Terra 17 octobre 2014 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Remplacement : comment gérer les situations difficiles ?

Si les salariés sont de plus en plus nombreux en agriculture, leur mission peut s'avérer parfois délicate quand ils interviennent dans des situations difficiles. Quelle posture adopter dans ces cas là ? Comment détecter une personne en souffrance et comment gérer ses propres facteurs de stress ?

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"Depuis que j'ai commencé ma carrière comme salarié agricole, j'ai déjà été confronté quatre fois au suicide", témoigne un des participants à la formation organisée dans le cadre d'un partenariat sur la prévention des risques, entre le service de remplacement d'Ille-et-Vilaine et la MSA. Fort heureusement, cet exemple reste marginal, "mais les derniers chiffres traduisent une augmentation du nombre de suicides de façon générale", prévient Caroline Blanche, psychologue du travail et formatrice au sein d'Atout formation. Burn out, crise suicidaire.... la psychologue s'est attachée à montrer aux salariés les signes de ces souffrances, comment interpréter certains comportements, car "si le salarié ne peut pas tout porter sur son dos, c'est important d'avoir les clés pour détecter des signaux d'alarme, être en quelque sorte une sentinelle, c'est avoir une fonction citoyenne de repérage. Dans un premier temps, le salarié peut intervenir pour créer le dialogue, puis contacter la MSA".


Manque de perspective, surcharge de travail, horaires décalés, baisse de revenu, isolement géographique et humain, crises successives... Les éleveurs sont en première ligne devant tous ces facteurs qui peuvent
petit à petit entraîner une personne dans le stress, la détresse voire même les burn out. D'ailleurs, comment définir ce qu'est un burn-out ? "C'est quelqu’un qui se consume de l'intérieur, et ce n'est pas forcément visible de l'extérieur", explique Caroline Blanche. Tout le monde peut y être sujet, mais les professions avec un investissement humain sont particulièrement exposées. L'autre volet de cette formation consiste à s'interroger sur ses propres limites, mesu- rer et le cas échéant, développer ses compétences psychosociales. Par exemple, la capacité de dire non n'est pas toujours facile à mettre en place au quotidien. Pourtant, dire non, c'est savoir dire oui à soi-même, et c'est déjà commencer à se prémunir face à l'épuisement professionnel. Les facteurs de risque sont nombreux, mais ceux de protection existent aussi. Cela passe par exemple par le travail en coopération, favoriser la pratique de loisir et tout ce qui va dans le sens de la convivialité, du lien social, et de la communication.

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