Terra 15 février 2018 à 10h00 | Par Chantal Pape

Quand la main-d'œuvre se fait rare, comment fidéliser ses salariés ?

En agriculture comme dans bon nombre de secteurs d'activité, la main-d'œuvre se fait rare. Dans un tel contexte, il est plus important que jamais de fidéliser ses salariés. Le point avec le CerFrance Finistère, qui en a fait le thème de ses assemblées locales, regroupant désormais tous ses adhérents : agriculteurs, commerçants, artisans, services, professions libérales.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
En tomates, comme dans les autres productions agricoles, il devient compliqué de trouver de la main-d'œuvre.
En tomates, comme dans les autres productions agricoles, il devient compliqué de trouver de la main-d'œuvre. - © Terra

"Dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre, il est vital de conserver son personnel", indique Catherine Fitamant, responsable conseil et développement à CerFrance Finistère. Un avis que partage Guillaume Kerjean. Producteur de tomates à Guipavas, associé à son cousin, il emploie une vingtaine de permanents, épaulés par autant de saisonniers. À peine installé, il a commencé par aller se former au management. "Les mentalités ont changé, constate le jeune serriste. La génération des 25 ans attend surtout de l'argent et une montée en compétence quand les 50 ans recherchent plutôt de la reconnaissance, une implication dans le travail, du respect. À nous d'adapter notre façon de faire".

Une prime au mérite

Au travail, trois mots clés guident son quotidien : échange, surtout pendant le travail où les associés mettent un point d'honneur à partager avec leurs salariés ; écoute, en réunion ou lors des entretiens annuels ; et polyvalence, pour éviter tâches répétitives, routine et troubles musculosquelettiques (TMS). Plutôt que l'intéressement, les associés ont mis sur pied une prime au mérite, qui se décline en trois points : une part commune, calée sur le résultat technique de l'entreprise, et deux parts individualisées, liées l'une à l'efficacité au travail, l'autre à l'assiduité.

"Et nous essayons de garder une ambiance saine et conviviale au travail". Un repas de fin d'année réunit toute l'équipe. "Nous avons pris un abonnement au BBH, le club de hand de Brest, où nous convions à tour de rôle les salariés qui le souhaitent". Et l'employeur de résumer sa stratégie. "En tomates sous serre, la main-d'œuvre est le premier poste de charge. À nous de savoir être efficace".

Cultiver un esprit de famille

Si chez Guillaume Kerjean, l'ancienneté moyenne frôle les 15 ans, il en va tout autrement au Vioben, le restaurant qu'Yvon Morvan tient à Landéda avec sa compagne et une douzaine de salariés et apprentis. "Il est de tradition dans le métier de faire le tour de France, d'aller voir ailleurs. Quand on garde les salariés trois ans, on est déjà contents". Pour autant, la réputation de l'établissement a toute son importance au moment de recruter. Et si être un chef reconnu aide, il a décroché une étoile en 2010 lorsqu'il tenait l'Armen, à Brest, ça ne suffit pas. "Pour fidéliser son personnel, il faut faire preuve de sérieux, de professionnalisme et de rigueur, détaille Yvon Morvan. Mais aussi cultiver un esprit de famille : s'intéresser à la vie des gens, sans être intrusif". Dans ces métiers, "où l'on travaille quand les autres s'amusent", il faut aussi savoir se montrer souple et arrangeant.

Tout plutôt que l'indifférence

"Soyez sincères avec vos salariés". Après ces deux témoignages, Julie Bouchet a dispensé de précieux conseils aux employeurs, sous la forme d'une liste de verbes : déléguer, responsabiliser, communiquer, valoriser les efforts et les qualités... "Pour l'épanouissement des salariés et les performances de l'entreprise, il ne faut pas non plus oublier de leur manifester de la reconnaissance ! Bien évidemment, on peut blâmer si besoin. En fait, on peut tout manifester, sauf de l'indifférence". Et la conseillère en ressources humaines et management du Cerfrance Finistère de mettre l'accent sur l'entretien annuel. "C'est un moment-clé dans la vie de l'entreprise, celui où le salarié peut exprimer ses attentes et ses souhaits". Avant de délivrer un ultime conseil. "Pour une bonne ambiance au sein des équipes, il est important de n'octroyer aucun privilège à l'un ou à l'autre : tous les salariés doivent être traités de la même façon".

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui