Terra 06 novembre 2018 à 07h00 | Par Chantal Pape

Pour tirer son épingle du jeu, Le pépin et la plume veut se différencier

Installé en agriculture biologique il y a 9 ans, Mickaël Pont a toujours cherché à se différencier. Une stratégie gagnante qui a poussé Le pépin et la plume à miser sur la qualité, le calendrier de production ou de commercialisation, les circuits de mise en marché...

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A l'invitation du Gab, les étudiants de Kerliver et de l'Ireo de Lesneven ont découvert la culture de la fraise.
A l'invitation du Gab, les étudiants de Kerliver et de l'Ireo de Lesneven ont découvert la culture de la fraise. - © Chantal Pape

"J'ai bossé 10 ans au Gab, le groupement des agriculteurs bio du Finistère, avant de m'installer". En ce frais matin d'octobre, ils sont une bonne cinquantaine d'étudiants à s'être rendus chez Mickaël Pont, à l'EARL Le pépin et la plume, à La Roche Maurice. Et des chambres froides au centre de conditionnement des oeufs en passant par la fraiseraie ou les vergers, ils prendront le temps de découvrir toute l'exploitation. Mais pour l'heure, retour sur un parcours hors des sentiers battus.

 

Installé en 2009, en arboriculture bio, Mickaël Pont a depuis diversifié son exploitation qui produit oeufs, fraises, potimarrons et haricots frais.
Installé en 2009, en arboriculture bio, Mickaël Pont a depuis diversifié son exploitation qui produit oeufs, fraises, potimarrons et haricots frais. - © Chantal Pape

Diversifier les productions

Quand il achète ses premiers ha, en 2009, tout est à faire. "Ici, il n'y avait pas d'eau, pas d'électricité". Son projet ? "Planter 5 ha de pommiers et en attendant qu'ils produisent, monter un atelier de 600 poules pondeuses". Mais le climat froid et humide de La Roche Maurice se charge de doucher son enthousiasme. "En pommes, les rendements n'étaient pas au rendez-vous. Il fallait faire autre chose". Ce sera de la fraise, qu'il a déjà testé à petite échelle. "J'en cultivais 3 000 pieds. Quand Mathieu s'est associé avec moi, nous sommes passés à 15 000".

Un travail de fou

Reconnue pour sa qualité, la fraise s'écoule sans difficultés et couvre désormais 4,5 ha, soit 100 à 120 000 pieds. La clé du succès ? "Nous pouvons garantir un approvisionnement toutes les semaines pendant 6 /7 mois. Nos clients le savent". Mais le succès reste fragile. "La mouche Suzukii poursuit son avancée. Nos tunnels sont sensibles à la tempête. Et nous dépendons de la main d'oeuvre saisonnière". Car Mickaël Pont le reconnaît volontiers, "la fraise, c'est un travail de fou ! Les tunnels sont déplacés tous les ans à la main". Et en pleine saison, l'exploitation embauche jusqu'à 30 saisonniers. "Mais ce n'est ni de la pomme de terre ni des oignons ! La récolte démarre à 6h du matin et est très minutieuse : il ne faut pas toucher le fruit sinon, il ne se conserve pas". Dans de telles conditions, difficile de constituer des équipes de saisonniers. "Ils ne peuvent pas se déconcentrer ! A nous de les bichonner et de leur garantir une bonne ambiance sur les chantiers".

Un week-end sur 5

Fraises et pommes sont complémentaires : si la récolte des premières s'étale d'avril à octobre, les secondes prennent le relais pendant l'hiver, permettant l'embauche de 3 permanents. Et les poules demandent un travail régulier tout au long de l'année. "Nous assurons un week-end de garde toutes les 5 semaines, détaille l'agriculteur. Mais le travail est allégé au maximum, avec deux heures le samedi et autant le dimanche". Un travail qui devrait être encore simplifié d'ici peu. "Les oeufs sont ramassés à la main. Mais le prochain poulailler sera équipé d'un tapis". Et l'effectif passera de 3 100 à 6 000 pondeuses.

Potimarron et haricot frais

L'exploitation a poursuivi sa diversification, en cultivant du potimarron en dérobé. Et comme pour les autres productions, il s'agit là encore de se démarquer, afin d'éviter la concurrence. "Nous misons sur une mise en marché la plus tardive possible. Cette année, nous avons vendu les derniers potimarrons le 10 mars, pour un taux de perte de 7%".

Depuis deux ans, l'exploitation produit également du haricot frais, semé tous les 4-5 jours. "Le souci, ce n'est pas la commercialisation : la demande est fluide. Mais la production reste compliquée".

Souhaitant s'associer avec ses voisins maraîchers pour commercialiser une partie de sa production, Mickaël Pont a créé un GIE, qui regroupe maintenant 7 agriculteurs et 4 fermes. "Ca nous permet de proposer une large gamme de produits". Et de répartir les tâches au gré des envies de chacun. "Nous ne souhaitions pas faire les marchés. En échange, nous assurons toutes les livraisons". Un groupement d'employeurs lui apporte aussi une plus grande souplesse dans la gestion des permanents.

Circuit court ou long

Pour écouler ses produits, l'exploitation a fait le choix de diversifier ses circuits. "Les oeufs sont vendus en direct dans un rayon de 50 km", détaille Mickaël Pont. Un tiers des fraises part en vente directe, un tiers en circuit long et un tiers à l'industrie. "Pas question de jeter". Et le haricot vert est commercialisé en circuit long. "C'est un produit difficile à produire, donc coûteux, et de ce fait plutôt destiné à des marchés de ville".

 

 

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