Terra 02 février 2018 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Sanitaire, "la vigilance ne doit pas baisser"

C’est l’une des 12 assemblées de secteurs initiées par le groupement de défense sanitaire cet hiver dans le Morbihan. Elles se dérouleront jusqu’à la mi-février. Jeudi dernier à Malansac, les actualités sanitaires du GDS de Bretagne ont été passées en revue, dont le plan d’éradication de la BVD, avant la visite de la brasserie de Saint Gravé, l’après midi.

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Le GDS de Bretagne, ici à Malansac a décline 12 réunions de zone en Morbihan pour faire le point sur le front de l’actualité sanitaire et insister sur une gestion moins systématique de l’utilisation des antibiotiques.
Le GDS de Bretagne, ici à Malansac a décline 12 réunions de zone en Morbihan pour faire le point sur le front de l’actualité sanitaire et insister sur une gestion moins systématique de l’utilisation des antibiotiques. - © Claire Le Clève

 

"La BVD, c’est une maladie qui s’achète, s’attrape par voisinage ou regroupement", rappelle Maurice Braud, administrateur du GDS et éleveur de vaches allaitantes à Bohal. Et elle provoque des pertes importantes. "Jusqu’à 80 euros des 1 000 l quand elle se déclare dans un élevage, jusqu’à 3 000 euros par an dans un élevage allaitant", note l’éleveur se référant aux études menées par le GDS. Au vu de l’augmentation de la taille des troupeaux, la facture peut être lourde. "Quand on a réuni les nôtres (troupeaux), on nous a dit qu’il y avait des bovins IPI dans notre élevage et qu’il fallait les éliminer. Ça colle un sacré coup. Et qu’il fallait avoir de la vigilance sur les veaux qui allaient naître. Ca fiche la trouille mais on nous aussi a dit que ce n’était qu’un moment dans la vie l’élevage et qu’on allait arriver à éradiquer la BVD et cela nous a rendu plus sereins", témoigne depuis la salle cet éleveur pour qui depuis, la BVD est de l’histoire ancienne. "Mais la vigilance s’impose toujours, rien n’est jamais acquis", insiste-t-il.

Plan d’éradication

Depuis 2000, le plan d’assainissement mis en place par les GDS est collectif, basé sur la connaissance du statut des élevages à partir d’analyses de lait de tank et sur la gestion des introductions. Et la situation s’est grandement améliorée avec près de 84 % des élevages bretons indemnes (statut A) et seuls 7 % des élevages susceptibles de détenir des IPI (statut D). Une situation enviable mais "on peut aller plus loin", estiment les responsables du GDS qui voudraient voir la BVD disparaître du sol breton et pour lequel est entamé un nouveau plan d’éradication. Les objectifs sont définis : "d’ici 2021, plus aucun bovin IPI chez les reproducteurs et en 2025, plus aucun animal IPI dans les élevages des adhérents et non adhérents au GDS de Bretagne". Et avec ce cap fixé, la déclinaison du plan de maîtrise "en détectant et en éliminant tous les IPI". Un assainissement de cette maladie touchant encore 1 % des bovins bretons et qui entraîne des troubles de la reproduction. "Il est nécessaire d’être tous mobilisés sur cet objectif ", prévient Laurent Gaudin, président de secteur en gage de réussite du nouveau plan. "Sur notre zone frontalière nous sommes plus exposés", pointe le docteur Pierre Laurière, vétérinaire de Malansac, situé à deux pas de la Loire-Atlantique. "L’arrivée d’un bovin IPI dans un cheptel séronégatif a un impact très important. Aux troubles de la reproduction, le virus peut aussi se traduire par des épisodes diarrhéiques chez les veaux. C’est un signe d’alerte, il na faut pas vivre avec ça", prévient-il, "la vigilance ne doit pas baisser".

Mélange, attention aux risques

Vigilance également quant aux risques sanitaires qui découlent de la délégation d’élevage des génisses, de plus en plus fréquente. "Cela se développe et l’idée est bien d’anticiper le risque avant le regroupement chez l’éleveur à qui est délégué l’élevage et le retour chez le naisseur, ce peut être une situation de bouillon de culture", met en garde Sonia Gilliouard, animatrice. Cette nouvelle action de dépistage que le GDS vient de mettre en place est assortie d’une prise en charge des analyses à hauteur de 80 %. Toujours sur le front sanitaire, suite à la présence des variants BTV4 et 8 sur le sol français, le France continentale a été placée en zone réglementée au titre de la FCO. "Si vous voulez vendre à l’étranger, rapprochez vous de la DDPP car suivant les pays, il faut vacciner ou non et la gestion du stock de vaccins impose des priorités et des contraintes d’utilisation", alerte le praticien Pierre Laurière. Autre thème, celui de l’utilisation des antibiotiques et de leur utilisation à meilleur escient pour contrer la montée en puissance des antibiorésistances. "Si traitement il y a au tarissement, il doit être sélectif. Ne traitez pas les animaux sains ! ", enjoint le message délivré par le film diffusé à l’occasion de ces réunions de secteurs qui pour la plupart, font la part belle l’après-midi à la découverte de productions du terroir, en marge de l’activité agricole mais en lien avec le territoire.

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

 

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