Terra 02 août 2018 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

"Roxane" met en scène des poules pondeuses en Centre Bretagne

La comédie "Roxane" (titre provisoire) a été tournée en Centre Bretagne avec Guillaume de Tonquédec et Léa Drucker en juillet. L'histoire des péripéties d'un éleveur de poules pondeuses amoureux de théâtre. Encadré par de "vrais" éleveurs de volailles du Centre Bretagne, le film se veut au plus proche de la réalité.

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Au centre, l'acteur Guillaume de Tonquédéc entouré des éleveurs, 
Jean-Pierre Jouanny (à gauche) et Jacques Lotout.
Au centre, l'acteur Guillaume de Tonquédéc entouré des éleveurs, Jean-Pierre Jouanny (à gauche) et Jacques Lotout. - © Terra

"Action !". Dans les locaux de Plumatech(1) à Plaintel (22) investis par l'équipe technique mobilisée sur le tournage du film "Roxane", le silence se fait. Personne ne bouge, on peut à peine murmurer. Les téléphones sont coupés. Une petite dizaine de minutes plus tard : un "coupez !" met fin à l'attente, chacun retourne à son activité, les discussions reprennent. Ce matin de 9h à 13h, les acteurs Guillaume de Tonquédec et Jean-Yves Lafesse ne cessent d'enchaîner la même scène, le même texte, les mêmes gestes. Le premier est Raymond un éleveur de poules pondeuses viré brutalement par le patron de la coopérative "Gwened Coop" joué par l'humoriste. Dans le bureau, la caméra filme et le perchman les bras levés prend le son au plus près des acteurs sous le regard aiguisé de la toute jeune réalisatrice Mélanie Auffret âgée de 27 ans. "Roxane" est son premier long métrage, une comédie tournée de A à Z en Centre Bretagne. Remarquée par la société de production Quad Films qui a produit par le passé "Intouchables", Mélanie Auffret cosigne le scénario du film avec Michaël Souhaité dans lequel jouent également Léa Drucker, Michel Jonasz ou encore Lionel Abelanski au côté de Guillaume de Tonquédéc (star de la série Fais-pas ci, fais pas ça).

 

Une comédie loufoque qui met en scêne des poules

Le comédien Guillaume de Tonquédec alias "Raymond Leroux de Corlay" est éleveur de poules pondeuses bio dans une ferme bretonne. Raymond se passionne en secret pour le théâtre et déclame dans sa ferme des vers de Cyrano de Bergerac à ses volatiles. Menacé de faillite, il se met en tête de mettre en scène des pièces avec ses poules et les filmer dans l’espoir de faire le buzz sur internet... Sa poule fétiche baptisée Roxane, comme l'héroïne de la pièce d'Edmond Rostand, tient une place à part entière dans le long métrage. "Parmi les éléments qui nous ont plus, il y a la relation de Raymond avec sa poule domestique et l'émancipation qu'il connaît par le théâtre et la littérature. Ce qui nous intéresse, ce sont des sujets de fond au travers de comédie", explique Foucault Barré de la maison de production Quad Films. Repérée grâce à son court-métrage "Sois heureuse ma poule", Mélanie Auffret traitait déjà de façon humoristique de la relation d'un éleveur avec ses poules, qui mécontentes de l'évolution de leur élevage, décidaient de faire grève en cessant de pondre leurs œufs. "Nous avons senti chez Mélanie [Auffret] une volonté de faire du cinéma, elle a un savoir-faire, de la conviction et la connaissance de ce monde-là", ajoute le producteur.

En effet, la réalisatrice est petite-fille d'agriculteurs sur la commune de Corlay (22). D'où ce désir de retourner aux sources avec 37 jours de tournage en Centre Bretagne en juin et juillet. La commune de "Corlay" est mise en avant, on y voit aussi le Crédit agricole de Saint-Nicolas-du-Pélem.

 

Une recherche de pécision et de réalisme

Dans ce projet, la jeune scénariste s'est attachée à la précision de l'histoire et à son réalisme. Comme le film prête aux poules des émotions, dix poules blanches ont été dressées pendant un mois et demi pour "jouer" le rôle de Roxane : tenir sur l'épaule, monter dans une voiture, rester statique... afin que la caméra capte au plus près les expressions des volatiles. Jacques Lotout, éleveur de poulettes à Canihuel a supervisé la partie "technique" du film, de la lecture du scénario à la formation de l'acteur principal, en passant par un petit rôle dans le film. Guillaume de Tonquédec est venu en amont du tournage préparer son rôle, participant par exemple à un enlèvement de volailles avant de le jouer en situation réelle pour les besoins du scénario.

Dans un souci d'authenticité, c'est dans la ferme de Jean-Pierre Jouanny, éleveur de pondeuses plein-air à Saint-Connan (22), que les scènes ont été tournées durant dix jours. Plus exactement dans l'un des deux bâtiments, un poulailler de 12 000 poules où un lot de pondeuses en fin de ponte ont joué les figurantes. "Pour des raisons sanitaires, l'entrée du parcours et du bâtiment était limitée au stricte minimum avec désinfection des personnes et du matériel", précise Jacques Lotout. Grâce à des petits parcs de 400 à 1 000 poules, les deux éleveurs ont géré les animaux, les regroupant autour de l'acteur principal au moyen d'eau et d'aliment ; préparant les poules pour les donner aux acteurs, lors du tournage de l'enlèvement du lot. Les "vrais" éleveurs ont apprécié le professionnalisme et l'intérêt que les acteurs ont porté à l'élevage par les questions qu'ils ont posées. "Les moments de pause se prêtent aux discussions, les acteurs se sont très bien imprégnés du métier d'éleveur", rapporte Jacques Lotout. Reste à patienter jusqu'au printemps prochain pour découvrir ce film totalement made in Centre Bretagne.

Emmanuelle Le Corre

 

(1) Plumatech fabrique des doigts de plumeuse.

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