Terra 23 janvier 2019 à 15h00 | Par Chantal Pape

Salle comble pour le meeting Finistère d'avenir

Lundi dernier, à Guipavas, c'est devant plus de 400 personnes que s'est tenu le meeting organisé par la liste Finistère d'avenir, en présence de Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et Samuel Vandaele, secrétaire général national des Jeunes agriculteurs.

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De gauche à droite : Samuel Vandaele, secrétaire général des Jeunes agriculteurs, André Sergent, tête de liste Finistère d'avenir pour les élections à la chambre d'agriculture, et Chr © Chantal Pape Portée par la FDSEA et les JA, la liste Finistère d'avenir a fait salle comble, le 21 janvier dernier à Guipavas. © Chantal Pape A l'issue du meeting, tous les candidats de la liste Finistère d'avenir sont montés sur scène avec Christiane Lambert et Samuel Vandaele. © Chantal Pape

"On va gagner grâce à notre réseau". C'est devant une salle comble que Thierry Merret, président de la FDSEA, et Stéphane Cornec, président des Jeunes agriculteurs, ont ouvert le meeting de la liste Finistère d'avenir, dans le cadre des élections à la chambre d'agriculture. Après une quarantaine de réunions locales, au plus près des agriculteurs, place à la présentation de la liste et de son programme, et aux échanges en direct avec Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et Samuel Vandaele, secrétaire général national des JA.

Installer

L'installation-transmission est la première des priorités de la liste Finistère d'avenir. "Nous voulons des exploitations viables, vivables et transmissibles", rappelle Stéphane Cornec. Un avis que partage Samuel Vandaele. "L'agriculture donne envie. Et on voit fleurir de nombreux projets. Mais il faut qu'ils soient économiques, professionnels".

Pour attirer les jeunes générations et susciter des vocations, "il faut aussi mettre en avant les réussites, estime Christiane Lambert. Parler de ce qui va bien". Et plancher sur des modes innovants de transmission d'exploitations. "En formation, il faut aussi mettre l'accent sur les ressources humaines. Et inciter les jeunes à regarder du côté des exploitations sociétaires, nombreuses à rechercher des associés".

Le parcours à l'installation ? "Certes, il est contraignant", reconnaît Samuel Vandaele. "Mais c'est aussi parce que les installations sont bien préparées qu'il y a très peu d'échecs à 5-10 ans", analyse André Sergent, tête de liste Finistère d'avenir.

Acheter toujours moins cher

Après des années de crise, toutes productions confondues, le revenu est au coeur des préoccupations des agriculteurs. "Aujourd'hui, les ménages français ne consacrent plus que 11 à 13% de leur budget à l'alimentaire, indique Christiane Lambert. Et sur 100 EUR d'achats alimentaires, seuls 6,50 EUR reviennent à l'agriculture". Difficultés supplémentaires, "92% des ventes alimentaires sont aujourd'hui réalisées par quatre centrales d'achat". Et le consommateur s'est habitué à acheter toujours moins cher. Le résultat ? "Les Français continueront à manger. Mais les produits viendront d'ailleurs". Une réalité déjà bien engagée. "En 10 ans seulement, nos importations de légumes ont progressé de 50%, de 67% pour les fruits".

Pour inverser la tendance, la présidente de la FNSEA compte sur les EGA, les états généraux de l'alimentation. "On a ferraillé dur. Et les choses sont en train de changer", lance-t-elle en citant, entre autres, les pubs qui fleurissent en pleine page dans la presse quotidienne régionale, mettant en avant une meilleure rémunération des agriculteurs, "ou des prix en baisse sauf sur l'alimentaire. Et ça, c'est votre victoire ! Le consommateur veut du local. Il faut lui faire prendre conscience qu'il ne peut pas tout avoir pour rien, que plus vert c'est plus cher".

Des victoires à faire valoir

Si, désormais, "les outils existent", avec l'interdiction de vente à perte ou la limitation des promotions, "ça ne va pas tomber du ciel", prévient Christiane Lambert, qui prévoit "de la résistance" des industriels et de la grande distribution et reconnaît que "les agriculteurs sont pressés d'avoir des résultats". C'est aussi l'occasion de revenir sur d'autres victoires du syndicalisme FNSEA-JA. "On a obtenu l'épargne de précaution pour remplacer DPI et DPA. la reconduction pour trois ans du remboursement de la Tic sur le gazole non routier. Et le retour de l'exonération pour les travailleurs occasionnels, 125 millions d'EUR pour la France, dont 7 millions pour le Finistère".

Fiers d'être agriculteurs

"Soyons fiers d'être agriculteurs". Tout au long de la campagne, la liste Finistère d'avenir a dénoncé l'agri-bashing sous toutes ses formes. "Il faut faire valoir nos résultats", estime Christiane Lambert, en énumérant "une baisse des taux de nitrates dans l'eau, une diminution de l'utilisation des antibiotiques en élevage et des phytos. Et pour la troisième année consécutive, nous sommes le pays à l'alimentation la plus durable au monde".

"Il faut aussi dénoncer le véganisme, une idéologie politique dangereuse, rajoute Olivier Mével, enseignant-chercheur à l'UBO, l'université de Bretagne occidentale. Ces anti humanistes travaillent à la disparition de l'élevage ! N'hésitez pas à répondre, à expliquer". Car si vegan et végétariens représentent moins de 3% de la population, leur discours entraîne une diminution de la consommation de viande, "moins 12% en 10 ans", et une dégradation de l'image de l'agriculture et de l'élevage.

Votez et faites voter

"Que serait le Finistère sans son agriculture, lance Christiane Lambert en guise de conclusion. FDSEA et JA oeuvrent au quotidien pour la défendre". "Restons mobilisés", rajoute André Sergent, en incitant les agriculteurs "à voter et faire voter" avant le 31 janvier prochain pour élire leurs représentants à la chambre d'agriculture.

Joseph Mingam, titulaire sur la liste Finistère d'avenir au collège des anciens exploitants
Joseph Mingam, titulaire sur la liste Finistère d'avenir au collège des anciens exploitants - © Chantal Pape

Les Anciens, aussi, votent !

"Il faut que les retraites agricoles parviennent rapidement à 85% du Smic, estime Christiane Lambert, en citant quelques chiffres. En France, la retraite moyenne est de 1 300 €/mois, 780 € pour un agriculteur, 490 € pour une agricultrice". De la réforme des retraites engagée par le gouvernement Macron, elle attend beaucoup. "On nous annonce qu'un point cotisé donnera les mêmes droits, quel que soit le régime. Ce sera la fin des injustices, quand notre retraite est calculée sur toute notre carrière, sur les 25 meilleures années pour les salariés, su les 6 derniers mois pour les fonctionnaires".

Avec plus de 20 000 votants dans le Finistère, le collège des anciens exploitants, de loin le plus important, ne comptera pourtant qu'un seul élu dans la nouvelle mandature à la chambre d'agriculture. "Il y a beaucoup de travail à faire, estime Joseph Mingam, titulaire sur la liste Finistère d'avenir, en évoquant la revalorisation des retraites agricoles mais aussi leur indexation. Cela fait 6 ans qu'elles ne suivent plus l'inflation. C'est autant de pouvoir d'achat en moins". Et d'en appeler à "une juste reconnaissance de l'Etat français".

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