Terra 03 avril 2019 à 12h00 | Par Fabienne Garel, présidente de la FDSEA22

Pour une vision réaliste de l’agriculture, prenons la parole !

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Fabienne Garel, présidente de la FDSEA22.
Fabienne Garel, présidente de la FDSEA22. - © Terra

Lors d’une discussion sur les menus de la cantine avec des professeurs de lycée, j’ai été surprise quand l’un d’entre eux a fait la promotion du bio auprès des élèves en disant que cela reflétait l’agriculture du territoire et que l’on trouvait du bio pas cher. J’ai fait remarquer qu’en Bretagne, l’agriculture conventionnelle occupe encore une place importante dans le territoire et qu’il fallait protéger la valeur du bio. Pour maintenir la vitalité du territoire, il vaut mieux un produit de proximité qu’il soit bio ou pas, qu’un produit de l’autre bout du monde.

Après les nitrates, Eau et Rivières de Bretagne s’est trouvé un nouveau dada avec les pesticides. Ils voudraient les interdire. Nous leur souhaitons de ne pas tomber trop souvent sur du datura dans leurs haricots verts ! Les agriculteurs protègent la plante pour fournir une alimentation sécurisée aux hommes et aux animaux et ils le font en professionnels !

Nagui, le célèbre animateur du service public, a sorti une théorie fumeuse sur la part d’émissions de gaz à effet de serre (GES) imputable à l’élevage de bovin. Nous n’oserons pas demander l’impact carbone de l’organisation de ses émissions ! Oui, nos animaux émettent des GES mais il ne faut pas oublier qu'ils transforment des plantes et coproduits indigestes pour l’Homme en lait, viande et œuf. On peut toujours tout contester, même l'utilité des animaux ! Mais dans le contexte actuel - sauf quelques bobos parisiens - qui peut raisonnablement remettre en cause l'utilité de l'activité agricole d'une façon générale, pour l'emploi, l'économie locale, l'environnement, l'aménagement du territoire et la production de produits sains et de qualité. Chacun de ces mots a un sens.

Face à cet agribashing, toutes les paroles comptent pour dire la réalité de notre métier, dans nos familles, jusqu’au sommet de l’État. Par notre activité, nous produisons beaucoup de mots. D’abord des mots simples pour s’adapter aux enfants, vache, veau, lait. Ensuite, des mots pour exercer notre métier, qualité, prix, coût. Enfin, nous produisons des mots compliqués pour bien définir les défis qui nous sont lancés, agribashing bien sûr, bientraitance, méthanogénèse, cancerogénicité. Tâchons tous d’employer les mots correctement parce que les maux que les agriculteurs subissent sont les premiers signes d’un usage malveillant des mots.

Ne laissons pas la parole à ceux qui ne connaissent pas l'agriculture, prenons-la !

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