Terra 07 juin 2018 à 08h00 | Par Chantal Pape

Reprise de Doux : la Région s'engage et débloque 20,9 millions d'euros

Réunie à Châteaulin (29) lundi dernier, la commission permanente du conseil régional a acté un budget de plus de 20 millions d'euros d'aide à la reprise des activités de Doux et à la réorganisation de la filière volaille bretonne. Revue de détail avec Loïg Chesnais-Girard, le président de la Région Bretagne

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Le 4 juin dernier, le bureau du conseil régional a été délocalisé à Châteaulin (29) pour évoquer le dossier Doux.
Le 4 juin dernier, le bureau du conseil régional a été délocalisé à Châteaulin (29) pour évoquer le dossier Doux. - © Terra

Après Bruxelles, il y a quelques mois, le conseil régional a de nouveau délocalisé sa réunion de bureau, le 4 juin dernier. Et cette fois, c'est au lycée de l'Aulne, à Châteaulin (29) que les élus se sont retrouvés en matinée, avant d'être rejoints par la commission permanente dans l'après-midi. "Nous avons évoqué l'accessibilité de la Bretagne et le rapprochement d'aucy-Triskalia", détaille Loïg Chesnais-Girard. Mais c'est surtout de la reprise de Doux, dont le siège se situe à quelques kilomètres de là, dont il fut question.

Reconquérir le marché intérieur

"La Région s'est engagée sur un financement de 20,9 millions d'euros", rappelle le président, satisfait de voir que le dossier de reprise se base "sur une transformation du modèle de production de la volaille en Bretagne au service du bien manger, au cœur de la stratégie de la Région pour les années à venir".

Pour aider cette transition, le conseil régional accordera une aide de 12 millions d'euros pour la construction d'une nouvelle usine de volaille fraîche, à Châteaulin. "Le groupe LDC veut reconquérir le marché intérieur avec une volaille française tracée, de qualité, répondant à la demande du consommateur". De nouvelles souches seront utilisées pour des poulets lourds, 3,3 kg contre 1,8 kg pour l'export, ce qui nécessitera de repenser la chaîne d'abattage et de construire un nouvel outil, pour un investissement estimé à 60 millions d'euros.

De son côté, Almunajem a fait le choix de continuer à produire du poulet export sur Châteaulin. "L'usine doit être modernisée, indique Loïg Chesnais-Girard. Et nous l'aiderons à hauteur de 1,2 million d'euros". Tout comme la Région accompagnera d'autres investissements du groupe LDC, pour un montant de 2,4 millions d'euros, ou du groupe Terrena, pour 2,6 millions d'euros.

La Région au capital de Yer Breiz

La Région va également devenir actionnaire de Yer Breiz, pour un montant de 2 millions d'euros. Portée par LDC, Almunajem, Triskalia et Terrena, cette société regroupera les éleveurs, l'accouvage et l'aliment. "Ce sera la première fois en France qu'une région entrera au capital d'une entreprise", rappelle Loïg Chesnais-Girard. Une première autorisée par les récentes lois de décentralisation. "En amont des pratiques commerciales des uns et des autres, Yer Breiz est un outil commun qui va fédérer la filière. Nous y jouerons le rôle de catalyseur, afin que tout le monde travaille dans le même sens et qu'on garde le cap".

Aider éleveurs et salariés

"Nous voulons préparer l'agriculture et l'agroalimentaire de demain, affirme Loïg Chesnais-Girard pour expliquer l'engagement de la Région Bretagne dans le dossier Doux. C'est un projet offensif. Pas dénué de risques mais porteur d'espoir. Et qui a eu la préférence des éleveurs et des salariés".

Des éleveurs que la Région va maintenant rencontrer. "Pour le volet grand export, il n'y aura pas de grand changement pour eux. Par contre, pour produire pour le marché du frais, les conditions d'élevage seront différentes, tout comme les contrats. C'est un travail de longue haleine qui est maintenant à réaliser, le temps que l'usine sorte de terre, d'ici 24 mois". "Nous allons aussi les accompagner, rajoute Olivier Allain, vice-président en charge de l'agriculture. Notamment via un PCAEA* renforcé pour les investissements nécessités par le changement de cahier des charges".

La Région va aussi aider à la mobilité géographique des salariés, pour un montant de 0,7 million d'€. "Il est encore trop tôt pour savoir précisément le nombre de licenciements, affirme Loïg Chesnais-Girard. Chacun a reçu au moins deux propositions, à moins de 30 km de chez lui. Mais les corps ont souffert. Et après sept ans de stress, les esprits sont échaudés. Des cessations anticipées d'activité pourront être envisagés pour certains".

* Plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles.

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