Terra 11 octobre 2018 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Semis du couvert avant moisson : objectif biomasse

Tester encore. Ils étaient plus de 20, mardi dernier à Crédin, à répondre à l’invitation du groupe agronomie de Nov’agri qui a remis la question des couverts végétaux à leur menu d’essais. Car pourquoi pas semer avant moisson ou pendant la moisson ? La chambre d’agriculture de Bretagne y travaille, avec des outils innovants.

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Avec sa petite graine plus apte à germer au sol sans être enfouie, la phacélie profite de l’humidité et développe un couvert rapidement, ses fleurs offrent un intérêt supplémentaire en matière de biodiversité
Avec sa petite graine plus apte à germer au sol sans être enfouie, la phacélie profite de l’humidité et développe un couvert rapidement, ses fleurs offrent un intérêt supplémentaire en matière de biodiversité - © Claire le clève

On le sait, "plus le couvert est semé tôt, plus il piège l’azote, plus il bénéficie aussi de l’humidité pour croître et donne beaucoup de biomasse", rappelle Céline Bruzeau, agronome, animatrice du groupe agronomie 30 000 de Nov’agri qui a pris l’initiative de cette rencontre, avec le Syndicat du Blavet. Car c’est bien l’objectif de ces couverts réglementaires qui ont tout pour plaire en favorisant la vie du sol, sa protection et sa structuration, son taux de carbone, la captation et le recyclage des éléments fertilisants, un moindre salissement et cerise sur le gâteau, "ça se récolte et ça diversifie les rotations", apprécie l’un des participants, testeur à ses heures. "Et ça favorise la biodiversité avec des fleurs à une période où il n’y en a plus beaucoup, ça a été la surprise".

Semer avant la moisson

Alors semer tôt, oui mais "on a plein de choses à faire à cette période là, le salarié est parfois en vacances, on a les battages, la paille, les semis de colza...". Les freins ne manquent pas, climatiques parfois aussi. D’où l’idée de la chambre régionale d’agriculture de travailler dans ses stations expérimentales sur les semis avant moisson, ou pendant. Ainsi, une partie du groupe agronomie de Nov’agri s’est rendue à Trédias (22) voir les résultats d’essais menés par un groupe de collègues testant des semis précédents la moisson "à la volée, avec des épandeurs… puis avec la nouvelle machine Maxi Couv des établissements Devrand", raconte David Bouvier, agronome en charge des essais, avec un bon résultat avec de petites graines, la phacélie. "J’ai vu la machine présentée aux Innov’actions, ça m’a intéressé. J’ai payé le transport jusqu’à Rohan et je l’ai testée sur 25 ha de blé, 5 à 6 jours avant la moisson. Et quand j’ai vu comment ça poussait, phacélie, crucifères, féverole, radis chinois ! On avait eu une petite pluie. Je signe pour l’année prochaine, j’anticiperai encore davantage. On économise du temps de travail", témoigne, convaincu Jean-Paul Le Crome, adepte des techniques simplifiées.

Motrice de récolte avec semoir

A Kerel, la motrice de récolte a été équipée de semoir et d’une ligne de semis à disques, avec roulettes d’appui. Elle a été testée grâce à la réalisation d’un prototype par l’établissement Labbé-Rotiel. "On voulait une graine enfouie en ligne pour pouvoir ramasser la paille derrière, que le débit de chantier ne soit pas réduit, autonome par rapport au ravitaillement, sans contrainte supplémentaire pour le chauffeur et le plus proche du semis-direct", détaille de la feuille de route, David Mealet, responsable culture de la station expérimentale de Kerguéhennec, membre du groupe agronomie. L’avantage de cette technique par rapport au semis à la volée ? " L’enfouissage de la graine, ça aide à la réussite. Je coupe 15 à 18 ha de paille par jour et je n’arrive pas à vider la trémie de 300l (emplie de graines de phacélie ndlr). On a rempli le cahier des charges", apprécie-t-il. Deux types d’essais ont été menés par le groupe à Kérel, l’un permettant de comparer les dates de semis, l’autre une dizaine d’espèces, "à tester encore".

Claire Le Clève

La motrice de récolte équipée de semoir et d’une ligne de semis à disques, avec roulettes d’appui, a été testée, ici présentée par David Mealet, responsable culture de la station expérimentale de Kerguéhennec.
La motrice de récolte équipée de semoir et d’une ligne de semis à disques, avec roulettes d’appui, a été testée, ici présentée par David Mealet, responsable culture de la station expérimentale de Kerguéhennec. - © Claire le clève

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