Terra 23 janvier 2014 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Réunions se préparer à l'après quotas

Depuis le 17 janvier et jusqu'au 5 février prochain, la chambre d'agriculture organise 7 reunions d'informations pour se préparer à l'après quotas et découvrir les accompagnements qu'elle propose.

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Alain Guihard, Romain rétif et Bertrand Couedic pour faire le point sur la nouvelle Pac et l'après quotas.
Alain Guihard, Romain rétif et Bertrand Couedic pour faire le point sur la nouvelle Pac et l'après quotas. - © claire le clève

 

Au programme, approche prospective, plan d'actions de la profession, évolutions de la PAC et environnementales récentes. Des sujets qui ont fait le plein, vendredi dernier à Questembert.

 

Difficile de trouver encore une chaise de libre, vendredi dernier pour la première des réunions déroulées par la chambre d'agriculture du Morbihan sur l'après quota. A partir de scénari imaginés à l'horizon 2025 sur ce que pourrait être l'avenir laitier breton,"attention, la prospective ne prédit pas l'avenir", tempère l'économiste Arnaud Haye, la profession a opté pour l'un d'entre eux, le meilleur à ses yeux. "Celui qui maintient le plus d'éleveurs laitiers en répondant aux demandes du marché mondial, avec un prix élevé du lait", justifie Alain Guihard, président du CRDA de Questembert.

 

Une Bretagne à 6 milliards de litres

Un scénario où sont passés au crible nombre de départs en retraite, cessations anticipées, arrêts de la production, regroupement et installations. "Avec 100 installations annuelles en Morbihan, on est bien loin de compenser les départs en retraite", pointe l'éleveur laitier de St Dolay. Têtue est l’évolution tendancielle qui souligne qu'en 10 ans, de 2002 à 2012, la profession a perdu 30 % de ses exploitations. Dans 10 ans ? Même pente pour arriver en 2025 à plus de 7000 exploitations laitières en Bretagne faisant valoir chacune une SAU de 125 ha pour plus d'un million de litres produits par 130 vaches. Face à ces données prospectives, la profession a fixé son cap, "produire 6 milliards de litres de lait soit 18 % de plus qu'en 2012". Un objectif qui se décline avec 9 000 exploitations laitières, 665 000 l par exploitation de 90 vaches en moyenne.

 

Accompagner

"La productivité du travail va augmenter, pour y parvenir c'est deux fois plus d'équivalents temps pleins salariés", pointe le responsable. Un facteur qui risque d'être limitant. En ligne de mire, il faudra garder un lait de qualité et en quantité, adapté aux besoins. C'est aussi répondre à la segmentation importante des marchés. C'est développer l'exportation. Pour y parvenir coté producteurs ? "Il va falloir renforcer la compétitivité et la durabilité de nos entreprises, renforcer l'attractivité de nos métiers et s'adapter au marché". La profession renforce son ordre de marche sur 7 points. Il s'agit tout d'abord de professionnaliser la fonction de chef d'entreprise, de renforcer la compétitivité des exploitations laitières, d'adapter financement et fiscalité, valoriser l'image du métier, améliorer les conditions de travail, favoriser installations et transmissions et adapter les systèmes de productions aux différents marchés. Pour ce faire, complémentarités et spécificités devront être valorisées. Autant de points sur lesquels la chambre entend bien accompagner les conditions de réussite de cette évolution. Tous ces facteurs sont identifiés. Ils vont de la capacité des agriculteurs à prendre par eux mêmes leurs décisions, en passant par l'existence d'un dialogue "de qualité" entre producteurs et transformateurs. Cela passe également par l'appui des collectivités et pouvoirs publics au développement de l'élevage, une recherche et développement "pragmatique", un accompagnement technico- économique performant et "une orientation d'un maximum d'exploitations vers l'AEI".

 

Se poser les bonnes questions

"Doubler de volume de production, ce n'est pas l'objectif. Posons nous les bonnes questions. C'est le moment. Est ce que ce n'est pas avant tout améliorer l'existant", insiste Alain Guihard devant une salle que les nouveautés réservées par la PAC interpellent également. "Le volume ne garantit pas le revenu", pointe un éleveur. "Nous n'aurions pas tout cela à débattre si nous avions un bon prix. Le véritable problème est là", insiste une agricultrice qui poursuit, "nous nous sommes mis aux normes, il faut de nouveau investir pour des mesures qui nous sont imposées. Nous sommes coincés entre la banque et le réglementaire" déplore-t-elle.

Entre fin des quotas et nouvelle Pac, ce sont de nombreuses évolutions à assimiler et pour lesquelles il faudra se positionner. "La chambre vous propose une série d'accompagnements, soit par le biais du regard extérieur d'un technicien soit collectivement avec l'appui d'un conseiller, n'hésitez pas" assure l'élu. Un message qui sera porté au cours des réunions à venir, à Vannes le 31 janvier prochain puis le 5 février à Ploermel, à la chambre d'agriculture.

 

Claire Le Clève

 

 

Légendes

Une salle pleine

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