Terra 22 mai 2019 à 12h00 | Par Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture du Morbihan

Pour "mieux d’Europe", notre responsabilité est d’aller voter

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Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture du Morbihan.
Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture du Morbihan. - © Terra

Dans tous les pays de l’Union européenne, les citoyens sont appelés à voter pour renouveler les députés européens. Pour nous, agriculteurs, l’Europe fait partie du quotidien au travers d’une de ses principales politiques, la politique agricole commune (PAC), qui représente encore 40 % du budget de l’UE, et nous savons à quel point les choix européens à venir comportent des enjeux majeurs pour notre secteur d’activité. En effet, la PAC, avec son 1er et son 2nd pilier, c'est plus de 500 millions d'euros qui sont versés chaque année aux agriculteurs bretons. Cette PAC est aujourd’hui sur la table des négociations au niveau européen. Les députés qui vont être élus dans les prochains jours ont un rôle essentiel car ils vont être les codécideurs de la future PAC avec les ministres de l’agriculture des 27 États membres.

Certes aujourd’hui, l’Europe fait des déçus. Les élargissements successifs de l’UE ont mis en concurrence directe des pays aux économies fortement dissemblables sur un marché unique, sur lequel se confrontent des bas salaires sans protection sociale et des niveaux de salaires et de protection plus élevés. Par ailleurs, l’Union européenne négocie des accords commerciaux bilatéraux avec des pays tiers aux réglementations sociales, fiscales et environnementales souvent moins contraignantes que les nôtres. Comment alors ne pas comprendre l’inquiétude de filières agricoles et industrielles quand, à l’intérieur même de l’Europe, tout le monde ne part pas à armes égales en termes de compétitivité ? Cette concurrence déloyale a eu des effets désastreux sur nos emplois et nos industries.

Faut-il pour autant sortir de l’Europe ? Non. Car comment un pays comme la France, seul, pourrait-il peser, faire entendre sa voix, face à des mastodontes, des pays continents tels que la Chine, les États-Unis, le Brésil, l’Inde ou encore la Russie ? Je reprends à mon compte les mots de Michel Barnier, commissaire européen en charge du Brexit, que j’ai entendu récemment : "Si on n’est pas ensemble nous Européens, on est foutus !".

Cependant, il faut entendre les déceptions et les inquiétudes. Nous avons besoin de "mieux d’Europe" avec plus de cohérence sociale et fiscale dans les politiques publiques, et une Europe qui protège nos filières en imposant que les produits importés respectent nos propres standards.

Pour arriver à ce "mieux d’Europe", nous avons la responsabilité d’y envoyer des représentants qui auront cette ambition de construire ensemble l’Union européenne que nous souhaitons, et non de la détruire de l’intérieur. S’impliquer dans la construction de ce nouveau contrat européen, dire ce que nous voulons faire ensemble, et pourquoi, exige de montrer que l’Europe c’est notre affaire. Pour être acteur de cette construction et en discuter les plans, il faut d’abord aller voter. Même au bout de l’Europe, la Bretagne est dans l’Europe, et elle a ses mots à dire, le vote en est la première étape.

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