Terra 21 juin 2018 à 08h00 | Par Chantal Pape

Prestor et Aveltis fusionnent pour donner naissance à Evel'up

Après avoir mis en commun la commercialisation de leurs porcs charcutiers grâce au GIE Éleveurs de porcs en France, les groupements de producteurs Prestor et Aveltis ont fait le choix d'aller encore plus loin. Le 14 juin dernier, à Carhaix (29) leurs assemblées générales respectives ont voté la fusion. Avec 4,2 millions de porcs commercialisés par an, Evel'up devient le numéro deux français.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
De gauche à droite : Olivier Cormier, directeur délégué d'Evel'up, Philippe Bizien, président délégué, Guillaume Roué, président, et Thierry Gallou, directeur.
De gauche à droite : Olivier Cormier, directeur délégué d'Evel'up, Philippe Bizien, président délégué, Guillaume Roué, président, et Thierry Gallou, directeur. - © Terra

"Evel'up pèsera 4,2 millions de porcs charcutiers, 20 % de la production nationale", indique Guillaume Roué, le président de Prestor. Voilà un an que le groupement de producteurs de porcs de Kersaint-Plabennec (29) s'est rapproché d'Aveltis, son homologue de Landivisiau (29) pour la mise en commun de la vente des charcutiers, sous la bannière Éleveurs de porcs en France. "Certes, nous avons enregistré des avancées dans nos discussions avec les acheteurs. Mais il fallait aller encore plus loin", explique le président d'Evel'up. C'est désormais chose faite : les assemblées générales des deux structures, le 14 juin dernier à Carhaix (29), ont validé la fusion, avec effet rétroactif au 1er janvier 2018.

 

Produire ce qui se vend

"Cette fusion, c'était une demande des éleveurs, rappelle Guillaume Roué, en évoquant la crise de 2015. Mais aussi de la Région Bretagne, qui a accompagné notre démarche, y compris financièrement, quand il s'est agi de rapprocher nos deux systèmes informatiques". Une demande aussi des EGA, les États généraux de l'alimentation, qui incitent les éleveurs à se regrouper en OP, organisations de producteurs, pour peser plus au sein de la filière. Mais que penser de la construction "à l'envers" du prix, en partant du coût de production ? "La France ne représente que 2 % de la production mondiale... Difficile de croire qu'on pourra peser sur le prix". La montée en gamme ? "Il nous faut répondre à la demande du consommateur, qui est souvent un peu différente de celle du citoyen, constate, un brin désabusé, Philippe Bizien, président d'Aveltis et président délégué d'Evel'up. Il nous faut produire ce qui se vend. On ne va pas créer la demande". Et de citer l'exemple du Label Rouge, saturé, ou du Royaume-Uni où, à force de vouloir privilégier le bien-être animal, la production a été divisée par trois. "On ne peut pas s'extraire du marché".

 

Installer des jeunes

"Ensemble, nous voulons être plus forts pour préparer l'avenir". Parmi les défis qui l'attendent, Evel'up se fixe pour objectif d'installer une quinzaine de jeunes producteurs par an. "Un objectif ambitieux, reconnaît Guillaume Roué. Pour le moment, nous en sommes à une dizaine. Ce n'est pas suffisant pour assurer la relève". À court terme, le cours du porc inquiète les responsables. "50 % des éleveurs ne couvrent pas leurs coûts de production, calcule le président d'Evel'up. Nous traversons un moment délicat". Et de mettre l'accent sur "deux inconnues majeures : la décapitalisation des petits élevages chinois, qui bradent leur cheptel et inondent actuellement le marché, ce qui ne devrait pas durer. Et la peur de la peste porcine africaine, qui pousse les opérateurs à travailler en flux tendu, par crainte de la découverte d'un foyer qui bloquerait les transactions".

À plus long terme, la baisse régulière de la consommation française de viande de porc fait aussi partie des sujets d'inquiétude. "Même s'il est sur-représenté dans les médias, le veganisme est un vrai courant de pensée", estime Guillaume Roué. Et reprendre la main en termes de communication n'est pas si simple. "Jusqu'à présent, on s'est contenté d'accompagner la consommation. Il nous faut maintenant démystifier l'environnement, le bien-être animal, le volet nutrition-santé...". Et si la consommation progresse à l'échelon mondial, la production croît encore plus vite. "La Russie est devenue autosuffisante. La Chine construit des élevages de 5-10 voire 20 000 truies".

Rétroactive au 1er janvier dernier, la fusion de Prestor et Aveltis donne naissance à Evel'up.
Rétroactive au 1er janvier dernier, la fusion de Prestor et Aveltis donne naissance à Evel'up. - © Terra

Evel'up en quelques chiffres

1 000 éleveurs ;

180 salariés au sein du groupement et 800 en élevage ;

1 siège social à Landivisiau et 4 sites à Kersaint Plabennec, Locminé, Plérin et Châteaulin ;

4,2 millions de porcs charcutiers commercialisés sous 20 signes et labels de qualité ;

2 filiales : Axiom (premier schéma génétique français, né de la fusion) et Evalor (traitement du lisier
et méthanisation).

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes
L’actualité en direct
Infos techniques terra sur Synagri

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui