 ans de Laïta, la principale filiale du groupe, pour un rapide regard dans le rétroviseur, c'est l'avenir qui mobilise toute son énergie. Un avenir qu'il articule autour de quelques mots clés. "L'innovation, d'abord". Une innovation qui s'accélère, boostée par une consommation qui évolue, et qui prend plusieurs chemins. "En externe, avec le Village by CA dont nous sommes partenaires, avec cinq start-up que nous avons sélectionnées sur concours et avec le fonds French food capital. Mais aussi en interne, où nos équipes sont mobilisées pour libérer les idées... et les trier". Et des nouveautés sont déjà sur le marché, comme la crêpe chocolat nougatine, les yaourts Mamie Nova bi-couche, des pâtes molles en marque distributeur à cuire, à fondre, à trancher pour l'apéritif...

25 millions d'euros pour la fromagerie de l'Iroise
Pour poursuivre son développement, le groupe investit. "74 millions d'euros l'an passé, 50 millions en 2019", chiffre Christian Couilleau. À elle seule, la fromagerie de l'Iroise en mobilisera 25 millions sur deux ans. "La capacité de production a été portée de 29 à 36 000 tonnes il y a quelques années". Un peu à l'étroit, l'usine a prévu une extension de 6 000 m², permettant d'espacer les lignes, d'automatiser encore plus la production, avec des véhicules autoguidés pour le transport des meules, et de répondre à la demande d'emballages plus pratiques, portion, râpé, mélanges de fromages, sachets avec curseur...
Le pôle nutrition clinique, où Even dispose d'un savoir-faire reconnu mondialement, va bénéficier de 22 millions d'euros, notamment pour développer la mise en flacon. Les autres chantiers concerneront les beurreries de Landerneau et Ancenis, pour encore plus de segmentation, et la maintenance des différents outils.

À l'international
"Les marchés laitiers sont matures en Europe", constate Christian Couilleau. Les producteurs ayant demandé à produire plus au moment de la sortie des quotas laitiers, l'internationalisation fait donc partie des objectifs du groupe Even ; "Actuellement ; nous réalisons 60 % de notre chiffre d'affaires sur l'hexagone, 25 % en Europe et 15 % sur pays tiers". Un chiffre qu'Even voudrait doubler à l'horizon 2025. "Cette année, sur le marché des PGC, les produits de grande consommation, nous avons ouvert de nouveaux pays, Nigéria, Pérou, Cambodge..., l'Amérique du Sud avec les produits nutrition santé". Laïta possède déjà des bureaux commerciaux en Chine, au Vietnam, en Thaïlande ou en Océanie, et compte en ouvrir d'ici peu au Chili, en Inde, en Centrafrique...

Efficience écologique
Si producteurs et laiterie sont tenus à une efficience économique, Even est convaincu que l'avenir passera aussi par une efficience écologique. Un sujet que la coopérative a déjà pris à bras le corps, au travers de Passion du lait, en commençant par réaliser le bilan carbone des usines et des élevages. Avec une bonne surprise à la clé : "Les émissions sont de 0,86 kg de CO2/l de lait, contre une moyenne française légèrement supérieure à 1 kg". Un argument à faire valoir auprès de ses clients.

 

 

Even en quelques chiffres

734 exploitations adhérentes à la coopérative

3 070 au sein de Laïta, qui regroupe les activités lait d'Even, Triskalia et Terrena

1,5 milliard de litres de lait collectés en 2018, en progression de 20 % depuis la fin des quotas

2,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires

6 140 salariés

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