Terra 16 février 2018 à 10h00 | Par Laëtitia Goupil, chambres d'agriculture de Bretagne

Pour plus d’alimentation locale en centre Bretagne

Comment accroître l’alimentation locale en centre Bretagne ? Pour y réfléchir ensemble, les élus de la chambre d’agriculture des secteurs de Pontivy, Ploërmel et de Loudéac, ainsi que Mickaël Doré, sous-préfet de Pontivy et Ploërmel, ont réuni les cinq communautés de communes du territoire.

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François Valy (Ruffiac), Gaëtan Le Seyec (Guern), Jean-René Menier (Mauron), Sébastien Rouault (Les Moulins), Jean-Paul Touzard (Taupont), agriculteurs présents ont expliqué leurs productions.
François Valy (Ruffiac), Gaëtan Le Seyec (Guern), Jean-René Menier (Mauron), Sébastien Rouault (Les Moulins), Jean-Paul Touzard (Taupont), agriculteurs présents ont expliqué leurs productions. - © Terra

Pour Gaëtan Le Seyec, agriculteur à Guern (56), "nous sommes sur un territoire rural où l’agriculture et les industries agro-alimentaires forment un couple économique clé puisque nos productions agricoles sont transformées directement sur place". Les communes et les habitants le savent-ils ? Les restaurants scolaires font-ils appels à ces filières locales ? Les collectivités ont sans aucun doute un rôle à jouer pour accentuer cette alimentation locale. Elles doivent aussi être force de proposition pour rapprocher le consommateur du producteur et accroître la dynamique d’économie locale.

 

Des projets alimentaires aussi pour les territoires ruraux

Les grandes agglomérations de Bretagne affichent depuis quelques années leur volonté de lancer des projets alimentaires territoriaux, mais il y a moins d’initiatives similaires dans les secteurs ruraux. C’est ce que le groupe d’agriculteurs souhaite mettre en place. Les cinq communautés de communes ont montré leur volonté sur le sujet en se déplaçant aux deux rencontres déjà organisées. Étaient présentes : Pontivy Communauté, Centre Morbihan Communauté, Loudéac Communauté Bretagne Centre, Ploërmel Communauté et Oust à Brocéliande Communauté.

 

Aller plus loin

Les collectivités n’ont pas attendu cette rencontre pour avancer sur la question. En effet, ces dernières années, la plupart ont déjà réalisé et communiqué sur des recensements de producteurs en vente directe, ont accompagné des réseaux de producteurs dans leurs modes de vente collectif, ou ont mis en relation ces producteurs avec les acheteurs locaux. Mais maintenant il s’agit d’aller plus loin sur la piste des grandes filières bretonnes. En effet "les cantines de moins de 300 repas par jour peuvent réussir à travailler en direct avec des producteurs locaux, mais au-delà, l’approvisionnement en local sera plus aisé avec les grandes filières agroalimentaires", indique Sébastien Rouault agriculteur à Les Moulins (22).

 

Mobiliser le réseau alimentaire local

Ce territoire commun compte plus de 220 000 habitants et près de 4 000 entreprises agricoles sur lesquelles travaillent environ 7 800 personnes. 8,5 % des emplois relèvent de l’agriculture et 7 % des industries agroalimentaires. L’agriculture du territoire de Loudéac, Ploërmel et Pontivy génère 1,35 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an (soit 17 % du chiffre d'affaires de l'agriculture bretonne*). 64 % de la surface du pays est occupée par des terres agricoles. Comme sur l’ensemble de la région, la question de la transmission des fermes est importante puisqu’un chef d’exploitation sur quatre partira en retraite dans moins de cinq ans. Cependant la dynamique d’installation reste bonne et attire même de plus de en plus de candidats qui ne sont pas du milieu agricole.

 

Trouver les bons outils

"Maintenant que nous avons vu que nos territoires avaient des similitudes en terme d’agriculture et d’agro-alimentaire, notre souhait est de regarder les expériences en projets alimentaires des autres territoires ruraux en France pour enrichir notre réflexion et trouver les bons outils pour mobiliser le réseau alimentaire local", a indiqué Jean-Paul Touzard, agriculteur sur Taupont (56). "J’encourage ces territoires ruraux à déposer une candidature auprès du dispositif du programme national de l’alimentation (PNA) initié par l’État", a complété le sous-préfet, Mickaël Doré. Depuis 2014, l’État finance en effet une centaine de projets alimentaires territoriaux (PAT), mais il faut d’abord réussir à construire et se mettre d’accord sur un programme d’actions validé par les acteurs du territoire.

 

* Estimation chambres d'agriculture de Bretagne d'après Agreste, compte de l'agriculture provisoire 2015.

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