Terra 07 décembre 2018 à 16h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Réseaux sentinelles : premier maillon de la chaîne de prévention du suicide

Il existe en Bretagne des bénévoles formés à la prévention du risque suicidaire, appelés "sentinelles". Sensibilisées à cette problématique, des personnes sur toute la Bretagne sont recrutées et formées par les MSA de Bretagne. Elles étaient réunies le 22 novembre dernier à Loudéac lors d'une journée de formation et d'échanges.

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Le docteur Véronique Maeght-Lenormand, référente nationale, Philippe Meyer, directeur et Bernard Simon, président de la MSA d'Armorique, Didier Le Pimpec, président de la MSA Portes de Bretagne et sa directrice Marine Marot.
Le docteur Véronique Maeght-Lenormand, référente nationale, Philippe Meyer, directeur et Bernard Simon, président de la MSA d'Armorique, Didier Le Pimpec, président de la MSA Portes de Bretagne et sa directrice Marine Marot. - © Terra

Quatre régions sont confrontées à une surmortalité par suicide : les Hauts de France, la Bretagne, la Bourgogne-Franche-Comté et l'Auvergne-Rhônes-Alpes. Face à la prévalence du risque de suicide des exploitants agricoles, en 2011, le ministre de l'Agriculture à l'époque donne mission à la MSA d'instaurer un plan national d'actions qui conduit à la création d'un dispositif d'écoute téléphonique, "Agri-écoute" accessible 24 h/24, 7 jours sur 7 et à la création d'une cellule pluridisciplinaire de prévention sous la forme d'un guichet unique. Puis en 2013, la MSA d'Armorique est l'une des premières à mettre en place le réseau sentinelles, repris en région puis à l'échelle nationale. 124 personnes anonymes, simples citoyens œuvrant en milieu rural, tentent de repérer et d'orienter les agriculteurs et salariés en souffrance. "On observe une forte augmentation des signalements et une baisse des situations d'urgence", note le président de la MSA d'Armorique, Bernard Simon.

 

Une accumulation des difficultés

On le sait, le contexte économique agricole, la charge de travail, l'isolement... plongent parfois des hommes et des femmes en situation de mal-être ou de grande détresse. Et pas que des exploitants seuls sur de petites structures. "Beaucoup d'exploitants, en société", pointe également Didier Le Pimpec, président de la MSA Portes de Bretagne. Cependant, les chiffres recueillis à partir de la cellule téléphonique Agri-écoute depuis mars 2018, convergent vers davantage d'appels ayant pour cause des difficultés d'ordre personnel, avant la cause économique. Des problématiques de vie sentimentale, d'isolement, de solitude, de surcharge mentale de proche aidant... "La majorité sont âgés de 45-65 ans. C'est un âge où il y a la charge des parents vieillissants, la question de la succession de son outil, l'arrivée des problèmes de santé", détaille le docteur Véronique Maeght-Lenormand, référente nationale des MSA.

 

Des formations régulières

"Nous avons plus de 100 signalements par an de prises en charge par la MSA d'Armorique, qui peuvent parfois aller jusqu'à l'appel du Samu et l'hospitalisation en cas d'urgence", explique Philippe Meyer, directeur général de la MSA d'Armorique. Formés aux repérages des risques, à la la technique d'écoute et aux postures à adopter, le sentinelle n'a pas pour rôle d'assurer la prise en charge mais celui de faciliter l'accès aux structures spécialisées. Il s'agit de bénévoles anonymes - agriculteurs, élus, salariés d'organisations agricoles... - vivant en milieu rural, en contact avec le monde agricole mais toujours anonymes, "pour les préserver eux-mêmes et ne pas se substituer au réseau des professionnels". Des formations régulières sont encadrées par des docteurs en psychologie, des médecins spécialisés et des référents nationaux. "On ne les livre pas à eux-mêmes car eux aussi seraient en difficulté. Et puis, c'est une vraie reconnaissance de leur rôle et de leur utilité sociale".

Les MSA entendent continuer à développer le réseau en formant de nouvelles recrues. Un réseau qui s'étoffe puisqu'en 2018-2019, un réseau de sentinelles de salariés volontaires des OPA se constitue élargissant le réseau de veilleurs auprès des exploitants et des salariés agricoles.

 


L'écoute 24h/24 7 jours sur 7

Agri'écoute, le service d'écoute et d'aide psychologique proposé par la MSA à ses assurés, disponible pour dialoguer anonymement et de façon confidentielle : 09 63 39 29 19.

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