Terra 01 février 2018 à 01h00 | Par André Sergent, président de la chambre d’agriculture du Finistère

Protéines et souveraineté nationale

Abonnez-vous Réagir Imprimer
André Sergent, président de la chambre d’agriculture du Finistère.
André Sergent, président de la chambre d’agriculture du Finistère. - © Terra

Dans ses vœux à l’agriculture le 25 janvier dernier, le Président Emmanuel Macron a appelé à une vraie stratégie protéine pour les cinq ans à venir afi n d’assurer la souveraineté alimentaire nationale. Il fait le lien entre ce plan protéines et les plans de fi lières des États généraux de l’alimentation. Il souhaite que cette ambi-tion soit reprise au niveau de la PAC. L’amélioration de l’autonomie en protéines de toutes nos fi lières d’élevages est un enjeu pour les années à venir, notamment au regard de notre dépendance aux importations de soja. Rappelons cependant que cette situation est ancienne. Elle prend ses racines dans les origines mêmes de la PAC : en 1962, la CEE décide de privilégier la production de céréales au détriment des oléo-protéagineux. Cette orientation est accentuée en 1992 lors des accords du Gatt de Blair House où, sous pression des États-Unis, l’Union européenne est contrainte de limiter ses surfaces en oléo-protéagineux à 5 millions d’hectares.Ce rapide retour sur l’histoire permet de rappeler que les agriculteurs ne sont en rien respon-sables de cette dépendance aux protéines. Ils en sont les premières victimes ! Je ne veux pas remettre en cause cet objectif d’amélioration de l’autonomie en protéines ; c’est un enjeu majeur pour toutes nos fi lières d’élevages et grandes cultures.Mais, pour inverser la tendance, nous aurons besoin d’une politique volontariste, incitative et cohérente. J’espère que le discours du 25 janvier en est le premier jalon. En terme de cohérence, nous pouvons d’ailleurs regretter la fi n de l’aide PAC aux mélanges "légumineuses-graminées" qui va à l’encontre de l’objectif annoncé par le Président Emmanuel Macron. La volonté politique seule ne suffi ra pas. Il est primordial que les surcoûts engendrés soient pris en compte dans le prix payé aux producteurs.Le consommateur acceptera-t-il de payer ces surcoûts quand on sait que la différence de prix entre soja OGM et non-OGM vient de passer de 80 à 120 € par tonne en quelques semaines ? Au-delà de ces grandes orientations, quelles sont les solutions concrètes pour améliorer son autonomie en protéines ? Les pistes sont multiples et portent sur l’amélioration des teneurs en protéines des fourrages, l’intégration de cultures protéiques pures ou en mélange dans les assolements, la meilleure valorisation des protéines dans nos élevages, l’augmentation des taux de protéines de nos céréales…Les chambres d’agriculture travaillent depuis de nombreuses années sur ces différents sujets notamment dans le cadre du programme européen "SOS Protéines". Dès cette semaine, et tout au long de l’année 2018, vous retrouverez régulièrement dans les pages de Terra des articles et dossiers techniques qui proposeront des solu-tions concrètes pour produire et valoriser les protéines. André SergentLes agriculteurs montrent le chemin, ils s'en-gagent pour l'autonomie protéique... et la sou- Président de la chambre veraineté nationale !

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui