Terra 01 avril 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Retrouver de la compétitivité

Cette année, la FDSEA avait invité Xavier Beulin, président de la FNSEA, à participer aux travaux de son assemblée générale, le 17 mars dernier. De l'environnement à la sur-administration en passant par les prélèvements fiscaux et sociaux, il fut beaucoup question, tout au long de la soirée, d'un nécessaire retour à la compétitivité de l'agriculture française !

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De gauche à droite : Emile Riou, vice-président de la FDSEA, Pascal Prigent, secrétaire général, Philippe Quillon, trésorier, et Thierry Merret, président. © Chantal Pape De gauche à droite : Xavier Beulin, président de la FNSEA, et Thierry Merret, président de la FDSEA. © Chantal Pape Jean-Marc Quiniou (à gauche) et Jean-Alain Divanac'h ont rappelé, en images, une actualité 2014 intense po © Chantal Pape Xavier Beulin, président de la FNSEA © Chantal Pape Salle comble, le 17 mars dernier à Plougastel Daoulas, pour la 68ième assemblée générale de la FDSEA. © Chantal Pape

 

"On met en place des contraintes, mais on ne prévoit jamais la sortie". Déclaration de flux, bassins versants en contentieux, directive nitrates... : cette année encore, l'environnement s'est invité à l'assemblée générale de la FDSEA, le 17 mars dernier, à Plougastel Daoulas. "Sur l'Aber Wrach, c'est l'équivalent de 250 emplois qui ont été supprimés, s'indigne François Plougastel. Nous étions le canton qui installait le plus. Aujourd'hui, la diminution du nombre de paysans y est 10% supérieure au reste du département". Et le responsable de dénoncer des contraintes qui n'ont plus lieu d'être. "Le taux de nitrates a baissé de 5 points en 2014, pour se situer à 35,7 mg de moyenne. Nous sommes pris en otage par les différents ministères français, qui n'ont pas transmis ces résultats à Bruxelles. Et par la commission européenne".

 

Gouverner

 

"Il est temps de nous remettre dans la norme européenne, ni plus ni moins", plaide Xavier Beulin. "Mais aujourd'hui, la France n'est plus gouvernée mais administrée", constate Thierry Merret, le président de la FDSEA. Une analyse que partage le président de la FNSEA, exemples à l'appui. "La présence de Manuel Valls sur une exploitation porcine, la semaine dernière, montre sa volonté d'essayer d'apporter des réponses efficaces aux différents points que nous lui remontons. Mais nous constatons un tel écart entre les engagements des ministres et les textes qui sortent des réunions techniques !" Autre sujet d'inquiétude. "Santé, éducation, numérique... les territoires ruraux sont laissés à l'abandon ! Va-t-on vers une France à deux vitesses ?"

 

Redynamiser

 

Pour redynamiser ces territoires, Xavier Beulin demande à l'Etat de s'engager à redonner de la compétitivité et l'envie d'entreprendre à l'agriculture. "Aujourd'hui, les prélèvements fiscaux et sociaux captent 57% du revenu. Dans ces conditions, comment investir ? Moderniser ?" Et de citer une étude sur la production laitière. "L'an passé, il a manqué, en moyenne, 10 000 € d'investissement sur chaque exploitation, ce qui représente 600 millions d'€ au niveau national pour se mettre à niveau avec nos voisins".

 

Contractualiser

 

Mais Xavier Beulin n'attribue pas aux seules politiques nationale ou européenne toutes les difficultés que traverse notre agriculture. "Il faut trouver des solutions à court terme pour la crise du porc. Mais, à plus long terme, il va falloir réfléchir aux relations commerciales au sein de la filière". Et le président de la FNSEA d'enfoncer le clou. "Il manque 20 €/porc ! Il faut chercher des solutions du côté de la contractualisation". "On a déjà essayé, répond aussitôt Daniel Picart, le président du Marché du porc breton. Et ça ne fonctionne pas puisqu'il n'y a pas, pour le moment, de marché de pièces contractualisé". "La salaisonnerie est entre le marteau et l'enclume, reconnaît Xavier Beulin. Il faudrait une contractualisation qui aille jusqu'au bout à de la filière". Une idée loin d'emporter l'adhésion des éleveurs finistériens. "Et pourquoi ne pas contractualiser le prix des céréales ? Elles représentent 70% de notre coût de revient. Et leur prix fluctue de 30 à 40%".

 

Etiqueter

 

Les Jeunes Agriculteurs, eux, ont décidé de passer à l'action avec "la viande de nulle part". "Nous voulons obliger les industriels à indiquer l'origine des viandes sur leurs produits, de façon à ce que le consommateur puisse acheter en toute connaissance de cause", indique David Louzaouen, le secrétaire général des JA. Lancée il y a quelques semaines seulement, cette opération de communication produit déjà "quelques changement au niveau des GMS". Si les JA en attendent un effet sur les prix, ils s'insurgent aussi contre le comportement de certains transformateurs. "Dans nos élevages, on nous oblige à une traçabilité totale. Pourquoi la même exigence de transparence ne s'appliquerait pas tout au long de la filière ?"

 

Proposer

 

"Nous sommes un syndicalisme de revendications mais aussi de propositions". Si la phrase est de Xavier Beulin, elle s'applique aussi à la FDSEA du Finistère qui, cette année encore, a profité de son rapport d'orientation pour multiplier les idées pour "transmettre un héritage économique aux générations futures". "L'envie et la volonté de nos anciens ont su faire de notre région agricole l'une de plus riches de France. rappelle Pascal Prigent, le secrétaire général de la FDSEA. Nous avons des atouts formidables et de vraies raisons d'espérer,Sachons bâtir une nouvelle organisation de la production, remettre en cause nos structures et secouer nos élus pour transmettre à notre tour une Bretagne dynamique, qui permette à nos enfants de vivre, décider et travailler au pays".

Jean-François Morvan, le président de la section canine de la FDSEA
Jean-François Morvan, le président de la section canine de la FDSEA - © Chantal Pape

Une nouvelle section à la FDSEA

 

"Il devient très difficile de vivre de l'élevage du chien. En quelques années, la TVA est passée de 5,5 à 10 puis à 20%, alors que, comme dans les autres secteurs de l'agriculture, nos charges n'ont fait qu'augmenter". C'est la raison qui a poussé Jean-François Morvan à se tourner vers la FDSEA, pour y créer une nouvelle section qui dénonce, entre autres, "une concurrence déloyale des éleveurs amateurs".

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