Terra 17 mai 2019 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Pour saluer l’Europe, ils ouvrent leur ferme

A la fromagerie de St Goal, à Pluvigner, les Dousselin, ont repoussé les murs de leur élevage de presque 300 chèvres et installé en 2016, une nouvelle salle de traite, plus adaptée. Un investissement soutenu par des aides de l’Europe. Ils l’ont célébrée le 11 mai dernier, en ouvrant leurs portes.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
L’équipe de la ferme de Saint Goal à Pluvigner qui a ouvert ses portes le 11 mai dernier pour célébrer l’Europe.
L’équipe de la ferme de Saint Goal à Pluvigner qui a ouvert ses portes le 11 mai dernier pour célébrer l’Europe. - © CLC

 

 

"On a toujours tendance à être négatif, à voir ce que l’Europe nous inflige comme contraintes. Mais on peut aussi voir le verre à moitié plein. Il y a aussi de bonnes choses dans l’Europe dont on profite. C’est l’occasion de le montrer", estime, reconnaissant, Emmanuel Dousselin qui a donc décidé, avec son épouse Cathy, d’ouvrir au grand public leur exploitation caprine spécialisée.

Moitié du lait transformé
Impossible donc de ne pas voir, le 11 mai dernier, sur l’extension du bâtiment, le panneau accroché bien en vue de ceux qui franchissent le pignon de la nouvelle laiterie de la fromagerie de Saint Goal, à Pluvigner. "Réalisé avec les aides de l’Europe", et avec le fonds Feader dans le cadre du PCAEA, via la Région. 46 000 euros d’aides perçus sur les 290 000 investis dans la modernisation de la laiterie et l’agrandissement de 20 m de la stabulation. Désormais, dans la nouvelle salle de traite, un roto de 20 places. Là, la famille Dousselin et ses salariées traient "avec ce qui est redevenu un plaisir", leurs 280 chèvres de race Saanen, dotées de belles houppelandes blanches. Le lait, avec une moyenne de chevrerie de 750-800 l par animal, est transformé pour moitié en fromage. Le reste est livré à la laiterie Agrial. Une possibilité de panachage de destination, rare dans ce paysage caprin dont la filière reste dynamique en Bretagne. Pour preuve l’accueil des 120 techniciens caprins des journées techniques de l’Institut de l’Elevage durant deux jours, à Erdeven et dont l’élevage de Saint Goal a constitué l’une des visites privilégiées.

Evolution constante

A la trentaine, non issus du milieu agricole, Emmanuel et Cathy Dousselin ont décidé de changer leur trajectoire professionnelle comptable en revenant à leur aspiration première : s’installer. Ce fut chose faite en 98 avec 60 chèvres, sur 43 ha. Depuis lors, cette ferme ne cesse de se réinventer. Ils sont à l’origine, avec une poignée d’éleveurs, il y a désormais 20 ans, du 2eme magasin de producteurs en Morbihan, Pleine campagne à Auray, dont Emmanuel Dousselin sera gérant. Désormais, le magasin n’est plus que l’un des points de vente locaux des cinq variétés de fromage concoctés dans le laboratoire. "Nous pensions ne pas être loin de la bio en 2010. On a franchi le pas, sauf qu’on n’était pas si proches", pointe avec franchise l’exploitant. Pertes de litrages (300 l/animal) et déconvenues sanitaires leur font faire machine arrière en 2015. 2016, face à une laiterie vieillissante, "nous avions envie d’avoir un équipement confortable, équipé, transmissible". Le prix payé de 750 euros des 1 000 , les conforte pour leur agrandissement en 2016. "Nous ne sommes toujours pas à 300 chèvres", temporise Emmanuel Dousselin sur leur appétit à produire. Un élevage qui continue à évoluer. "Nos chèvres sont conduites en deux lots. Nous nous sommes lancés en pâturage dynamique, un paddock par jour. Nous avons 6 ha de mélange céréaliers pour diminuer l’achat de concentrés. Nous avons réglé nos problèmes de parasitisme sans vermifuge du commerce, avec les huiles essentielles" , détaille-t-il, investi, y compris à la Cuma l’Elite de Locoal-Mendon, dont il est devenu président.

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

 

Près de 300 chèvres sont traites avec un prix payé des 1 000 l de 750 euros
Près de 300 chèvres sont traites avec un prix payé des 1 000 l de 750 euros - © Claire Le Clève
Sur les 290 000 euros d’investissement pour repousser les murs et construire une nouvelle salle de traite, 46 000 euros ont été apportés par des fonds européens.
Sur les 290 000 euros d’investissement pour repousser les murs et construire une nouvelle salle de traite, 46 000 euros ont été apportés par des fonds européens. - © Claire le Clève

9 mai, la fête de l'Europe

Guichet unique des aides européennes, c’est dont à la Région Bretagne que revient la tâche de coordonnée la Fête de l’Europe en Bretagne. Un événement qui regroupe divers événements et animations autour de la culture et de la citoyenneté européenne, ainsi que des visites de projets et équipements soutenus par l'Union européenne.
Initiée par la Commission européenne, la Fête de l'Europe est proposée à l'échelle de tous les pays européens durant tout le mois de mai. Destinée à promouvoir les valeurs européennes (paix, solidarité, liberté, diversité), elle s'inscrit dans la continuité de la Journée de l'Europe du 9 mai, date anniversaire de la déclaration Schuman de 1950.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes
L’actualité en direct
Infos techniques terra sur Synagri

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui