Terra 20 février 2014 à 08h00 | Par Laurent Kerlir Président de la chambre d’agriculture du Morbihan

Restauration hors foyer : tirons notre épingle du jeu

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Le Morbihan, premier département français en production de volaille de chair. Le Morbihan, 85% de volaille consommée en restauration hors foyer (cantines, restaurants d’entreprise, plats préparés..) d’origine étrangère. Que fait-on ? On continue à déplorer la situation, la concurrence des prix assise sur le dumping social l’incapacité de nos filières de production à s’organiser en interne pour se repositionner sur ces marchés à enjeux forts, à voir nos outils industriels se vider inexorablement de leurs emplois, etc. Ou bien on bouge enfin les lignes, quitte à contourner les acteurs bloquants et bien connus, qui ne veulent surtout que rien ne change ?

Les crises alimentaires mettent régulièrement au jour les déviances de certains opérateurs dans les différents maillons des filières mondialisées. Mais le "local" est-il vraiment une panacée pour répondre aux attentes des consommateurs et des acteurs de la RHF, ainsi qu’aux agriculteurs qui réclament du revenu ? Qu’entend-on par "produits locaux alimentaires" ?

Je défends l’idée que le concept de produits locaux est incontestablement lié au maillon de la production, c'est-à-dire au territoire sur lequel on cultive et on élève. Ce n’est qu’ensuite que l’on peut lui attacher les autres maillons de transformation et de vente. Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement que le concept de "produire local" et donc "d’acheter local" s’applique tant aux produits en circuits courts (vente à la ferme, sur les marchés, dans les magasins fermiers…) qu’aux produits en filières longues produits, transformés et commercialisés sur le territoire.

La nuance est de taille, car elle permet aux produits alimentaires bretons d’être crédibles et de pouvoir répondre aux contraintes de cette restauration hors foyer. Nous, en tant que parents voulons dans les cantines pour nos enfants des repas sains, de qualité et qui aient du goût. Les industriels eux veulent de la traçabilité et un approvisionnement sans faille. Les collectivités sont quant à elles aujourd’hui interpellées par les citoyens sur la défense des emplois, l’empreinte carbone et l’origine locale de l’approvisionnement dans la restauration collective. Il ne tient qu’à nous profession agricole de dépasser nos a priori, de structurer une offre complète de gammes de produits, d’organiser et de mutualiser des moyens et des compétences logistiques, de mettre en relation producteurs et acheteurs. De l’intention il faut aujourd’hui passer à l’incitation et ensuite à l’organisation. C’est une ambition qui est en train de naître à l’échelle du Morbihan et j'en suis convaincu passera ensuite au niveau breton. C’est le projet d’une charte de l’alimentation qui rassemble la profession agricole, les collectivités locales et départementale, l’État, les partenaires consulaires et les représentants des consommateurs. Sachons cette fois-ci tirer notre épingle du jeu et ramener aux producteurs la valeur ajoutée.

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