Terra 21 mars 2019 à 08h00 | Par Audrey Dibet

Quel devenir pour l'Union des OP légumes

Voilà une cinquantaine d'années que l'UOPLI rassemble les organisations de producteurs bretons de légumes destinés à l'industrie. Les OP ne sont plus que trois à la composer aujourd'hui : la Cecab, Triskalia et la coopérative Clal Saint-Yvi. Mais avec la fusion qui se prépare pour les deux premières, la Clal Saint-Yvi, représentant 5 % des légumes en Bretagne, a choisi de se retirer de l'Union. Le périmètre d'action et les missions de l'UOPLI - essentiellement tournées vers l'irrigation - vont être repensés par les administrateurs.

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Jean-Claude Orhan, président de l'UOPLI.
Jean-Claude Orhan, président de l'UOPLI. - © Terra

"Il est temps de lever l'ancre pour Saint-Yvi, a annoncé Olivier Penn, vice-président de Clal Saint-Yvi, lors de l'assemblée générale de l'UOPLI le 15 mars à Josselin (56). "Nous avons pesé le pour et le contre. La décision a été collégiale. Avec 5 % on ne pèse pas lourd. L'UOPLI devient caduque avec deux entités alors que cinq OP la composaient avant. L'UOPLI doit certainement évoluer comme le paysage agricole breton". Jean-Claude Orhan, président de l'UOPLI, a répondu se donner deux ans pour repenser les missions de l'UOPLI où "on parle beaucoup d'irrigation mais pas que". Il estime qu'il est important de garder cette structure au moins pour "s'afficher collectivement", vis-à-vis des pouvoirs publics. Une réflexion est par ailleurs en cours pour étendre le périmètre d'action de l'Union au Grand-Ouest, et de remettre sur la table le sujet de la Cavac, OP vendéenne jusqu'à présent écartée.


Des besoins en irrigation à satisfaire
En Finistère, Côtes d'Armor et Morbihan, ce sont les ASL irrigation "qui portent les demandes de subvention et qui engagent les agriculteurs dans une charte de bonnes pratiques d'irrigation". Pour être plus efficace dans la gestion des dossiers d'irrigation, et aussi en phase avec les instances administratives et avec une gestion de l'eau à l'échelle de la Bretagne, les élus envisagent de regrouper les trois ASL départementales - ASL Cornouaille irrigation, Armor irrigation et Irrigation du Morbihan - en une seule structure régionale. Leur fonctionnement sera aussi à repenser pour relever les enjeux bretons en matière d'irrigation. "Je ne vous cache pas ma déception sur l'avancée des dossiers d'irrigation, appuie Jean-Claude Orhan, estimant que l'interprétation de la loi par l'administration est trop divergente. "Nous demandons que les dossiers soient instruits sur des critères objectifs. Les taux de réussite des projets sont de un sur dix. Deux dossiers ont malgré tout abouti dans le Morbihan. On ne fait que récupérer l'eau de pluie. On est dans de l'irrigation d'appoint", plaide-t-il. Et Jean-René Menier, élu à la chambre d'agriculture, de pointer les à peine 1,5 million de mètres cube de stockage créés sur les vingt dernières années en Bretagne. "C'est peanuts par rapport aux besoins de la Bretagne". Pour Jean-Claude Orhan, "l'irrigation est une assurance pour la pérennité de la production. La filière légume bretonne sera ou ne sera pas selon l'évolution de ce dossier".


Une baisse des surfaces mais une progression du bio
L'UOPLI a comptabilisé en 2018 près de 20 000 hectares emblavés en légumes, principalement en pois, haricot, flageolet, épinard. Un chiffre qui se stabilise depuis quatre ou cinq ans, quand historiquement la Bretagne se situait plutôt à 24 000 hectares. "Dans un contexte de restructuration, dans des systèmes de polyculture élevage, le légume industrie ne pèse pas dans la balance contrairement aux régions de plaine. Le légume n'est pas la priorité sur de gros quotas laitiers", estime le président de l'UOPLI.
La surface en agriculture biologique s'élève elle à 580 hectares. "On pensait plus développer les légumes bio en Bretagne. Force est de constater qu'on a des difficultés à trouver des producteurs", souligne Jean-Claude Orhan. Les contraintes techniques et le manque de main d'œuvre freinent le développement de la production bio où les variations de volumes et les taux d'abandon sont en outre beaucoup plus importants qu'en conventionnel. Le président de l'UOPLI reste de toute façon prudent sur la progression de la demande : "Il ne faut pas s'emballer et produire sans s'assurer de débouchés. On arrive à des plafonds de consommation sur certains légumes". "De plus en plus d'OP font du bio sur le territoire national", constate pourtant Simon Legros du Cénaldi (interprofession). En haricot les surfaces en bio ont notamment progressé de 91 % entre 2017 et 2018. Près de 5 % des haricots semés en France et 3 % des pois le sont aujourd'hui en agriculture biologique.

En Bretagne, la surface emblavée en légumes toutes productions confondues (conventionnel et bio), se stabilise autour de 20 000 hectares. Sur le territoire national, la tendance est à la baisse : on se dirige, pour 2019, vers une diminution de 6 % des surfaces selon l'interprofession.
En Bretagne, la surface emblavée en légumes toutes productions confondues (conventionnel et bio), se stabilise autour de 20 000 hectares. Sur le territoire national, la tendance est à la baisse : on se dirige, pour 2019, vers une diminution de 6 % des surfaces selon l'interprofession. - © Terra

Résultats de campagne "moyens"
"La conjoncture économique de nos productions est toujours difficile. La campagne 2018 est très contrastée avec des résultats moyens à très moyens selon les légumes", évalue Jean-Claude Orhan. Les pois affichent un important déficit en France comme en Bretagne où il manque 10 000 tonnes pour atteindre les attentes de début de campagne (déficit de 18 %) suite à des conditions printanières très difficiles qui n'ont pas pu être rattrapées. Bien que "le règlement industriel soit en hausse pour compenser les faibles rendements", souligne Simon Legros, de l'interprofession, "la valeur nette agricole (résultat moins les charges et les cotisations) est à son plus bas niveau depuis 2010".
En haricot en revanche, les très bons résultats techniques ont permis de compenser la baisse des surfaces (-8 %) en Bretagne. La valeur nette agricole a augmenté.
Les emblavements en flageolets ont diminué en Bretagne tout comme dans le Sud-Ouest au profit de la région Nord. Baisse des surfaces également en épinard qui a connu son plus faible niveau d'emblavement depuis 1999 au niveau national.

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