Terra 03 avril 2019 à 12h00 | Par Arnaud Marlet

Solarenn augmente ses surfaces et poursuit sa segmentation

Cinquième opérateur au niveau national sur le marché de la tomate, la coopérative Solarenn regroupe 32 producteurs sur plus de 65 hectares de serres. Son assemblée générale qui s'est déroulée le 29 mars a été l'occasion de confirmer les enjeux des années à venir, sur l'agroécologie, la transition énergétique...

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Christophe Rousse, président de la coopérative, estime que la gamme "Les Responsables" ainsi que les petits fruits, avec un bon niveau de valorisation, font grimper les résultats.
Christophe Rousse, président de la coopérative, estime que la gamme "Les Responsables" ainsi que les petits fruits, avec un bon niveau de valorisation, font grimper les résultats. - © Terra

La coopérative Solarenn, basée à Saint-Armel continue de se développer avec, en 2018, un chiffre d’affaires de 50 millions d'euros, en hausse de 12 %. 30 000 tonnes de tomates, 80 tonnes de fraises gariguette et 30 tonnes de mini poivrons ont été commercialisées. Sur la saison 2018, Christophe Rousse, président de la coopérative, estime qu'elle a été en demi teinte, "car la saison est tirée vers le bas par les classiques. Sur le cœur de marché (tomate grappe), la saison oscille entre moins 12 % et 15 %, avec une consommation en baisse constante. Indéniablement, "Les Responsables" et les petits fruits, avec un bon niveau de valorisation, font grimper les résultats et permettent de maintenir le chiffre d’affaires. La nouvelle gamme dédiée au "sans pesticide" a reçu un très bon accueil, les variétés anciennes quant à elles ont eu une belle saison".

Le marché de la tomate ronde et en grappe, soumis à une très forte concurrence, notamment belge et hollandaise, impacte la production de la coopérative. Celle-ci enregistre désormais davantage de surfaces en petits fruits qu'en tomates classiques et abandonne dans cette gamme la production de la tomate ronde premier prix.

Agro-écologie et qualité

"Nous poursuivons le chemin engagé il y a quinze ans sur la transition agro-écologique et la qualité. Nous allons toujours plus loin sur la protection biologique intégrée pour atteindre notre objectif zéro pesticide, la pollinisation naturelle, la consommation d’eau gérée au plus près avec des ordinateurs de gestion climatique et d’irrigation, l’utilisation de fertilisant réduite, ou encore la gestion de l’énergie, le recyclage des déchets et le recours aux énergies renouvelables", ajoute Christophe Rousse.

Pour les axes de stratégie de développement sur 2019, les responsables de Solarenn souhaitent être davantage présents localement et comptent aller à la rencontre des chefs de rayon. En 2019, le sans pesticide sera aussi l'étendard de la marque grâce aux "Responsables" avec l'obtention pour 24 maraîchers de la certification Haute valeur environnementale, niveau 3. "C’est une reconnaissance de ce qu’on faisait déjà. Par rapport aux diverses certifications privées, la HVE est reconnue au niveau du ministère, par les ONG et par les consommateurs. Tout le monde s’y intéresse. Cela nous permet aussi de nous démarquer de la concurrence étrangère", explique Isabelle Georges, directrice. Enfin, en janvier, la coopérative s'est associée à Prince de Bretagne et à Savéol pour lancer l'alliance Nature et saveurs, un label sans pesticides estampillé sur le packaging.

Pression foncière

Après avoir fêté ses 70 ans l'an dernier, Solarenn entend poursuivre son développement. Pour preuve, elle continue à structurer ses services communication, ressources humaines et technique. Côté production, la station de Saint Armel a investi dans la création d'une ligne de conditionnement pour répondre au développement de la gamme Responsables et l'augmentation de la surface de stockage climatisé pour un montant de plus de 700 000 euros. Pour autant Solarenn n'échappe pas à la problématique du foncier, un dossier récurrent pour Christophe Rousse. "Sur le foncier, la pression est toujours la même. On comprend qu'il y a beaucoup de demandes mais on n'arrive pas à obtenir juste quelques hectares et c'est un vrai ras le bol général sur cette question car on ne rentre jamais dans les critères", s'agace Christophe Rousse. Un autre sujet de pression pour la coopérative concerne la recherche de main d'oeuvre et la difficulté de garder ses saisonniers d'une année sur l'autre. "On travaille avec Pôle emploi, le bon coin, le bouche à oreille... On essaie d'anticiper au maximum et de valoriser les bons salariés. C'est un ensemble et on compte aussi sur les valeurs qui nous animent", conclut Christophe Rousse.

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui