Terra 13 septembre 2018 à 08h00 | Par Chantal Pape

Sodiaal à la recherche de nouveaux producteurs de lait bio

Si la coopérative s'est fixé pour objectif les 230 millions de litres de lait bio à l'horizon 2020, elle n'entend pas s'arrêter là ! Dans un marché en forte croissance, elle veut faire feu de tout bois : lait de consommation, où elle dirige aujourd'hui la majorité de ses volumes, mais aussi yaourts, beurre, emmental, poudre infantile...

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À la recherche de nouveaux producteurs, Sodiaal a organisé une porte ouverte, le 6 septembre, à Spézet ​​​​​​​(29).
À la recherche de nouveaux producteurs, Sodiaal a organisé une porte ouverte, le 6 septembre, à Spézet ​​​​​​​(29). - © Terra

Si Sodiaal compte de nombreux producteurs de lait bio dans le Sud-Est et le Sud-Ouest de la France, ils n'étaient qu'une douzaine en Finistère, Côtes d'Armor et Morbihan fin 2017. "Il a d'abord fallu convaincre la coopérative d'étendre la collecte vers l'ouest", explique David Chevance, producteur à Plésidy (22). "Mais la progression a ensuite été rapide, rajoute Jean-Charles Tymen, éleveur à Plogastel Saint Germain (29). Depuis le début de l'année, le nombre de livreurs bio a doublé. Et on compte 25 producteurs en conversion". Comme le sont ces deux administrateurs.

 

Un savoir-faire unique

Aujourd'hui, Sodiaal compte 550 producteurs bio, qui livreront 138 millions de litres de lait fin 2018. "L'objectif est de parvenir à 230 millions en 2020", indique Jean-Charles Tymen. Surfant sur une consommation française de produits bio en forte hausse, +17 % entre 2016 et 2017, la coopérative transforme déjà 198 millions de litres de lait en beurre, à marque C'est qui le patron, en yaourts, emmental, poudre de lait infantile... "Mais notre principal débouché reste le lait de consommation, avec 89 millions de litres en 2018 et un prévisionnel à 102 millions en 2020". Si le marché du lait demi écrémé conventionnel est confronté à une érosion des volumes, le lait bio connaît une belle progression, avec +32 % l'an passé.

Mais pas question pour la coopérative de mettre tous ses œufs dans le même panier. "Notre objectif est de diversifier nos débouchés", indique David Chevance. En mixant les circuits de commercialisation, magasins spécialisés et grande distribution. Et les productions : fromage et ultra-frais devraient mobiliser 19 millions de litres de lait bio à l'horizon 2020, contre 9 millions aujourd'hui. "Et Nutribio devrait, à lui seul, valoriser 138 millions de litres, en poudre de lait infantile à destination de l'Europe ou l'Asie, mais aussi en poudre à destination de l'industrie agro-alimentaire", rajoute Jean-Charles Tymen. Pour répondre à la demande, l'usine de Montauban (82) a été entièrement revue. "Et nous sommes les seuls capables d'extraire directement le sérum du lait bio". Un savoir-faire particulier qui leur ouvre les marchés.

 

Une aide à la conversion

À la recherche de nouveaux producteurs, Sodiaal a organisé une porte ouverte, le 6 septembre dernier, à Spézet (29). "Passer à la bio n'est pas un choix si simple à faire, reconnaît David Chevance. C'est un grand virage dans la vie de producteur, mais aussi une formidable source de motivation. Et un gage de dynamisme sur nos territoires".

Pour aider ses producteurs à franchir le cap de la conversion, "une période durant laquelle les exploitations sont fragiles", Sodiaal s'engage à leur verser une aide minimum de 30 €/1 000 l. "Et un accord commercial pour le beurre C'est qui le patron a permis un retour supplémentaire de 10,25 €/1 000 l au 1er trimestre 2018, 11,87 € au second trimestre". Déconnectée du lait conventionnel, une grille fixe le prix du lait bio, qui a atteint 435 €/1 000 l en 2016, 451 € en 2017 et devrait se situer à 466 € en 2018. "Avec une gestion de la saisonnalité qui nous est propre : pour ne pas pénaliser les éleveurs qui calent les vêlages sur la pousse de l'herbe, le prix ne descend pas en-dessous de 400 € au printemps".

 

- © Terra

Le Gaec Quéré fait le pari du tout herbe

"À l'époque, c'était concentré et maïs toute l'année". Installé à Spézet en 1985, en Gaec avec ses beaux-parents, Joël Quéré n'a eu de cesse de faire évoluer l'exploitation. Après le départ en retraite de ses associés et l'installation de son épouse puis de son beau-frère, il signe un premier CTE en 2002. "On a arrêté le taurillon et commencé à aménager des chemins d'exploitation". Suivra une première MAE en 2008. Et en 2014, apparaissent les premiers croisements trois voies sur le troupeau Pie rouge. Se voulant toujours plus herbagère, l'exploitation se dote d'un boviduc et de 800 mètres de chemins bétonnés en 2016, avant la conversion à l'agriculture biologique un an plus tard. "L'an prochain, Maëva, notre fille, va s'installer avec nous", indique Joël Quéré. La SAU passera de 85 à 105 ha, le troupeau de 75 à 90 vaches. "Et nous allons arrêter le maïs et les betteraves". Dans cette zone poussante, où les vaches sortent nuit et jour du 1er avril au 15 novembre et ne restent à l'étable qu'une quarantaine de jours par an, le pari se tente. "Mais je ne m'interdis pas de faire marche arrière si besoin". Ce qui le motive ? "Les faibles rendements en maïs, 12 t de MS/ha quand on arrive à 9-10 t d'herbe. Et des parcelles penchées et caillouteuses, peu adaptées aux cultures".

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