Terra 19 juin 2015 à 08h00 | Par H.Bonneau

Salariés agricole : l'enjeu de la compétence

C'est lors d'une assemblée générale commune que le Sdaec et Terralliance ont présenté les chiffres des groupements d'employeurs. La demande est toujours croissante pour le service de remplacement qui souhaite recruter des employés qualifiés.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Une table-ronde a été organisée pour favoriser les échanges entres salariés et employeurs.
Une table-ronde a été organisée pour favoriser les échanges entres salariés et employeurs. - © H.B


"Nous avons maintenu le cap cette année. L'enjeu est toujours d'assurer les emplois des 184 salariés temps pleins de la structure en répondant aux besoins de nos adhérents", confie Sylvie Le Clec'h-Ropers, directrice du Sdaec et de Terralliance. Ce sont très exactement 295 532 heures qui ont été effectuées par les salariés des groupements en 2014. Un chiffre en augmentation de 6 % en un an, avec une saisonnalité importante de mi-juin à mi-septembre, comblée grâce à l'embauche de 35 équivalents temps plein sur cette période. Une nombre d'heures qui ne réflètent pas totalement la demande. En effet, si le taux de réalisation atteind les 87 %, certaines demandes ne trouve pas de solutions immédiates. "Nous sommes limités dans la ressource et par le dégré d'employabilité des postulants", explique Eric Rault, président. "L'agriculture est un métier technique, qui demande une formation, nous manquons de main-d'oeuvre qualifié à missionner dans les exploitations".

Professionnaliser le métier
"II est indispensable de professionnaliser les agents. A plus de 60 %, les salariés arrivent sur l'exploitation lors d'un arrêt de travail. Une situation difficile qui ne permet pas une passasion idéale des informations et des consignes", rapelle le président. Ainsi, pour répondre à ces demandes d'efficacité, de technicité et de diversité des tâches, le Sdaec et Terralliance proposent des formations. Robots de traite, maintenance des bâtiments agricoles, tutorat d'entreprise sont proposés afin d'augmenter le degré d'employabilité des agents. Un choix qui va dans le sens de la demande des adhérents qui recherchent toujours plus de compétences. Par ailleurs, pour satisfaire des besoins ponctuels de main d'oeuvre, le groupement d'employeurs agricole proposent deux nouveaux services : un agent de maintenance et un agent de traite. Deux spécifités destinées à soulager les éleveurs pour une soirée, un week-end...


Echanger sur les pratiques
Lors de l'assemblée générale, salariés et adhérents ont pu échanger sur les atouts et les contraintes de la structure. "Je suis seul sur mon exploitation, je me suis inscrit au groupement pour assurer la continuité de mon outil en cas de maladie ou d'accident. Il n'est jamais évident de laisser son exploitation à un tiers, mais s'il est à l'écoute, prends des notes sur les consignes, ça me rassure un peu", avoue Jean-Luc Pecheux, éleveur procin à Trédaniel. Même son de cloche du côté de Jean-Emile Delaunay, en production porcine à Montauban-de-Bretagne qui note que "si le salarié a déjà travaillé dans beaucoup d'exploitations, elles sont toutes différentes. Il ne suffit pas de bien travailler il faut aussi savoir faire les choses comme le ferai l'agriculteur, avec ses habitudes". Un message entendu par Pricilla Vilhem, mise à disposition par Terralliance qui précise que "l'élevage est un métier de passion on n'y arrive pas par hasard". Employée sur deux exploitations à temps partagés elle avoue un planning chargé : "je suis là quand il y a une surcharge de travail. Je n'ai jamais de semaines creuses...". Si des compétences techniques sont indispensables, l'aspect humain n'est pas à négliger. "Nous arrivons parfois après un décès ou une longue maladie, il faut aussi savoir prendre 1/4d'heure pour écouter les familles", assure Vincent Janet, salarié du Sdaec à Gaël.

L'agriculteur employeur

L'agriculture manque de candidats. Un constat massif de l'ensemble des parties prenantes (groupement d'employeur, AEF, pôle emploi...), qui souhaite attirer un public non initié en rendant les exploitations attractives. "L'agriculteur doit accéder à la fonction d'employeur. Les choses se mettent en place", assure Sylvie Le Clec'h-Ropers. "La loi oblige au bien-être animal mais qu'en est-il de l'humain ? Dès la construction d'un bâtiment neuf,en lait par exemple, il faut penser au lavabo et aux sanitaires. Il faut que l'exploitation agricole devienne un espace de travail".

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui