Terra 28 mai 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

Semer le maïs à grande vitesse

Les exploitations s'agrandissent, pas les fenêtres météo... Pour pouvoir semer le maïs dans les temps, pourquoi ne pas opter pour un semoir à grande vitesse, capable d'avancer à 15 km/h ?

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La pluie de la veille a rendu les champs impraticables et a cantonné le semoir à grande vitesse sur le bitume !
La pluie de la veille a rendu les champs impraticables et a cantonné le semoir à grande vitesse sur le bitume ! - © Chantal Pape

Les pluies diluviennes de la veille n'ont laissé aucune chance à la démonstration de semis à grande vitesse organisée à Dirinon par la FDCuma la semaine dernière. Et c'est sur le parking de la salle polyvalente que les établissements Odic ont présenté le Tempo, le semoir de Väderstad. Un semoir impressionnant, avec sa trémie à engrais de 1 750 l et ses 8 lignes de semis avec double réservoir, semences et micro-granulés, "repliables, pour ne pas avoir besoin d'être convoyé sur la route".

C'est grâce à la surpression que le Tempo de Väderstad peut travailler jusqu'à 15 km/h sans perdre en qualité de semis : les graines sont projetées grâce à un flux d'air.
C'est grâce à la surpression que le Tempo de Väderstad peut travailler jusqu'à 15 km/h sans perdre en qualité de semis : les graines sont projetées grâce à un flux d'air. - © Chantal Pape

12 à 15 km/h

 

Mais le plus impressionnant réside dans sa vitesse de travail. "Il peut atteindre les 15 km/h, en assurant un taux de réussite du semis de 98%, sans double ni manquant", certifie Väderstad. L'astuce ? "Dans un semoir classique, la graine descend par gravité. Plus la vitesse augmente, plus il y aura de vibrations et plus la graine va ricocher dans le tube de descente, entraînant un manque de précision dans le semis, explique Mathieu Bayon, inspecteur technique du constructeur suédois pour l'Ouest de la France. Chez Väderstad, le semoir est en surpression. Et la graine est propulsée à 40 km/h sur le rang, ce qui fait gagner en précision". Autre avantage : le semoir ne nécessite que peu d'entretien. "Mais il faut le remiser au sec".

 

Fiable et facilement réglable

 

A Scaër, la Cuma, qui disposait déjà d'une bineuse 8 rangs, vient de s'équiper d'un Tempo de même largeur, qui lui a permis de semer 30 ha/jour en prestation complète, avec chauffeur. "Si on veut semer vite, il faut que la préparation de sol soit régulière", conseille Ronan Le Bourhis, le président. Pour sa première année, le semoir a fonctionné à 12 km/h. "On a voulu attendre la levée avant de passer à 15 km/h. Mais ça nous obligera à changer notre tracteur : cette année, nous avons fonctionné avec un 105 cv".

Les premières parcelles ont levé et les résultats sont excellents. Outre la vitesse d'avancement, la Cuma apprécie aussi la fiabilité du semoir. Et sa souplesse. "Nous faisons un achat groupé d'engrais, ce qui nous permet de faire le plein de la trémie pour la journée. Chacun peut désormais choisir son dosage : si la base est de 80 kg/ha, certains sont passés à 100 voire 130 kg/ha. Et le réglage se fait facilement, depuis la cabine".

La Cuma a fait ses calculs. Si le annuités ont doublé, passant de 3 500 à 7 000 €/an, le Tempo permet de maintenir le coût à 40 €/ha. "La surface a un peu augmenté, passant de 353 à 370 ha, indique Boris Moal, animateur à la FDCuma. Mais le poste main d'oeuvre a diminué, passant de 220 à 180 heures, tout comme l'entretien et le carburant". "Nous voulions améliorer la qualité du semis, tout en maintenant les coûts", rajoute Ronan Le Bourhis. Objectif atteint !

Les journées des Cuma

 

Cette démonstration de semis de maïs à grande vitesse s'est déroulée dans le cadre des Journées des Cuma. "Tous les ans, nous allons à la rencontre des adhérents, en organisant une réunion par secteur, détaille Ronan Le Bourhis, le président de la FDCuma. En matinée, nous faisons le point sur l'actualité du réseau et procédons au renouvellement de nos élus au conseil d'administration. Et, après un buffet en commun, nous programmons une démonstration ouverte à tous, adhérents ou non de Cuma". Bloquées jusqu'à il y a eu sur une seule semaine, ces rencontres ont désormais lieu tout au long de l'année. "Ca nous permet de diversifier les thèmes des démonstrations, du semis à la récolte".

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